2001: Direction d’école : une signature machiavélique ?

Rappelons pour la Xème fois les écrits des deux personnages les plus importants qui nous ont gouverné, nous gouvernent et sans doute nous gouverneront encore (peu importe l’ordre) :
« L’exercice de responsabilités particulières ou supplémentaires implique qu’une différenciation soit opérée dans le statut et les obligations des enseignants. Le Gouvernement doit engager le dialogue afin d’obtenir une reconnaissance optimale des charges spécifiques des directeurs d’école. » (J. CHIRAC)
« Il faut réfléchir à une évolution du statut des directeurs afin qu’il leur confère une autonomie juridique et des décharges plus systématiques. » (L. JOSPIN)



Rappelons aussi que les revendications des Directeurs étaient simples :
- amélioration des décharges pour tous
- allègement des tâches administratives
- clarification des missions qui doivent demeurer dans le cadre de l'Éducation Nationale
- dégagement de la responsabilité pénale en cas de faute non intentionnelle
- amélioration des bonifications indiciaires
- rejet des textes et circulaires qui tendent ou tendraient à faire du directeur un supérieur hiérarchique
- primauté du Conseil des Maîtres


C’était sur ces points que le mouvement avait démarré et notamment sur le problème des décharges. Or que propose le ministère : tout autre chose. Quasiment aucune avancée ou si peu (ne coûtant rien financièrement) et un immense recul :

Recul pour les directeurs tout d’abord, mais aussi recul sournois pour les adjoints


Le problème de la direction d’école a été escamoté, et ce à la demande des organisations syndicales qui ont négocié, au profit de la transformation du système scolaire. Ils ont (presque) réussi leur O.P.A. Il ne reste plus qu’a lui donner un petit coup de peinture démocratique en « consultant » les collègues avec des questions dignes de la plus grande tartufferie :

Les nouvelles modalités d’accès vous paraissent-elles … ? C’est le ministère qui cherche à combler les postes vacants. Pour les directeurs sur le terrain : quelle avancée ? quelle amélioration dans leur travail quotidien ?

L’attribution d’un quart de décharge aux écoles de 5 classes dans les 3 ans … Alors là, on touche le fond du comble de l’hypocrisie : ON VOUS DEMANDE SI VOUS APPROUVEZ CE QU’ILS AVAIENT DEJA SIGNE AVEC M. BAYROU EN 1996 ! VOUS POSERA-T-ON ENCORE LA MEME QUESTION EN 2004 ? Mais pour qui vous prennent-ils ? Que représentent réellement les directeurs aux yeux de ces organisations qui jurent être les seules à vous défendre ? tout juste une monnaie d’échange.

Le nivellement de l’I.S.S. portée pour tous en trois ans à 6 070 F … Que vous ayez 2 classes ou 20 : même I.S.S ! Est-ce aussi la même charge de travail ? Pourquoi se « défoncer » alors que cette indemnité ne compte toujours pas dans le calcul de la retraite ! Que restera-t-il pour « encourager » les grosses directions ? les 16, 30 ou 40 points auxquels on se garde bien de donner un coup de pouce ? RIEN n’est fait pour les directions de 5 classes et au-delà ! On va tout simplement assister au désintérêt des candidatures pour ces écoles alors qu’elles nécessitent une masse d’investissement, de travail et de responsabilités de plus en plus lourde.
Monnaie d’échange disions-nous plus haut ? bien sûr ! échange contre la transformation de l’école par les fameux regroupements. Lisez et relisez bien attentivement tout ce qui concerne ces propositions comme par hasard très détaillées, mais d’un flou artistique extraordinaire ou après lecture, on se pose plus de questions que l’on a eu de réponses !

Directeurs ? coordonnateurs ? décharges accordées comment ? à qui réellement ? Puisque aucun poste n’est accordé pour améliorer les décharges existantes (hormis les 5 classes en 3 ans…), où va-ton récupérer ces fameuses demi-décharges pour 12 à 20 classes (quand on vous dit qu’il s’agit d’un RECUL !) si ce n’est en supprimant celles dont bénéficient les directeurs actuellement en place (alors que par ailleurs il est affirmé qu’on ne touchera ni aux entités écoles, ni à leur directeur !) : création de nouvelles fonctions supplémentaires, mais mutualisation des décharges selon les souhaits des uns et des autres, mais mutualisation quand même donc diminution !. Qui serait assez fou pour continuer à faire sa classe à mi-temps et ensuite coordonner 12 à 20 classes pendant l’autre moitié du temps (il y a déjà un élément de réponse dans le texte ministériel puisque celui-ci envisage le cas de non-volontariat : une première ! et un aveu que cela risque de ne pas attirer les foules !) ?
Cette nouvelle fonction implique tellement de contacts, de réunions, de tâches nouvelles et supplémentaires, etc., que ce n’est pas le problème des 35 heures par semaine qu’il va falloir résoudre, mais celui des 35 heures par jour ! Pour le ministère cela « devrait permettre une plus grande efficacité pédagogique et administrative, et une meilleure utilisation des moyens. », cela veut-il dire que si vous ne vous en sortiez pas ou de moins en moins c’est parce que vous étiez mauvais ? A chacun(e) d’apprécier !

Pour le S.N.E et en réponse aux questionnaires, inutile de préciser que notre appréciation globale est totalement négative, tout simplement parce que les propositions ne répondent pas et ne correspondent pas aux demandes des directeurs sur le terrain et qu’ensuite, le S.N.E. refuse de faire dépendre la négociation sur les revendications des directeurs d’école d’un accord sur le fonctionnement de l’école. Nous disions dès le mois de juin qu’il y avait de la trahison dans l’air, maintenant la preuve en est faite.

Il faut donc absolument que l’action continue et se renforce,
c’est la survie de la direction qui en dépend.

Le ministère, avec l’aval plus ou moins affiché du SGEN (qui n’a jamais été favorable aux directeurs), du SNUipp (qui adopte petit à petit les mêmes positions) et du SE (qui tente de s’accrocher), a commencé à programmer l’extinction de notre fonction. Agissez, réagissez et faites-le leur savoir.
cy[

Jeudi 4 Novembre 2010
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DIRECTION D'ECOLE : Bilan, revendications et actions du SNE

Depuis sa création le SNE-CSEN ne cesse de dénoncer les difficultés de la fonction de directeur. Au-jourd’hui sinistrée, elle n’attire plus personne et vient à bout des meilleures volontés.



Chronique d'une petite instit' de base :



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