Chronique d'une petite instit' de base :
Bon voyage maîtresse !
Tous les deux ans, mon école organise un grand voyage pour les CM. A chaque fois, je me dis : On ne m'y reprendra plus ! Et puis les mois passent et la motivation revient. Mais bon, cette année c'est sûr, c'était la dernière fois ! Il faut dire que je suis rentrée depuis deux jours... Pour cette chronique, je vous propose un copier-coller de mon blog de classe : (j'ai juste enlevé les noms propres). Départ C’est bientôt le départ, les enfants sont excités, beaucoup quittent leurs parents pour la première fois. Ça y est, l’aventure commence!!!!
Il est 9 h, premier arrêt pipi sur une aire d'autoroute, pas de malade à déplorer. Première journée Cette première journée s’est très bien passée, nous avons eu un temps magnifique. Ce matin nous nous sommes promenés au Parc, nous avons vu de nombreux animaux, nous avons fait le tour du lac et surtout ce que les enfants attendaient avec impatience : nous avons pique niqué. Vers 13h30, nous sommes repartis en direction du musée. Là bas, il faisait une chaleur étouffante, nous avons également visité les vestiges. A partir de 16h30, nous nous sommes promenés dans la ville, c’était bien car le bus nous a déposés en haut de la colline pour nous reprendre tout en bas sur les quais. Nous nous sommes arrêtés un moment place B et nous avons fait une photo de groupe. 19h : Nous venons de rentrer. Tout le monde, s’est installé et nous nous apprêtons à rentrer dans le self service car nos petits ogres sont morts de faim !!!!!! 22 h :Les enfants ont bien mangé. Ils ont pu choisir ce qu’ils voulaient : des salades à volonté, spaghetti ou gratin dauphinois ou ratatouille ou haricots en grain, poisson, poulet ou roti de porc. Tartelette aux fraises ou cake au chocolat ou fromage blanc ou coupe de fraises. Maintenant ils courent partout dans les couloirs et le jardin… Les accompagnateurs sont sur les rotules !!!! Les enfants en pleine forme... Première nuit… La nuit fut très très agitée. Tentative de coucher à 22h, à minuit personne ne dormait. A une heure tout le monde était réveillé. Puis à trois heures. Enfin à six heures tout le monde était dans le couloir, habillé, prêt à partir. Bref les accompagnateurs ont des petits yeux mais les enfants sont toujours en pleine forme.
Deuxième journée Nous avons passé une merveilleuse journée .
Les enfants ont adoré !!!!
La palme est revenu à la tyrolienne même si certains n’ont pas réussi à vaincre leur peur. Ils ont bien ri à essayer de frapper les balles de golf. Ils se sont également essayés au tir à l’arc et on fait une grande promenade en VTT.
Le raid aventure s’est conclu à 17 h par un grand gouter et la remise des prix.
Bravo aux grands gagnants : M, G, L, L, E, L!!!!
(je ne vous raconte pas comme ils sont fiers !!!!)
Maintenant ils s’amusent dans le parc ( en fait on essaie de les épuiser!!!!)
Nous repartons à 18 h
Je mettrai quelques photos ce soir. Soirée n°2 Nous sommes rentrés vers 18h30, les enfants ont joué dans le jardin ( on essaie toujours de les épuiser !!!!) puis nous avons diné :le jeudi c’est raviolis . Y’avait aussi pâtes, courgettes, cordon bleu, saumon …Puis nous avons fêté dignement l’anniversaire de V (Appréciez notre magnifique gâteau fait maison). 10 ans ça ne s’oublie pas ! Puis les enfants ont encore couru comme des petits fous dans le jardin (le pire c’est qu’ils n’ont toujours pas l’air fatigués…) Bon maintenant nous allons tenter de les coucher. Deuxième nuit :YES !!!!!!!!! Ouf ils ont très très bien dormi ( on avait quand même tout fait pour !)
Troisième journée : Lever à 7h 30 petit dej puis valises, nous sommes en route pour le bateau mouche. Nous irons ensuite faire les boutiques puis le pique nique sur les quais et enfin la SURPRISE !!!! 16 h : Ça y est les enfants ont découvert la surprise, au début ils n’étaient pas contents ( en langage pré ado ça donne : c’est nul c’est naze c’est pour les bébés …) ils sont sortis ravis !! (J’espère que vous avez trouvé où nous étions.)
Nous venons de prendre le bus, je pense que nous allons être très en retard nous arriverons plutôt vers 20 h.
Je vais essayer de prévenir les parents, si vous pouvez faites tourner ce message… Voilà vous venez de partager ma vie de maîtresse qui part en voyage... Heures sup ? Mais non, juste pour faire plaisir à mes petits élèves...
Laissez-moi mes 4 jours !!!
Tout le monde a son avis sur la question, tout le monde en parle, et d'après les médias tout le monde s'accorde à dire que le mieux pour les enfants et la semaine de 5 jours. Tout le monde sauf.... MOI !!! Moi, ce que j'aimerais vraiment et par dessus tout, c'est surtout que rien ne change. Je veux continuer à profiter de mon mercredi (mes enfants aussi d'ailleurs, je tiens à le signaler) et je veux avoir un vrai week-end, un week-end où on peut allez voir Mémé Josette à Nancy ou grand-Mémé Simone à Lyon, un week-end où on peut partir au mariage de ma cousine Martine ou au Baptême de mon petit neveu Pierre. Alors je sais y'en a (même que j'en connais...) qui vont dire que les week-end, c'est fait pour les riches que les autres de toute façon ils ne partent pas, que les enfants trainent dans la rue et que le vendredi, ils se couchent tard et qu'avant le samedi, on travaillait au calme, on faisait des révisions etc. Je connais tous ses arguments mais moi j'en ai marre et je le dis bien fort Y'EN A MARRE !!! Je sais je ne suis qu'une petite instit de base, on se moque complètement de ce que je pense, mais je suis aussi une mère, j'ai trois garçons de 9, 11 et 13 ans, je sais bien que 4 jours d'école cela suffit amplement à leur bonheur, le mercredi, ils font du sport, du foot, du tennis, du tir à l'arc, ils jouent avec les copains, ils vont se balader, faire du vélo. Le samedi, c'est compet' de foot, souvent on part à 12 h30 et on est content de ne pas courir après le temps. Cette réforme n'a qu'un objectif : éviter de se poser les bonnes questions. C'est un formidable écran de fumée, l'arbre qui masque la forêt . C'est tellement plus simple d'oublier les vrais problèmes. Et puis cela ne sert à rien de comparer la France aux autres pays parce que la France n'est pas peuplé de suédois ou d'allemands. En France, cela paraît un sacrilège de dire que et bien non, tous les élèves ne feront pas de grandes études. Certains, ont des difficultés persistantes et croire que heureusement en venant à l'école le mercredi ou le samedi et en ayant moins de vacances cela va s'arranger et bien, non, désolée monsieur le ministre, cela ne s'arrangera pas, car l'école n'est pas responsable de tous les maux de la société française et l'image de l'école est tellement dégradée que beaucoup de parents ne lui font plus du tout confiance. Pour remédier à l'échec scolaire, il faut ouvrir des classes spéciales pour les élèves en difficulté (il y en avait avant on les appelait les classe d'adaptation et je trouvais cela très efficace ). Et il faut aussi arrêter d'envoyer en sixième des élèves qui n'ont pas le niveau car c'est une grande souffrance pour eux. Les SEGPA ne peuvent pas recevoir assez d'élèves et c'est bien dommage. Et que dire de l'orientation en fin de troisième qui se fait souvent par défaut... Oui mais tout cela coûte de l'argent or il faut faire toujours plus d'économies. Alors voilà, pas la peine d'être devin pour savoir ce qui nous attend de toute façon c'est déjà dans les bacs, mais monsieur Chatel, préfère attendre le mois de juin pour nous l'annoncer ( comme ça, ces sales instit ne pourront pas faire grève !! niarf niarf bien fait !!!!!) J'espère quand même que cette fois, on arrêtera de se faire marcher sur les pieds sans réagir.
Vive les parents !!!
Avez-vous remarqué que lorsqu'on veut faire la conversation à un enfant on lui demande toujours : « Alors Kevin, l'école ça va ? » et on ajoute toujours : « La maitresse est gentille ? ». Cette petite phrase anodine est pourtant pleine de sens car elle résume à elle toute seule tout ce qui ne va plus dans l'éducation nationale. Il ne faut plus contrarier les enfants, les parents se permettent tout et n'importe quoi avec les enseignants sans que personne ne trouve à s'offusquer. Depuis 15 ans que j'enseigne, je pourrais déjà écrire un livre d'anecdotes sur les intrusions des parents à l'école. Plutôt que de s'interroger sur les rythmes ou sur d'énièmes programmes, nos supérieurs feraient mieux d'éditer enfin un texte sur les devoirs des enfants et de leurs parents envers l'école. Combien de mes collègues ont du subir les remarques déplacées des parents et je ne parle pas des insultes et autres menaces ! Ma chronique me sert par moment d'exutoire. Elle me permet de partager mes joies mais aussi mes peines en tant qu'enseignante, elle m'évite peut-être par moment de jeter l'éponge, vos témoignages me permettent de penser que je ne suis pas seule et que vous partagez mes doutes et mes espoirs. J'ai toujours eu un bon contact avec les parents, cela faisait vraiment partie pour moi des bons côtés de mon métier. Je suis vraiment privilégiée pour ça, j'habite dans une petite ville sans problème, bref tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes mais depuis septembre, j'ai constaté certaines petites dérives. Lors de la fameuse réunion de rentrée avec les parents, une mère s'était permise de me dire qu'elle trouvait que donner un vers de poésie à apprendre par jour ce n'était pas suffisant (je donne aussi de la lecture et des leçons à réviser). J'avais écouté son argumentation mais j'avais pensé que déjà cette petite incursion était déplacée. Mais cette semaine, j'avoue que je suis tombée de très haut. Une mère a téléphoné à la directrice de mon école pour se plaindre que je n'étais pas capable de résoudre les problèmes dans la cour et que j'avais ricané quand sa fille était venue se plaindre.(oui oui « ricané » même pas « rire » mais « ricané » car c'est bien connu quand on est stupide on « ricane »!!!) J'ai tout de suite exigé de voir les parents. A 16h30, donc, je reçois le papa avec sa fille qui avoue qu'elle n'était rien venue me dire pendant la récréation. Le papa était quand même dans ses petits souliers mais il n'a quand même pas exigé d'excuses de la part de sa petite chérie (qui, rappelons-le, m'avait quand même accusée d'avoir «ricané»!!!) Je lui ai dit que j'avais été blessée par l'attitude de sa femme. Je pensais cette affaire résolue... mais que nenni. En rentrant chez moi(oui oui j'ai bien dit chez moi!),j'ai constaté qu'à 18h j'avais un message sur mon répondeur de plus de 5 minutes où la mère me donnait sa version de l'affaire et critiquait ma façon de gérer la discipline, pour finir elle faisait part de son intention d'aller déposer une main courante à la gendarmerie contre la petite fille qui embêtait la sienne ! Je pense qu'en lisant ceci vous avez du sourire, mais face à cette situation que pouvons-nous faire ? Quels sont nos moyens d'agir ? Notre hiérarchie ne prend pas du tout en compte ces problèmes. J'aimerais que les professionnels de l'éducation éditent une charte que les parents recevraient à l'entrée de leur enfant à l'école. J'y apporterais bien ma contribution : Il est interdit d'intervenir dans le choix de la pédagogie de l'enseignant, vous avez l'obligation d'emmener votre enfant à l'école et le devoir de vérifier son travail... Quel ministre ouvrira enfin les yeux sur ce problème ?
Meilleurs voeux !!!
Depuis septembre je suis morose, ce n'est pas que je n'aime plus mon métier, mais franchement je perds un peu la foi. Je me sens tellement lâchée par ma hiérarchie (surtout celle tout en haut de la pyramide) que je perds un peu espoir de voir les choses s'améliorer. Je vous l'ai dit et redit, cette année j'ai 30 élèves, des CM2 et c'est très lourd et voilà ce que j'entends : il faut qu'on travaille plus, plus longtemps, 5 jours par semaine et moins de vacances. Il faut qu'on fasse toujours plus de paperasse et toujours plus de réunions. J'entends aussi que nos élèves sont nuls qu'ils n'apprennent plus rien et qu'en plus, on les terrorise avec nos notes. Bref voilà ce que nous sommes : des bons à rien, feignants et bien trop payés. Alors voilà, pour la nouvelle année, j'avais deux options : me pendre ou repartir du bon pied. Finalement, la première option me tentant moyennement, j'ai décidé d'opter pour la deuxième proposition et me voilà donc prête à prendre de bonnes résolutions pour cette nouvelle année. Voici donc mon nouvel état d'esprit pour 2011 (ne vous inquiétez pas, je ne pense pas le garder très longtemps !!!!) mais bon, soyons fou cela fait du bien : - J'adore mon métier , je me sens épanouie et heureuse, grâce à mes 30 élèves, j'ai enfin la possibilité d'avoir de nombreuses corrections qui me permettent de bien pouvoir observer tous les progrès et les difficultés des enfants. - Grâce à l'aide personnalisée, je termine à 17h30, je finis de préparer ma classe pour le lendemain vers 19h30, cela permet enfin à me propres enfants de s'envoler vers l'autonomie en faisant leurs devoirs seuls à la maison. De plus, ils ont pu découvrir les joies d'un repas tardif constitué de merveilleux plats surgelés réchauffés en hâte au micro onde. - Comme je vais bientôt travailler le mercredi, je ne culpabiliserai plus de voir mon mari partir au travail pendant que je reste à la maison, je ne consacrerai plus ce jour au ménage, lessive, courses. Comme je n'irai plus en animation pédagogique le mercredi matin, j'irai le soir ou le samedi matin, je pourrai mettre la nounou de mes enfants au chômage puisque dorénavant mon mari sera là et en plus, c'est lui qui se coltinera les lessives et le ménage ! Finalement, que peut-on nous souhaiter de mieux pour 2011 ? Pensez à notre reconversion, peut-être ? Allez, bonne année quand même !
Je fais grève !!!
Faire grève quand on a un mari (et un cercle d’amis…) qui exerce une profession libérale ça fait carrément penser à un acte de rébellion sans précédent. Et puis voulant casser l’image de l’instit toujours en grève, au début de ma carrière, je ne faisais pas souvent grève Il faut bien reconnaître que là-haut, ils s’en moquent complètement et que ça fait toujours une journée à ne pas nous payer soit de sacrées économies pour notre cher ministère. Mais voilà les années ont passé et la colère est montée. Aujourd’hui, je peux l’avouer franchement je suis révoltée. Révoltée pour ce qu’on nous fait subir au quotidien, révoltée parce que cette année, j’ai 30 CM2 et qu’on a beau me dire que cela n’est pas gênant, moi je dis non, cela ne favorise pas un climat propice aux apprentissages surtout pour les plus faibles. Cette année, j’ai fait grève le 9 septembre et le 23 parce que ça suffit, STOP on n’est pas des bêtes de somme, continuer à ce rythme jusqu’à 67 ans ce n’est pas possible. Je dis bien 67 ans parce qu’un enseignant qui a fait des études longues avant de pouvoir passer le concours doit forcément continuer jusqu’à 67 ans avant de pouvoir toucher sa retraite à taux plein. Je me demande bien ce qu’on va encore nous infliger cette année, j’ai bien quelques pistes : travailler le mercredi, en juillet, en Août, rester le soir après l’aide personnalisée pour faire réviser leurs leçons aux élèves dont les parents ne veulent plus s’occuper (y’a de quoi faire …). On pourrait ajouter : faire le ménage dans l’école, repeindre sa classe, emmener les enfants en colo pendant nos congés. Le tout sans augmentation de salaire, gelé pendant trois ans, ni heures supplémentaires. C’est pourquoi, je crois qu’un syndicat est utile, malheureusement aujourd’hui la plupart des enseignants ne sont plus syndiqués. Pourquoi ? Sommes-nous devenus des moutons de Panurge, au point de tout accepter sans broncher. Le problème est qu’à force de nous avoir rabâché que nous étions tous des feignants trop payés avec trop de vacances, nous avons développé une certaine culpabilité à nous plaindre. La preuve, nous sommes la seule administration à ne même pas avoir exigé un comité d’entreprise, nous restons tous dans notre coin, nous plaignant dans le vent, attendant sans y croire des jours meilleurs. Que faudrait-il faire pour qu’enfin notre ministre écoute ce que l’on a à dire ? Tous en grève et pour longtemps ? Utopie… Trouver d’autres moyens de pression… J’attends vos idées. Je propose de ne plus faire de choses qui ne sont pas clairement obligatoires : plus de sorties scolaires, on n’ouvre plus les portes à 8h20 et 13h20, plus d’évaluations sauf les nationales… etc. A vos claviers !!!!
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DIRECTION D'ECOLE : Bilan, revendications et actions du SNE
Depuis sa création le SNE-CSEN ne cesse de dénoncer les difficultés de la fonction de directeur. Au-jourd’hui sinistrée, elle n’attire plus personne et vient à bout des meilleures volontés.
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