Quant au différentiel entre le SMIC et nos traitements, il n’a cessé de s’amoindrir depuis pratiquement 30 ans et ce malgré la création du corps des PE (voir tableau ci-contre).
Seule alternative à ces états de fait, une augmentation de la valeur du point d’indice permettant de rattraper sur 3 ans la perte subie et un engagement gouvernemental indexant annuellement cette valeur sur l’inflation.
Rapport de l’OCDE : mêmes conclusions que le SNE-CSEN
Le rapport de l’OCDE, publié il y a quelques jours sur l’état de l’école en France, dresse en particulier sur le salaire des enseignants, un tableau sévère et sans concession.
Le rapport accrédite en effet une situation dénoncée par le SNE-CSEN depuis des années : la perte de pouvoir d’achat et la smicardisation de la profession.
S’appuyant sur des chiffres incontestables et aisément vérifiables, l’organisation démontre que le salaire statutaire des enseignants (qui ne comprend ni les heures supplémentaires ni les primes) est inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE et très inférieur à celui des professeurs allemands en particulier.
Cette faiblesse des salaires n’est pas sans conséquence sur l’attractivité du métier comme l’indique avec pertinence le rapport. Il en est pour preuve la situation en France où nous assistons à une pénurie de candidats dans nombre de disciplines, véritable problème pour un enseignement de qualité. Pourtant, dans certaines matières, très peu de postes, du fait du non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, sont à pourvoir !
Un article du Monde pour "Direct Lille" du 20 septembre dernier rappelle qu'en 2007, 3 chercheurs en économie de Paris I avaient mis au jour cette baisse des salaires. Intitulé Traitement des enseignants français.1960-2004 : la voie de la démoralisation, ce travail publié dans la Revue d'économie politique avait été critiqué pour sa méthode. Or avec d'autres modes de calcul l'OCDE arrive aux mêmes résultats.
Selon cet article aussi, les 3 chercheurs avaient également agacé parce qu'ils expliquaient cette situation comme la conséquence d'un troc entre l'Administration et les syndicats majoritaires : augmentation du nombre de postes contre stagnation des salaires !