three-monkeys-1212621_640.jpgLa politique de l'autruche

Au sens propre, des œillères sont des pièces de cuir ou de plastique recouvrant une partie du champ de vision pour empêcher l'animal de voir derrière lui et parfois aussi sur les côtés. Il semblerait que notre Ministre n'ait jamais oublié les siennes. Malgré le mécontentement de la majorité des parents, des municipalités, des enseignants, le rapport du Sénat sur le budget prévisionnel, les chiffres de la fuite vers le privé etc, notre Ministre et toute sa cour ne cessent de nier l'évidence. Pourtant le privé, resté à 4 jours, en est à réclamer des fonds supplémentaires à l'Education Nationale pour pouvoir amortir la horde d'élèves qui lui arrive. Certains vont même jusqu'à qualifier notre ministre de ministre du privé !

Nul n'aura manqué l'impressionnante autosatisfaction exprimée, que ce soit sur les plateaux télé ou ailleurs, par le souhait de continuer sur cette lancée lors d'un prochain mandat. Je ne vois rien !

372,9 millions d'euros sont prévus en 2017 au titre du fonds de soutien au développement des activités périscolaires, auquel 745 écoles privées sont éligibles. A une époque d'économies budgétaires revendiquées et face au mécontentement, pourquoi une telle politique de l'autruche ? Je n'entends pas !

Briser l'omerta ministérielle

Il semblerait qu'en approchant de la fin de la 3ème année des nouveaux rythmes, l'omerta  entourant le bilan de cette réforme commence à se briser. Les élus mécontents se sont régulièrement exprimés dans les presses locales durant ces 2 dernières années. Plusieurs communes se sont engouffrées dans le décret Hamon (1/2 journée libérée) et beaucoup ont rendu les NAP payantes. Dernièrement, la ville de Nice s'est clairement positionnée concernant les rythmes pour la rentrée 2017 et sa décision est sans appel : tout pour revenir aux 4 jours (article Nice Matin du 28/02/2017). Dans la métropole lilloise au contraire, la majorité des conseils d’écoles qui souhaitaient que le samedi matin soit remplacé par le mercredi a essuyé un veto des maires, bien aidés en cela dans leur tâche par la prolongation providentielle d’un an de l’expérimentation (décret acté en CTM le 22 mars malgré la colère du SNE).Notre ministre s’obstine à ne rien voir !

Le SNE, depuis le début, n'a porté ni œillères ni boules Quiès. Nous n'avons cessé de dénoncer les effets néfastes de cette réforme en écoutant les premiers concernés : enseignants, élèves et parents d'élèves.

Auditionné le 1er février sur les rythmes scolaires par la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat, le SNE, par la voix de son président Pierre Favre, a été le seul syndicat à exprimer la volonté des collègues de revenir aux 4 jours « Journée de l’enfant toujours aussi longue, fatigue accrue surtout en maternelle, difficulté de croiser les parents à l’heure de sortie, TAP indigents voire insécurisants, entrisme des mairies, coût pour les familles et les municipalités, inégalité territoriale, perte de repères des élèves, bénéfices pour les apprentissages introuvables, mais aussi perte de pouvoir d’achat des enseignants (frais de garde, déplacements) et détérioration des conditions de travail des collègues avec des semaines non-stop… ! ».

Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre mais il n'y a pas plus myope que celui qui ne veut pas voir. A quelques semaines des élections présidentielles, ce manque de clairvoyance risque d'être regrettable. Pour revenir aux 4 jours, ne vous trompez pas de syndicat.

Véronique Mouhot,

Secrétaire Générale du SNE à la pédagogie

http://www.sne-csen.net/Reforme-des-rythmes-scolaires-l-heure-du-bilan_a871.html

http://www.nicematin.com/vie-locale/rythmes-scolaires-ce-qui-va-changer-dans-les-ecoles-de-nice-a-la-rentree-2017-117391

http://www.lavoixdunord.fr/117113/article/2017-02-11/rythmes-scolaires-les-conseils-d-ecole-defient-la-mairie

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