Le SNE avait prévu les effets néfastes du passage à la semaine de 4 jours et demi mais constater que le chef de bureau de la Dgesco corrobore publiquement notre prédiction nous étonne tout de même.

Il énonce clairement qu’ « Il est à craindre que l'on glisse doucement vers un déséquilibre des domaines d'apprentissage ». Cette assertion, lourde de sens dans la bouche d’un officiel, est reprise dans le rapport du Comité de suivi de la réforme des rythmes scolaires. Le pire est alors à craindre, les 5 matinées travaillées étant source d’un déséquilibre menant à… tenez-vous bien… Trop d’apprentissages fondamentaux par rapports aux autres matières ! Un comble !

Entendre que le lire – écrire – compter est en progression préoccupante nous ferait sourire au SNE si nous ne grimacions pas déjà devant la baisse de niveau des élèves français, baisse diagnostiquée par les nombreuses études et enquêtes publiées. Comme aveux d’échec à la réussite des élèves et des citoyens érudits en devenir, on ne pouvait rêver mieux !

Les problèmes suscités par l'application des nouveaux rythmes scolaires sont clairement évoqués dans le rapport. De plus, il est à noter que dans les écoles qui ont préféré le décret Hamon, on est de fait resté à 8 demi-journées de cours. Autant dire blanc bonnet et bonnet blanc ! Alors pourquoi ne pas revenir à la précédente semaine de 4 jours soit… 8 demi-journées ?!? Il apparait, ce qui ne surprend pas le SNE qui avait prédit le surcroit de fatigue inhérent à la semaine de 4,5 jours, que l'absentéisme qui pouvait exister le samedi matin s'est déplacé sur le mercredi matin, voir le jeudi ou le vendredi.

Dès lors, ce ne sont pas moins de 4 études qui ont été lancées par la Dgesco:

  1. La première concerne 5 000 élèves bénéficiant d’agencements différents sur la semaine de cours afin de comparer les conséquences des différentes organisations de la semaine scolaire sur les apprentissages.
  2. La seconde est menée sur 15 000 élèves et a pour objet des évaluations en français et en mathématiques en fin de CM2 auxquelles s’ajoute un questionnaire adressé aux enseignants (ressenti sur la classe et son fonctionnement), aux familles et aux élèves (ressenti sur les manières d’apprendre).
  3. La troisième prend pour objet d’étude une académie et vise à sélectionner la répartition horaire qui prend le mieux en compte le temps global de l’enfant.
  4. La quatrième enquête pointe simplement l’absentéisme causé par le passage à la semaine de 4 jours et demi.

Pour enfoncer le clou, car tout est question de timing, la Dgesco annonce que ces différentes évaluations de la réforme et de ses effets vont être publiées en 2017. Année d’élections présidentielles, rappelons-le. Il est dès lors possible de se servir de celles-ci comme levier pour retourner à une semaine de 4 jours souhaitable selon le SNE si les programmes sont revus et que la place qu’ils méritent est redonnée aux fondamentaux que sont le lire-écrire-compter, trop souvent victimes d’érosion. Sans lutte en revanche, un durcissement de la réforme des rythmes scolaires est alors à redouter.

Vous pouvez compter sur le SNE pour maintenir en Comité Technique Ministériel la pression nécessaire à faire pencher la balance en faveur d’une semaine de 4 jours raisonnée et raisonnable. Le SNE intervient au Sénat, dans la presse, au sein du Collectif Condorcet et dans les différentes commissions où il est élu. Nous ne lâcherons pas l’affaire.

Ange Martinez

Vice-président du SNE

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