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ACTUALITÉS NATIONALES

18 janvier 2024

Problème d’absentéisme ou piteuse gestion du remplacement ?

Les propos de notre nouvelle ministre de l’Éducation nationale sur les absences non remplacées des enseignants ont largement fait réagir. Pourtant, les chiffres officiels indiquent que le taux de présence des enseignants est parmi les meilleurs des salariés de notre pays.

 

 

Les enseignants sont parmi les travailleurs les plus présents à leur poste
le trompe l'oeil du remplacement.001.png

 

Le rapport annuel 2023 de la DGAFP (Direction Générale de l’Administration et de la Fonction Publique) sur l’état de la fonction publique indique que la part des enseignants absents au moins un jour dans la semaine pour une raison de santé est identique (pour les femmes) ou inférieure (pour les hommes) à ce qui existe dans le secteur privé.

Le constat est le même quand on regarde le volume des absences sur une année. Le rapport de la DGAFP montre que les enseignants sont 33% moins absents que les fonctionnaires territoriaux ou hospitaliers. Et face au privé ? En moyenne, un enseignant est absent 11,6 jours par an pour raison de santé contre 11,7 jours pour une personne du secteur privé.

 

Le SNE invite les personnes qui vilipendent les enseignants pour leur propension à être plus absents que les autres à se renseigner. Les enseignants sont tout particulièrement fidèles à leur poste. N’importe quelle personne qui a travaillé dans un établissement scolaire peut témoigner que nombreux sont les enseignants qui viennent même travailler alors qu’ils sont malades. Pour le SNE, plutôt que de crier au loup contre leurs prétendues absences incessantes, il vaudrait mieux récompenser les enseignants en améliorant leur rémunération et leurs conditions de travail.

 

 

Le non remplacement est le véritable problème

 

Pourquoi les absences de professeurs posent-elles donc tant problème ? Ou plutôt quand est-ce que ces absences posent problème ? Quand elles sont visibles de l’extérieur. Dans la plupart des corps de métier, l’absence d’un agent ou d’un employé ne pose pas de souci particulier : il suffit qu’il rattrape le travail non effectué à son retour. Le service auquel il appartient peut aussi palier cette absence à court terme.

Dans l’Education nationale le problème se pose différemment. Dans le second degré, les élèves vont en étude ou rentrent chez eux. Une absence non remplacée impacte beaucoup d’élèves puisqu’elle concerne forcément plusieurs classes par jour. Le nombre fait que le sentiment d’abandon est vite là. D’où le focus médiatique et ministériel. Ce n’est pas pour rien que le pacte prévoit des heures de pacte pour le remplacement des absents dans le second degré.

Mais pourquoi rien n’est-il prévu pour le premier degré dans ce domaine ? Parce que, dans le premier degré, le souci est moins visible. En cas d’absence non remplacée, les élèves présents sont répartis. Ils sont moins nombreux à être impactés par l’absence d’un enseignant. Les collègues prennent la charge des élèves supplémentaires, au détriment de la qualité de leurs conditions de travail et de celles de leurs élèves. Vu de l’extérieur, les élèves sont pris en charge. Tout va bien. Le problème existe tout de même, mais il est glissé sous le tapis et tant pis pour ceux qui en pâtissent.

Cette manière de procéder, lucide, sue et assumée par notre administration relève d’une maltraitance institutionnelle des personnels et des élèves du premier degré. Aujourd’hui, à part le SNE, personne ne songe que les enseignants du premier degré pourraient être rémunérés pour ce travail supplémentaire de remplacement et pour la disponibilité induite. C’est là l’un des fondements de nos revendications pour un régime indemnitaire spécifique au 1er degré.

 

Avec la réduction à la portion congrue des viviers de remplaçants, les moyens ne sont plus suffisants pour couvrir les besoins. Le problème tend à s’amplifier avec la désaffection actuelle de la profession d’enseignant.

 

Plus qu’un problème d’absentéisme, c’est une question de gestion des personnels qui est posée ici. S’assurer de disposer d’assez d’enseignants pour en avoir un par classe était une promesse du précédent ministre et du président de la République. Le compte n’y était pas en septembre 2023. L’attractivité est encore une fois le nœud du problème.

Rémunération et conditions de travail sont des chantiers à traiter prioritairement si l’on veut pouvoir redresser la barre de l’Education nationale et attirer à nouveau assez de candidats pour pouvoir recruter les meilleurs partout en France. Le recours aux contractuels, personnels précaires par essence, n’est pas une solution sur le long terme. Le SNE ne manquera pas de défendre ce point de vue auprès de tous les responsables avec lesquels il échange, en insistant sur les besoins spécifiques du premier degré.

SNE -  Syndicat National des Ecoles

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