ACTUALITÉS NATIONALES

30 novembre 2017

Enseignez, ils seront mauvais !

Enquête TIMSS (pas mieux que PISA)


Le SNE, lorsqu’il observe les indicateurs forts du faible niveau des élèves français, prend peur. Notre niveau prend, lui, une claque et nos Ministres successifs de l’Education Nationale auraient dû, eux, prendre la porte (sans retraites à vie pour piètres et déloyaux services). Comme constat, on note des résultats calamiteux pour les élèves en terminale scientifique, pourtant censée caractériser l’excellence en mathématiques et sciences. Et pour pré-requis à ce naufrage, on déplore un niveau très insatisfaisant en fin d’école élémentaire. C’est une enquête internationale qui révèle cela. Et pour une fois, ce n’est pas PISA mais TIMSS (Trends in International Mathematics and Science Study) sur les mathématiques et les sciences, publiée le 29 novembre, qui dresse un dur constat. Elle a pour cible d’une part les CM1 et d’autre part, les terminales en section scientifique.

 

L’équipe de chercheurs issus de nombreux pays, a enfin inclus la France dans ses travaux. Le SNE constate que la France a fait sa timide en ce qui concerne sa participation à l’enquête TIMSS : c’est la première fois qu’elle y participe pour les CM1 ! Par peur des résultats ? Il semblerait que oui et le SNE n’a pas éprouvé le besoin d’attendre ces résultats pour en être conscient : le niveau des élèves français est dramatiquement bas, et d’autant plus dans le domaine scientifique. La French Touch n’y est plus….
 
Des chiffres affligeants
Ces tests ont été menés, concernant le CM1, sur près de 5000 élèves. Comme le SNE l’envisageait à regret, les résultats ne nous placent pas en tête. Notre score est de 487 quand la moyenne internationale est à 500 et la moyenne européenne à 525. Nous sommes, vous avez bien lu, en dessous de la moyenne ! Les pays asiatiques ont des scores proches des 600 (et hop, plus de 100 points dans la vue) quand nos voisins européens sont aux alentours de 550 points.

 

Et le ministère d’avouer que « Les résultats sont mauvais ; les élèves français sont en grand nombre peu performants ». Amer aveu d’échec de ce ministère comme des précédents…. D’autant plus que nos meilleurs élèves sont au niveau des plus faibles des autres pays, que ce soit pour le savoir ou le savoir-faire mathématico-scientifique. En effet, près de 45 % des élèves français sont dans le groupe le plus faible des pays européens, alors que seuls 11 % font partie de celui des meilleurs. Dur à digérer….


Les résultats des terminales scientifiques finissent de nous enterrer et prouvent une perte de 100 points en 20 ans, date de la dernière étude similaire menée sur cette classe. Le niveau des élèves français n’est pas bon…. Et il ne cesse de baisser !


Sur educ.gouv.fr, la vidéo montre notre ministre bien embarrassée et qualifiant nos résultats de « très médiocres ». Elle se rattrape aux branches basses, rassurez-vous, en évoquant comme coupables les mesures et programmes des gouvernements précédents. L’honneur est sauf.
 
Des chiffres contradictoires et une analyse à mener
Il faut maintenant analyser ces chiffres. Il apparaît que les pays qui font les meilleurs scores sont ceux qui n’ont pas adopté de pédagogie centrée sur l’élève, mais sur les savoirs. Pour ces pays, les savoirs constituent donc réellement un but à atteindre pendant qu’en France, nous sommes centrés sur l’élève et ses représentations. Nous ne faisons pas assez de maths et de sciences en France ?


Et bien non car il y a un paradoxe à observer : nous ne sommes pas en reste concernant les heures d’enseignement. 193 heures de mathématiques en CM1 dans l’hexagone. Nous sommes sur ce point dans le peloton de tête du classement, loin devant ceux qui réussissent bien mieux que nous. Mais encore une fois, si nous faisons plus d’heures mais que nous sommes moins bons, c’est que notre méthode n’est pas la bonne. Nathalie Mons,  Présidente du Conseil National d‘Evaluation du Système Scolaire (CNESCO) confie sur Euronews le 25/11/2016 qu’ "On s'est rendu compte que les pédagogies qui sont utilisées par les enseignants dans les établissements de l'éducation prioritaire et dans les établissements où il y a beaucoup d'élèves qui sont socialement défavorisés (...), finalement, se révèlent sur le long terme moins efficaces que celles qui sont menées dans les établissements ordinaires." 


L’enquête TIMSS pointe donc du doigt l’absence de mixité dans nos écoles où 32 % des enfants fréquentent des écoles considérées comme « défavorisées » (selon l’enquête, où plus d’un quart de l’effectif est défavorisé et moins d’un quart favorisé). Et si l’Ecole Publique française n’est pas la seule dans ce cas, les autres pays concernés nous devancent par contre de loin en termes de résultats, preuve que la question pédagogique, et non sociale, peut inverser la vapeur.

 

La conception de l’Ecole comme ascenseur social et facteur d’excellence pour tous les élèves du SNE est donc à défendre plus que jamais. Le SNE refuse que l’Ecole soit nivelée par le bas et aspire à ce que chaque élève puisse aller le plus loin possible. Mais pour cela, il ne faut pas se contenter des représentations premières des élèves : il faut les conduire sur les routes d’un savoir riche et épanouissant.

 

L’impasse d’un système pédagogique et pédagogiste en place depuis trop longtemps ne peut plus durer : ce sont nos élèves qui trinquent.

Ange Martinez
Vice-président du SNE

SNE -  Syndicat National des Ecoles

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