ACTUALITÉS NATIONALES

16 avril 2020

Reprise du 11 mai : les modalités en discussion

Le SNE a été reçu en visio-conférence ce jeudi 16/04 par M. Blanquer afin d’examiner avec lui les modalités qui pourraient régir la reprise annoncée pour le 11 mai prochain.

Les propositions du SNE

- Différer la rentrée des élèves de maternelle.

- Prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des enseignants et des élèves (désinfection, matériel de protection).

- Utiliser régulièrement des tests sérologiques sur les enseignants et sur les élèves.

- Dispenser de télétravail les collègues qui assureront un présentiel : non au double travail.

- Prendre en compte la situation des collègues vulnérables, vivant avec une personne vulnérable, seul avec des enfants, mais également des enseignants-parents d’élèves dont les enfants ne feront pas de présentiel.

- Moduler les mesures de rentrée selon les territoires, les fragilités de certains collègues, les besoins repérés ou avérés ainsi que les âges des élèves concernés.

- Faire confiance aux enseignants pour adapter le cadrage national en fonction des spécificités de leurs écoles.

Les premiers jalons

 

En préambule, le SNE a indiqué qu’il n’est pas opposé à un retour en classe, l’objectif de tout le monde étant de reprendre de toute façon à terme bien évidemment. Quant à la date de reprise progressive ou totale, nous n’avons pas l’expertise médicale pour pouvoir nous prononcer.

 

Mais, avant d’envisager comment reprendre, il faut être limpide sur les raisons de la reprise. S’agit-il de permettre aux parents de retourner travailler ou de répondre à des exigences d’ordre pédagogique ?

La ligne rouge du SNE : la santé et non au double travail

 

Le SNE a ensuite posé deux points que notre syndicat considère comme non négociables.

 

En premier lieu, il est indispensable que toutes les mesures soient prises pour protéger la santé des enseignants et des élèves. Ces mesures doivent être les plus étendues possibles. Elles dépendront évidemment des avancées scientifiques sur le virus et sa transmission.

 

En second lieu, le SNE estime qu’il est hors de question de demander un double travail aux enseignants. Les collègues qui assureront un présentiel devront être automatiquement dispensés de télétravail.

 

Nous avons aussi suggéré que les mesures de rentrée devront être modulées selon les territoires, les fragilités de certains collègues, les besoins repérés ou avérés ainsi que les âges des élèves concernés.

 

 

La vision du ministère

 

M. Blanquer prévoit une rentrée progressive. Il n’est pas question d’un retour massif et immédiat dans les écoles.

« Il va falloir travailler avec la réalité du virus, resocialiser certains élèves et leur permettre de consolider leurs connaissances ».

Le télétravail ne cessera pas le 11. La rentrée sera effectuée selon des critères territoriaux et de classes d’âge. Les modalités précises sont encore à définir.

Les questions liées aux spécificités de la maternelle doivent aussi trouver des réponses précises. Le SNE a d’ailleurs proposé que la rentrée des élèves de maternelle soit différée.

 

Cette rentrée doit permettre de répondre à des exigences sociales et pédagogiques.

« C’est une mesure qui a une raison d’être sociale. […] Ne perdons pas les élèves. […] évitons le décrochage […] Nous serons dans une logique de consolidation ».

C’est une position claire. Notre syndicat l’apprécie. Les enseignants ne sont pas considérés comme des gardes d’enfants. Nous aurons à tenir notre statut de pédagogues. Selon le ministre, il n’est pas ici question de considérations économiques.

 

 

La sécurité sanitaire avant tout

 

Le ministre nous a dit vouloir garantir des conditions sanitaires strictes pour les enseignants et les élèves. Pour arriver à cela, il travaille avec en lien avec les autorités scientifiques et les collectivités locales. Les représentants des élus locaux auraient d’ailleurs affirmé au ministre que les communes se plieraient de leur mieux aux recommandations qui seront émises tant du point de vue de la désinfection des locaux et matériels que de la fourniture de masques, gel et savon.

D’ici le 11 mai, le matériel nécessaire devrait être disponible en quantités suffisantes.

Le SNE défend évidemment la sécurité des enseignants. Notre syndicat soutient donc les efforts envisagés. Retourner au travail en se sentant pris en compte dans son intégrité physique sera un élément indispensable pour la tranquillité d’esprit de chacun.

C’est pour cela que nous avons proposé d’utiliser régulièrement des tests sérologiques sur les enseignants et sur les élèves.

 

Notre syndicat a aussi soulevé la question des collègues vulnérables, vivant avec une personne vulnérable, seul avec des enfants, mais également des enseignants-parents d’élèves dont les enfants ne feront pas de présentiel.

Le ministre a dit vouloir prévoir des aménagements larges pour que certains professeurs ne viennent pas avant d’ajouter : « Il n’est pas question de faire courir de risques ».

Il reste maintenant à découvrir le détail des possibilités qui seront offertes aux enseignants.

 

 

Un retour par petits groupes

 

Les élèves ne travailleraient pas en classes entières. Le nombre de 10 pourrait être un plafond en maternelle et un plancher en élémentaire.

Il faut être lucide. Pour le SNE, il est inconcevable de cumuler le télétravail et le présentiel pour un même enseignant. Dès lors, qui se chargerait des élèves qui ne seraient pas présents à l’école ? C'est une question qui reste pour l'instant sans réponse.

Nous avons ensuite évoqué la question de la cantine. Comment est-il possible d'envisager d'ouvrir les cantines alors que les  restaurants restent fermés ?

 

Selon le ministre, le nombre réduit d’élèves permettrait, en élargissant éventuellement les plages horaires dévolues à la restauration, d’assurer une restauration scolaire tout en garantissant une distanciation suffisante.

Pour le SNE, c’est une théorie qui risque d’être vite mise à mal dans la pratique.

 

L’objectif nutritionnel, pour les familles qui ne peuvent pas assurer un repas convenable à leurs enfants, est aussi ouvertement évoqué par le ministre. Difficile de ne pas y être sensible.

 

 

Le dialogue social est en cours

 

Le ministre le reconnaît avec nous : bien des questions restent encore sans réponses précises, bien des écueils pratiques demeurent encore (récréations, soin des enfants, déplacements dans l’école, organisation des entrées et sorties de classe en maternelle...).

 

Pour le bon déroulement de la rentrée du 11 mai, M. Blanquer prévoit un plan de cadrage national.  Celui-ci doit laisser de grandes marges de manœuvre locales. L’État va donc impulser un mouvement et faire confiance aux acteurs locaux pour en assurer une application au plus près des réalités et besoins du terrain.

Le SNE apprécie cette marque de confiance, mais notre syndicat demeure vigilant.

Tout ne devra pas être délégué aux rectorats, aux DSDEN ou aux IEN. La confiance doit demeurer à ceux qui l’ont acquise lors de la première phase du confinement : les enseignants. Notre syndicat sera particulièrement attentif sur ce point.

Vous l’avez compris, la rentrée du 11 mai sera inédite. Elle sera progressive et particulièrement complexe à mettre en œuvre.

 

Notre syndicat travaillera pour qu’enseignants et élèves vivent cette rentrée dans les meilleures conditions possibles. Le SNE a de nouveau rendez-vous avec le ministère dans les prochains jours pour examiner les mesures concrètes à mettre en place pour cela. Nos équipes travaillent déjà dessus. Nous serons au rendez-vous.

Philippe Ratinet

Secrétaire général aux publications

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