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9 janvier 2018

Groupe de travail sur la direction d'école

Si les intentions affichées par notre Ministre présentent quelques signes encourageants, le SNE n’est pas dupe pour autant. Sur le terrain, les directrices et directeurs souffrent de conditions de plus en plus rigoureuses. Et pour les soulager, comme pied de nez à la profession, les EVS ont été supprimés cette année. La coupe est pleine. Et nous vous rappelons qu’au dernier GT auquel siégeait le SNE, la seule proposition du DASEN avait été de supprimer les doublons dans les envois entre l’IA et l’IEN sur les boîtes écoles. Quelle avancée !

La situation des directeurs influe sur le climat de l'école et sur le bien être des adjoints aussi :

- un directeur surmené, c’est une ambiance délétère, des élèves agités, des parents inquiets et à l'affût, ... ;

- un directeur bien dans son métier, c’est une ambiance sereine, des enseignants mieux accompagnés (dans leur quotidien, dans leurs projets...), une régulation des conflits facilitée, …

 

Le SNE énonce par là-même des évidences qui malheureusement ne sautent pas aux yeux de notre gouvernement.

Le SNE, syndicat qui a toujours pris à cœur le sujet de la direction d’école, a demandé à l’Inspection :

- Des outils et équipements à hauteur des missions.

Il est impensable qu’à la suite du prétendu plan numérique initié par le Ministre Peillon, nous en soyons toujours à l’ère du silex, avec des ordinateurs obsolètes et des logiciels qui ne le sont pas moins alors que les exigences administratives, elles, sont pleinement entrées dans le 21ème siècle.

- Une uniformisation des outils numériques.

Lors de ce groupe de travail, le SNE a en effet fait émerger un écart de ressenti si ce n’est de perception entre l’administration et les utilisateurs de ces logiciels (directrices, directeurs et PE).

L’administration nous vante une facilité de prise en main, mais dans les écoles, les personnels n’ont pas le temps de s’approprier 50 logiciels ou applications aux fonctionnements différents : BASE ELEVES, ABSENTEISME, ONDE, CHORUS DT, GAIA, AFFELNET, ESTEREL, IPROF etc.

Pour gagner en ergonomie, les applications doivent fonctionner de façon similaire. Il doit y avoir une unité. L’administration répond favorablement dans ce sens, précisant par exemple que les données d’ONDE vont devenir exportables aux logiciels utilisés par les mairies (et réciproquement).

- Une véritable formation avec un statut administratif.

Et la formation comprendrait bien entendu l’utilisation des outils numériques. Les tutoriels ne suffisent pas et le quotidien participe négativement à cela : personne ne peut, sur sa journée de décharge, se libérer le temps nécessaire pour acquérir les savoir-faire attendus. On ne peut laisser croupir un directeur avec un tutoriel qui le perd plus qu’il ne l’éclaire quant à l’utilisation d’un logiciel. La prise en main d’un outil doit être aisée et ne pas demander des compétences poussées dans l’usage du numérique. C’est faire une erreur de cible, méconnaître la profession que de croire que les directrices et directeurs (surtout celles et ceux à un quart de décharge, voire même sans décharge) peuvent être une fois de plus autodidactes et experts sur ce point.

- Une confiance accrue

dans l’expertise et le jugement des professionnels que sont les enseignants. L’application absentéisme, du fait des délais imposés, est une aberration. Il faut laisser les équipes gérer les situations et les aider au besoin, si elles le demandent et certainement pas via une application chronophage qui complique la vie de tout le monde plus qu’elle ne solutionne les problèmes.

- Des délais décents

pour répondre aux enquêtes et produire les documents obligatoires (PPMS, application absentéisme, etc). On ne peut pas produire un travail de qualité dans l’urgence, il est temps que l’administration le comprenne. Nécessité de la mise en place d’un échéancier annuel pour que chacun puisse anticiper.

- Synthétiser les demandes

sous la forme d’un mail par semaine dans lequel les PE disposeraient de tous les liens, avec des intitulés clairs, vers les textes officiels, les directives, mais aussi les projets. Et sur chaque boîte professionnelle. Il ne faut plus que l’information soit bloquée dans le cas d’un directeur en arrêt maladie par exemple.

- L’abandon de l’exigence de demande de casier judiciaire aux parents accompagnateurs.

Le SNE a écrit au DASEN à cet effet. Lire la lettre ici. Et nous avions raison : des cas émergent où les parents sont échaudés par cette demande et se retournent vers les équipes pédagogiques. L’administration donne raison au SNE : c’est l’IA qui fera les vérifications et dans l’attente, un certificat sur l’honneur suffira.

 

A ces demandes s’ajoutent nos revendications nationales telles que :

- Des décharges de temps supplémentaires pour TOUS les directeurs.

A l’ère de l’évolution et de la multiplication des tâches demandées aux directeurs, on ne peut dignement songer à ne pas faire évoluer leur quotité de décharge.

- Un secrétariat de qualité occupé par des personnels pérennes.

Les EVS sont supprimés ? Le SNE ne va pas cesser de lutter pour qu’au contraire, ces postes soient implantés définitivement et avec des personnels qualifiés et non pas sur un siège éjectable.

- Une reconnaissance salariale immédiate.

La fonction n’est plus attractive. Le SNE est persuadé qu’il faut récompenser celles et ceux qui font fonctionner l’école.

- Une clarification écrite des missions (charte des directeurs).

La posture administrative conduirait à une reconnaissance de tous les interlocuteurs. Être autonome, faire fonctionner, innover, expérimenter, en résumé faire des choix en lien avec les besoins de l'école (équipe –  partenaires –   hiérarchie) nous amène vers la véritable liberté pédagogique. Cette confiance est source d'énergie et de quiétude.

 

De nombreuses tâches entravent le quotidien des directrices et directeurs. Il est grand temps de leur permettre de fonctionner dignement.

 

Ange Martinez

Vice-Président du SNE

Elu CAPD

SNE -  Syndicat National des Ecoles

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Contact SNE  : Laurent Hoefman president@sne-csen.net

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