ACTUALITÉS NATIONALES

6 octobre 2020

Faire évoluer la formation continue      

La formation continue est un enjeu d’importance, autant pour les collègues qui ont souvent l’impression de subir des animations pédagogiques que pour l’administration qui souhaite que la formation réponde à des besoins ciblés.

Le groupe de travail ministériel qui s’est tenu le 2 octobre dernier était l’occasion de réaliser un point d’étape. Le SNE était bien évidemment présent.

 

 

Une organisation nouvelle très (trop) complexe

 

Le ministère a présenté avec force détails le schéma directeur de la formation continue pour tous les personnels du ministère.

Votre texte​​

Il entend trouver un juste équilibre entre la nécessité de mettre en œuvre une politique éducative fondée sur des besoins institutionnels et de répondre aux besoins territoriaux exprimés par les personnels.

 

C’est une intention louable dont le SNE se réjouit. La prise en compte des besoins réels des collègues est une condition sine qua non d’une formation qui ne serait plus subie, mais choisie. Partir des besoins est un principe que notre syndicat défend depuis 2015.

 

Pour arriver à ses fins, le ministère souhaite proposer :

●       Un schéma directeur pour l'ensemble des personnels 

●       Un réel continuum formation initiale / continuée / continue

●       Une formation en proximité des personnels

●       Des viviers de formateurs diversifiés

●       Une formation certifiante ou diplômante

●       Des modalités variées de formation

●       Une valorisation des formations des compétences

 

Pour le SNE, l’analyse et les objectifs du ministère sur la formation continue sont bons, mais le moyen pour arriver au résultat souhaité prouve une déconnexion totale de la réalité de terrain, et du souhait des enseignants d’avoir des éléments pratiques, directement utilisables dont ils ont besoin. Mais besoin n’est pas envie.

 

Le dispositif imaginé pour gérer la formation continue s’avère particulièrement complexe.

 

Il s’agit d’installer un dialogue permanent notamment lors du conseil académique de formation (CAF), de changer un mode de gouvernance permettant de fédérer tous les acteurs RH et de formation de l’académie, d’adapter la gestion des budgets aux orientations du schéma, de favoriser une mutualisation des outils académiques innovants...

 

Pour notre syndicat, ce nouveau départ consiste à élaborer une usine à gaz. On réglemente là où il faudrait déréglementer.

Une formation qui part des besoins

 

Il est indispensable que les collègues ne disent plus : « On part de la formation avec davantage de questions que de réponses ! » Le SNE rejette les colloques condescendants de soi-disant experts venant prêcher leurs nouvelles pédagogies révolutionnaires. La pseudo expertise n’est pas supérieure à l’expérience.

 

La crise du printemps a montré la formidable énergie des enseignants quand on leur fait confiance. Le « lâcher prise » de la hiérarchie a suscité des initiatives inédites. Le besoin a créé une vague d’autoformation efficace puisque désirée.

 

Pour le SNE, c’est ce schéma qu’il faut oser reproduire.

 

Par ailleurs, pour notre syndicat, SNE, imposer 18h de formation pour tous partout tout le temps n’a aucun sens. La liberté devrait être de mise. La possibilité de former ou de participer à des formations en tant que formateur, ouverte et reconnue comme temps de formation.

 

 

Une formation de qualité

 

Une formation qui répond aux questions pratiques des collègues est une formation qui forme véritablement. Elle sera jugée de qualité, validée et reconnue par les participants, elle deviendra recherchée.

 

La qualité est donc la clef de l’attractivité. Même si le sujet traité fait partie des demandes du professeur, si la formation est de piètre qualité le collègue aura, dans le meilleur des cas, perdu son temps. Au contraire, une formation de qualité aura l'avantage de lui apporter une vraie plus-value et cela même si elle ne correspond pas exactement à ses besoins initiaux.

 

Il est donc nécessaire de se pencher sur la qualité des formations. Qui va juger de la qualité de ces dernières ? Les professeurs ? L'administration ?

 

Le chemin à parcourir est encore bien long pour arriver à l’adéquation entre les bonnes intentions en matière de formation. Le SNE continuera à travailler pour que ce qui doit être une richesse pour l’exercice de notre profession le devienne pour le plus grand nombre.

 

Joost Fernandez

Secrétaire académique Ile de France

 

Pierre Favre

Vice-président du SNE

 

Laurent Hoefman

Président du SNE

SNE -  Syndicat National des Ecoles

© 2016-2020 Syndicat National des Écoles - Directeur de la publication : Laurent Hoefman, président du SNE

Contact SNE  : Laurent Hoefman president@sne-csen.net

facebook.png