ACTUALITÉS NATIONALES

10 novembre 2020

Écarts de salaires 1er/2nd degrés :

les propositions du SNE pour y remédier

Revaloriser l’enseignant du premier degré

L’enseignant du premier degré est aujourd’hui le parent pauvre de l’Éducation Nationale.

 

Recruté à bac +5, comme les professeurs certifiés, il est l’enseignant français qui passe le plus de temps face à ses élèves. Il est aussi celui qui touche la rémunération la moins élevée.

Les grilles indiciaires sont pourtant identiques entre le 1er et le 2nd degré. Alors d'où vient cet écart de rémunération ?

 

Il s'explique historiquement par trois éléments :

  • le régime indemnitaire est bien plus favorable dans le 2nd degré.

  • les enseignants du 2nd degré font plus d'heures supplémentaires et celles-ci sont bien mieux rémunérées dans le 2nd degré que dans le 1er.

  • l'accès à la hors-classe était historiquement bien plus favorable aux enseignants du 2nd degré. Depuis quelques années, le pourcentage d'accès à la hors-classe est équivalent dans le 1er et le 2nd degré, mais il y a un retard très important à rattraper.

Pour le SNE, l'écart de rémunération entre le 1er degré et le 2nd degré ne se justifie plus aujourd’hui. Notre syndicat insiste régulièrement auprès du ministère sur la nécessité de remédier à cet état de fait. Peu d’organisations syndicales nous rejoignent sur ce point. La problématique est pointue et les OS qui représentent les 2 degrés ont un risque important de fâcher une grande partie de leurs adhérents s'ils soutiennent cette revendication. Mais alors, comment réaliser ce tour de force sans que nos collègues du second degré ne se sentent lésés ?

 

A l’heure du Grenelle de l’Éducation et des plans de revalorisation des enseignants, le SNE vous présente ses clés pour une revalorisation spécifique des enseignants du premier degré

 

Ces propositions ont évidemment vocation à compléter des mesures qui viseraient à revaloriser l’ensemble des enseignants

 

 

Le régime indemnitaire pour sortir de l’impasse

 

Augmenter la valeur du point d’indice est LA piste qui a été suivie depuis des années par les organisations syndicales majoritaires. Pour quel bénéfice ? Le coût d’une telle mesure serait tel qu’elle n’a jamais été mise en oeuvre. 

Et si, par un miracle soudain, elle venait à se concrétiser, l’enseignant du premier degré verrait sa situation s’améliorer, mais il resterait moins bien rémunéré que les collègues certifiés du second degré (entre 129 et 429 euros nets par mois). 

Réclamer l’impossible s’est avéré aussi inefficace que stérile. Le SNE, spécialiste du premier degré, a donc présenté une alternative corporatiste au ministère. Notre syndicat s’est penché sur le régime indemnitaire actuel du second degré pour en demander une extrapolation dans le premier degré. C’est cette position que nous défendons lors des négociations.

Les propositions du SNE

Ces propositions ont été transmises au ministère le lundi 10 novembre 2020. Celui-ci a promis des annonces pour le 16 novembre.

1. Viser une rémunération équitable

 

Le professeur des écoles professeur principal

 

Dans les faits, tous les enseignants du premier degré en charge de classe exercent pleinement et chaque année les fonctions de professeur principal. Pour le SNE, ce ne serait pas faire une injustice que de rémunérer les enseignants des deux degrés selon la même modalité pour un travail équivalent. Il serait donc légitime qu’une indemnité soit octroyée à ce titre dans le premier comme dans le second degré.

Les montants doivent évidemment être alignés sur les plus favorables, en l’occurrence, ceux perçus dans le second degré. Pour mémoire :

ISOE = 1213,56 €(fixe) + 1245,84 € (modulable pour les professeurs principaux de 6ème à 4ème) soit 2459,4 €/an

ISAE actuelle = 1200 €/an

 

Le SNE demande donc à ce que l’ISAE évolue. Son montant doit être doublé pour correspondre à l’intégralité de l’ISOE (part fixe et modulable des professeurs principaux) du second degré.

 

La vie scolaire

 

Au quotidien, tous les professeurs des écoles assurent le service de vie scolaire. Ils assurent un accueil dans les locaux scolaires avant la classe, ils surveillent les récréations, prennent contact avec les familles des absents, vérifient les sorties des élèves, attendent les parents qui viennent chercher leurs enfants en retard et assurent la liaison avec le périscolaire. Ce travail de l’ombre, effectué spontanément par nécessité, doit aujourd’hui être reconnu et donc rémunéré.

 

Notre syndicat réclame donc la création d’une indemnité de vie scolaire en faveur des enseignants du premier degré. Son montant devrait correspondre au moins à celui de l’ISAE actuelle.

 

L’exercice avec des effectifs lourds ou en classe à multiples niveaux

 

Dans le second degré, le décret n°2015-477 du 27 avril 2015 a instauré une "prime pour effectif lourd" à partir de 6h de classe devant 35 élèves ou plus. Le nombre représente une aussi une difficulté patente dans le premier degré. La politique de dédoublement en éducation prioritaire le démontre clairement. Dans le premier degré, la lourdeur des niveaux multiples s’ajoute à celle du nombre.

Pour le SNE, il semble légitime que les enseignants du premier degré puissent aussi bénéficier d’une telle indemnité. Celle-ci, d’un montant de 100 euros par mois, serait versée aux collègues exerçant, hors éducation prioritaire, devant 24 élèves ou plus en multi-niveaux et devant 26 élèves ou plus en niveau simple. Ces seuils sont à abaisser en cas d’exercice en éducation prioritaire. Cette indemnité serait perçue sans palier d'élèves pour les collègues exerçant dans des classes de 3 niveaux ou plus.

 

Les réunions et les heures supplémentaires

 

Les réunions sont une autre source d’injustice qu’il faut réparer. Comment expliquer qu’un enseignant du premier degré ne bénéficie, dans le meilleur des cas, que d’une indemnité de déplacement pour aller à un conseil école-collège quand les collègues du second degré bénéficient d’heures supplémentaires ? Heures bien mieux rémunérées que dans le premier degré soit dit au passage.

 

Le SNE revendique donc l’alignement du montant des heures supplémentaires entre les deux degrés (39.91€ contre 27.80€ actuellement) et leur versement au titre de la participation à ces réunions inter-degrés.

Pour le SNE, ces mesures représentent une mise à niveau indispensable. Il est tout à fait entendable qu’elles soient adoptées avec un certain étalement dans le temps afin de ne pas empêcher la mise en œuvre de la revalorisation de tous les enseignants.

2. Prendre en compte les missions spécifiques du professeur des écoles

 

Le suivi individualisé des élèves

 

Le suivi individualisé des élèves, et plus encore celui des élèves à besoins éducatifs particuliers, nécessite un investissement en temps spécifique. Cet investissement doit être pris en compte et donc rémunéré de façon dissociée. La rédaction de PPRE, PPS, PAP, l’élaboration de dossiers pour la MDPH, la tenue d’équipes éducatives se passent hors temps scolaire.

Travailler avec un élève qui bénéficie d’une AESH n’est pas anodin. Cela peut induire un temps de préparation beaucoup plus long et nécessite pour le moins des rencontres pour des échanges avec l’AESH.

Le SNE propose qu’une indemnité soit versée aux enseignants qui ont en charge un ou plusieurs élèves porteurs de handicap. Le montant de cette indemnité pourrait varier en fonction du nombre d’élèves dont l’enseignant a la charge et ou du type de difficulté à gérer, par exemple, selon l’échelle de l’indemnité pour autres missions d’intérêt pédagogique et éducatif qui existe pour le second degré (de 300 à 3700 € annuels).

 

La sujétion médicale

 

Les professeurs des écoles ont en charge la santé de leurs élèves. Dans la cour, il leur revient de juger si une blessure nécessite un appel au médecin, aux pompiers ou aux parents. Ce n’est pas chose facile. Quiconque a appris le lendemain que son élève a eu la clavicule cassée ou une côté fêlée sans qu’il ne s’en rende compte le sait. 

Le professeur des écoles est aussi en première ligne en cas de malaise ou d’accident grave. C’est à lui qu’il incombe de réaliser des diagnostics en cas de malaise, d’alerter les secours et parfois d’accomplir des gestes médicaux vitaux (injection d’adrénaline ou autre). 

 

Outre une formation aux premiers secours qui devrait être obligatoire et régulièrement renouvelée, le SNE propose la création d’une indemnité de sujétion médicale. D’un montant annuel raisonnable (300 euros), celle-ci viserait surtout à dire la confiance que place l’institution dans ses enseignants.

Cette indemnité serait versée à chaque enseignant, puisque chacun peut avoir à agir en surveillance de cour. Elle serait doublée pour les enseignants qui ont un élève avec un PAI pouvant nécessiter des gestes médicaux particuliers.

 

L’inscription de l’école dans la collectivité locale et nationale

 

Les participations aux commémorations dans le cadre du devoir de mémoire, les projets de classe de découverte, les projets culturels, artistiques ou sportifs avec les partenaires doivent être valorisés à la hauteur de l’engagement.

Il en va de même pour les moments de partage, où l’enseignant crée du lien avec les familles, lors des fêtes d’école, des marchés d’hiver ou des journées portes ouvertes. Cela contribue au bon climat scolaire, il faut donc valoriser cet engagement. 

Notre syndicat relève qu’il existe dans ce domaine des pistes d’indemnités à instaurer. Qu’elles concernent une de ces activités ou certaines d’entre elles, leur création permettrait de reconnaître officiellement un engagement en faveur tant de l’école que de la société dans son ensemble. C’est aussi ici le rôle social de l’enseignant qui serait valorisé.

Au SNE, les idées pour améliorer la rémunération des enseignants du premier degré ne manquent pas. Avec nos propositions, l’engagement, la prise de responsabilités et la complexité du service pourraient être valorisés.

Philippe Ratinet

Secrétaire général aux publications

Faites entendre votre voix : aidez-nous à obtenir ce qui devrait nous revenir

Le Grenelle de l’éducation est ouvert. Les négociations sur la revalorisation des enseignants sont déjà entamées. Elles vont se poursuivre pour engager la France sur plusieurs années.

 

Le SNE est présent dans toutes les instances qui décideront du futur des rémunérations des enseignants. Nous y défendons les enseignants du premier degré, ceux que nous sommes les seuls à représenter exclusivement.

 

Soutenez notre action en signant notre pétition :

POUR une égalité salariale

entre le premier et le second degrés.

SNE -  Syndicat National des Ecoles

© 2016-2020 Syndicat National des Écoles - Directeur de la publication : Laurent Hoefman, président du SNE

Contact SNE  : Laurent Hoefman president@sne-csen.net

facebook.png