ACTUALITÉS NATIONALES

11 novembre 2020

La grève vue par le SNE

Le droit de grève en France est un droit à valeur constitutionnelle. Ce droit était historiquement refusé aux agents de la fonction publique. Il a fallu attendre 1950 pour que le conseil d’Etat considère que la grève était possible pour certains fonctionnaires, elle est néanmoins encadrée et codifiée.

 

La grève pour les enseignants en école maternelle et élémentaire

Théoriquement, un préavis de grève ne peut être déposé par une organisation syndicale (OS) qu’à l’issue d’une négociation préalable entre elle et l’Etat.

 

L’OS notifie à la hiérarchie ses revendications professionnelles et les personnels enseignants concernés (alerte sociale). Les deux parties disposent alors de 8 jours pour mener des négociations.

En cas d’échec de ces négociations, l’OS peut déposer un préavis de grève. Ce préavis doit parvenir à l’administration 5 jours avant le déclenchement de la grève. Les enseignants quant à eux doivent faire savoir à leur hiérarchie s’ils ont l’intention ou non d’être grévistes 48h avant le début de la grève. Cette déclaration d’intention n’engage en rien à faire réellement la grève.

Pour le SNE, la grève est l’arme ultime des enseignants vis-à-vis de leur hiérarchie. Cette arme, le SNE ne la rejette bien évidemment pas, mais il considère qu’il faut la manier avec parcimonie, de façon intelligente et adaptée.

 

Au SNE, nous avons le sentiment que le droit de grève est de plus en plus dévoyé et que cette arme devient émoussée à force de l’user à tort et à travers. La plupart des grèves actuelles dans l’Education Nationale sont des grèves « fourre-tout » et des grèves « de croisière ».

Ne vous y trompez pas ! Une grève d’un jour avec des revendications multiples et variées sont « perdantes – perdantes » : l’enseignant gréviste perd un jour de salaire (et l’Etat économise un jour de salaire) ; les seules personnes gênées par ces grèves sont les parents, les élèves et éventuellement les municipalités ; elles ne font avancer aucune revendication ; elles donnent à la société une image déplorable des enseignants et nos revendications légitimes deviennent alors inaudibles. Ces grèves sont d’ailleurs de moins en moins suivies et les dindons de la farce sont les enseignants grévistes.

 

L’exemple de la grève du 10 novembre 2020

Une alerte sociale avait été lancée par l’ensemble des OS (le SNE l’a approuvée). Cette alerte sociale portait sur nos conditions de travail liées à la crise sanitaire, notamment dans les lycées. Suite à cette alerte sociale, le gouvernement a fait évoluer le protocole, plus particulièrement dans les lycées. Quelques OS ont tout de même lancé un appel à la grève. Cette grève, quoi qu’en disent ces OS, a été très peu suivie par la profession : moins de 9% dans le primaire, moins de 12% dans le secondaire.

Conclusion : les enseignants grévistes ont perdu de l’argent pour rien, et l’opinion publique, qui devrait nous soutenir dans cette période de crise, se retourne contre nous.

Le SNE n’a pas appelé à la grève pour le 10 novembre 2020, malgré ses nombreux griefs contre le gouvernement actuellement : gestion désordonnée de la rentrée scolaire, hommage bâclé pour notre collègue Samuel Paty, inégalités persistantes de salaires entre le 1er et le 2nd degré, dossier « direction » qui s’enlise…

Nous avons besoin du soutien de l’opinion publique

Le SNE choisit de rester dans le dialogue, la négociation, l’argumentation. Nous sommes aussi conscients que notre pays vit des heures très dures.

Quand la grève devient banale, elle n’a plus aucun poids. La grève ne doit intervenir qu’en dernier recours, qui plus est dans la situation actuelle. Pour faire bouger les lignes et montrer nos revendications légitimes, il faut avoir l’opinion publique de notre côté. C’est possible.

 

Matthieu Verdier

Secrétaire général SNE

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