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ACTUALITÉS NATIONALES

5 février 2026

La violence envers les enseignants

La violence envers les enseignants est un sujet dont le ministère ne s’est emparé que très récemment. La DEPP (Direction de l'évaluation de la prospective et de la performance) a publié une première étude en matière de victimation en février 2025. Par contre, l’Autonome de Solidarité suit l’évolution de ce phénomène depuis longtemps. Ce qu’elle souligne correspond bien à ce que les enseignants vivent désormais au quotidien : la violence a fait son entrée dans les écoles et le phénomène prend une ampleur inquiétante aussi dans le 1er degré.

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La violence dans les écoles

Le constat effectué par la Depp est limpide. 84% des écoles publiques ne signalent aucun incident grave. C’est un constat plutôt positif, mais à nuancer, puisqu’il signifie que 16% des écoles ont signalé un incident grave, un chiffre sidérant, d’autant plus qu’il faut y ajouter les cas qui ont été ignorés car les collègues n’ont rien osé dire de ce qui leur est arrivé.Le constat est  triste : les enseignants du 1er degré exercent un métier à risque.

Ce risque est en augmentation dans des proportions que nous jugeons alarmantes. Selon l’Autonome de Solidarité (voir l’École à l’épreuve de la violence ordinaire), entre 2020 et 2025, les agressions contre les enseignants ont augmenté de 9%. Dans le même temps, le nombre de diffamations sur les réseaux a été multiplié par 3.

 

Autre élément d’importance, la DEPP relève que, dans le primaire, trois incidents sur dix sont imputables aux parents d’élèves et six sur dix sont imputables aux enfants. Un élève ne violente pas son enseignant ? L’image d’Épinal de l’élève de primaire prend elle aussi un coup au passage.

Le SNE l’a souvent rappelé au ministère, enseigner dans le premier degré n’est pas une sinécure. Les enseignants sont réellement exposés à la violence et ses sources sont multiples. A ce jour, il n’existe aucune reconnaissance salariale ou sur la retraite du risque encouru, qu’il soit physique ou mental. Et lorsque la violence est le fait d’élèves au comportement débordant, il n’existe aucune réaction institutionnelle pour protéger les enseignants. Une situation que notre syndicat a plusieurs fois dénoncée et sur laquelle il continuera de mettre la lumière.

 

Des adultes abandonnés face à la violence des enfants

 

Les enfants qui exercent des violences contre les enseignants, les AESH et les ATSEM sont des enfants qui ne se maîtrisent pas, soit parce que personne ne leur a appris à le faire, soit parce qu’ils ne le peuvent pas.

Dans le premier cas, le problème relève d’une carence éducative ou émotionnelle. Lorsqu’elle aboutit à des gestes ou à des paroles violents et répétés à l’égard des adultes, ce ne sont pas les seuls cours d’empathie qui règleront le problème. C’est aussi et parfois d’abord aux services sociaux qu’il revient de le traiter.

Dans le second cas, celui de la pathologie, ce sont des enfants pour lesquels l’institution n’a pas pu, de son fait ou pas, trouver la place dont ils ont besoin. C’est alors un choix institutionnel, de société, qu’il faut remettre en question. C’est pourquoi le SNE prône le passage d’une inclusion quantitative à une inclusion qualitative.

Nous le constatons sur tout le territoire, et l'Autonome de Solidarité le pointe également, le manque de moyens pour accompagner le développement de l’école inclusive est patent et source de violence dans les écoles. Les enseignants, les AESH, les élèves et les enfants supposés inclus subissent tous la violence institutionnelle du manque de moyens.

Il est indispensable de réagir face à cette montée de violence. Heureusement les enseignants osent de plus en plus signaler les violences qu’ils subissent via les fiches RSST. Le voile de l’ignorance institutionnelle se lève grâce à eux. Il est nécessaire d’aller plus loin, de ne pas rester dans une posture de victime consentante parce que c’est un enfant qui exerce de la violence sur un adulte.

Il est primordial d’oser dire ce que nous subissons dans les écoles, d’exiger la possibilité d’exercer notre métier en toute sécurité. Notre employeur a le devoir de nous protéger sur notre lieu de travail. Que l’agresseur soit un enfant ne change rien. Nous n’allons pas à l’école pour être frappé, violenté ou insulté. La société a changé, cela impacte même les écoles. Vous n’avez pas à devenir les victimes expiatoires des frustrations ou du mal-être des uns ou des autres. La sécurité des personnels doit aussi être assurée dans les écoles.

C’est pour disposer d’une mesure de protection rapide et pragmatique que le SNE milite pour la possibilité de suspension à titre conservatoire d’un élève violent de manière répétée à l’encontre d’un adulte, que la violence soit volontaire ou pas.

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