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ACTUALITÉS NATIONALES

5 mars 2026

Les écoles, des lieux à risques

L’image d’Épinal du professeur des écoles, celle du notable investi de toute l’importance de celui qui détient et transmet le savoir, est bien loin. La société a changé, l’exercice de notre métier aussi.

 

Plus encore que les feux volatiles de l’actualité, la note annuelle de la DEPP (Direction de l’Évaluation de la Prospective et de la Performance) sur les signalements d’incidents graves souligne une fois de plus à quel point travailler dans une école peut se révéler dangereux pour les personnels, enseignants comme AESH.

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Les incidents sur lesquels porte l’enquête

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L’enquête de la DEPP porte sur les incidents graves, c'est-à-dire sur les  atteintes aux personnes, aux biens ou à la sécurité, impliquant un élève, un personnel, la famille d’un élève ou une personne extérieure à l’établissement. Cette enquête prend en compte uniquement les atteintes qui ont été signalées. Elle s'appuie donc sur des minimas. 

 

Notre syndicat a noté une évolution dans ce domaine. Aujourd'hui, les enseignants et AESH osent davantage indiquer officiellement qu’ils ont été victimes d’atteintes, y compris lorsqu’elles proviennent des enfants. C’est une saine évolution qui permet de mettre au jour la réalité de ce qui est vécu sur le terrain et donc d’essayer de faire évoluer les situations.


 

Maternelle ou élémentaire , aucun niveau n’est épargné

 

On recense 5 incidents graves pour 1000 élèves dans les écoles élémentaires, 3 pour 1000 dans les écoles maternelles. 44% des incidents graves ont lieu dans les écoles élémentaires, 42% dans les écoles primaires et 14% dans les écoles maternelles.

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Cette différence peut s’expliquer par le fait que 59% des incidents sont commis par les élèves. Il n’en reste pas moins que 30% des incidents proviennent des familles des élèves, ce que le second degré ne connaît que très peu.

 

Ces chiffres soulignent bien que le contact quotidien avec les familles est une source de conflit et donc de danger potentiel. Être au portail ou accueillir personnellement les élèves est loin d’être un acte anodin. On voit aussi que l’âge des enfants influe sur les passages à l’acte ou sur la gravité des faits. La réalité demeure, nous pouvons tous devenir la cible de nos élèves. C’est un constat que nous déplorons mais qui appelle à des évolutions dans la protection juridique des personnels.


 

Les incidents graves sont principalement des atteintes aux personnes

 

Les atteintes aux personnes représentent 87% des incidents graves reportés l’année scolaire dernière dans le premier degré. Les violences verbales représentent la moitié de ces situations, les violences physiques 34%. Le reste concerne d’autres formes d’atteintes (violence sexuelle, atteinte à la vie privée…). Pour être tout à fait précis, dans le premier degré, les victimes sont d’abord les personnels (61%) puis les élèves (26%).

 

Les propositions du SNE pour protéger les personnels

 

21% des écoles ont déclaré au moins un incident grave en 2024/2025, plus d’une sur cinq... Face à cette réalité, il est important de réagir afin de rendre aux personnels et aux écoles la sérénité qui devrait être la leur.

 

Pour ce faire, notre syndicat plaide pour l’instauration d’un système officiel de sanction dans le primaire, notamment via la possibilité de suspendre un enfant violent à l’encontre des adultes.

 

Nous militons aussi pour que les enfants qui ont besoin d’un suivi médical avant de pouvoir devenir élèves ne soient pas scolarisés dans les classes ordinaires faute de place ailleurs.

 

Le respect des enseignants et de l’ensemble de l’équipe pédagogique est fondamental. Il passe par une reconnaissance sociale qui validerait la qualité et l’importance du rôle de chacun. Cette reconnaissance exige, pour trivial que cela puisse paraître, une amélioration notable de la rémunération des enseignants et des AESH, tout spécialement dans le premier degré.

 

Il ne sera pas simple de redresser la barre, mais le SNE entend bien continuer de s’y employer. Il en va de la possibilité de continuer à exercer les métiers que nous avons choisis.

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SNE courrier du 25-03-03 .png
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