ACTUALITÉS NATIONALES
2 juin 2026
Zoom sur le nouveau référentiel métier des directrices et directeurs d’école : vers un "super directeur" dans les mêmes habits
La dernière version datant de 2014, le nouveau référentiel métier de la direction d’école était annoncé comme le blockbuster de l’année…
Soyons honnêtes, il ne présente rien de bien nouveau à part un élément sur la sécurité des personnels.
Sécurité et climat scolaire

Il s’agit d’un des domaines les plus développés depuis 2014. On y retrouve la suspension provisoire jusqu’à 5 jours pour un élève violent envers un autre (décret du 16 août 2023); on y rappelle les procédures de signalement et l’utilisation de l’application "Faits établissement".
Un détail attire notre attention : «Le directeur d’école peut prendre toute mesure permettant de veiller au bon fonctionnement de l'école, notamment pour faire cesser le comportement d’un élève qui fait peser un risque caractérisé sur la sécurité ou la santé d’un personnel.». Le SNE revendique cette possibilité depuis de nombreuses années ; pour autant, le référentiel ne détaille ni les mesures concrètes envisageables, ni les procédures exactes par lesquelles passer et laisse donc les directeurs seuls ou dépendants du bon vouloir des IEN.
Sur la question du PPMS, le directeur est perçu comme un garant : il assure la cohérence entre les services, identifie et met en œuvre des procédures communes (temps scolaire et périscolaire, scénarios des exercices…)
Une autorité fonctionnelle réaffirmée
Le texte reprend directement les effets de la loi Rilhac de 2021 et du décret de 2023.
Il formalise les pouvoirs du directeur jusqu’à présent énoncés de manière plus ou moins explicites.
Le directeur a autorité sur les enseignants, les AESH, le personnel territorial sur le temps scolaire (dont il «contrôle» l’activité), le personnel remplaçant, les intervenants et les éventuels AED. Il « arrête » la répartition des classes et le service des enseignants. Le conseil des maîtres se réunit, est consulté, donne son avis mais le directeur tranche, organise, arrête, contrôle…
Le directeur devient représentant local de l’institution scolaire, interlocuteur privilégié des collectivités (transition entre temps scolaire et périscolaire) et acteur des politiques publiques territoriales.
Une mention nous semble des plus malvenues : «Afin d’assurer une bonne continuité pédagogique, le directeur informe l’IEN et les services départementaux de l’absence d’un enseignant et s’assure que les élèves sont accueillis dans de bonnes conditions. Il informe les familles de l’absence d’un enseignant.»
Au SNE, il nous semble important de laisser chaque agent contacter sa hiérarchie en cas d’absence prévue ou non.
De plus, nous pensons que cette mention est en contradiction avec l’article L133-1 du code de l’éducation sur la gestion des absences non remplacées puisque le référentiel sous-entend que le directeur doit toujours s’assurer de l’accueil des élèves en cas d’absence d’un enseignant. L'idée que les équipes n'ont qu'à pallier le manque de remplaçants nous semble poindre dangereusement...
De coordinateur-animateur à pilote pédagogique
Le référentiel introduit la culture du pilotage par les résultats : objectivation, évaluation, analyse.
Le projet d’école devient par ailleurs l’outil principal du pilotage : il s’articule autour des priorités académiques et se lie aux évaluations, qu’elles soient nationales ou d’école.
Par ce jeu, l’administration veut essayer de donner une raison d’être à un document que toutes les écoles doivent remplir et qui reste souvent lettre morte.
Pour le SNE ce devrait être le contraire: le projet devrait répondre à un besoin local et non faire “semblant de”, en reprenant servilement ce qui vient de Paris ou de l’Académie.
Le directeur veille à la diffusion des instructions, des programmes officiels et des documents d’accompagnement. Il s’appuie sur les outils numériques de pilotage que sont le LSU, le LPI…
Il s’assure également des bonnes relations entre l'école et les familles.
Une logique managériale
Le directeur est désormais pensé comme un responsable d’équipe, un organisateur, un manager de proximité, en relation étroite avec l’IEN.
Ce lien de proximité avec la circonscription s’entend bien. Il ne faut pas qu’il soit dévoyé et que le directeur devienne une émanation de l’IEN qui pourrait ainsi se décharger de certaines tâches.
Il formalise, assure une traçabilité, diffuse, pour chaque réunion, ordre du jour et relevés de conclusions.
Ce référentiel n’est que le condensé des lois et décrets parus ces dernières années. Il semble nécessaire mais demeure insuffisant : le SNE doute que ce nouvel écrit puisse aider concrètement les directrices et directeurs en poste. Ils continueront à manquer cruellement de temps et de moyens pour assumer toutes les tâches qui leur incombent, sans oublier une rémunération à la hauteur de leurs responsabilités.
Vous pouvez compter sur le SNE pour porter à la connaissance du ministère l’ensemble des mesures concrètes qu’il a développées au sein de son projet pour faire évoluer la direction d'école.
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