ACTUALITES NATIONALES
17 septembre 2026
Les violences des élèves envers les personnels
Le SNE a été reçu au ministère le 15 septembre 2026, pour évoquer les violences perpétrées par des enfants sur les adultes (enseignants, AESH ou ATSEM) dans les écoles. Les cas se multiplient et demeurent majoritairement sans réponse satisfaisante, quand il y en a une. Notre syndicat a donc dressé l’état de la situation aujourd’hui et présenté un certain nombre de mesures pour que les choses changent.
Un constat qui fait froid dans le dos

Les violences, verbales ou physiques, subies par les adultes dans les écoles du fait des enfants, sont une réalité que l’institution ne veut pas voir. Cela s’explique par l’âge des enfants et le fait que l’institution se retranche souvent derrière la notion d’intentionnalité. «Ce n’est pas de sa faute. Il ne voulait pas faire ou dire ça.»
Pourtant, les personnels souffrent et les élèves qui subissent ces démonstrations ne peuvent que constater que, si les limites sont franchies au-delà de toute mesure, il ne se passe plus rien. Une bien étrange leçon sur le vivre ensemble.
Le ministère convient que le problème posé par les enfants «éruptifs» est une réalité et qu’il est nécessaire de réagir pour améliorer la situation.
Détourner les yeux n’a rien d’une solution. C’est la base du message que porte notre syndicat.
Les violences exercées par les enfants sur les adultes sont, souvent, le fait d’enfants concernés par l’école inclusive, qui ne bénéficient pas de toutes les mesures qui ont été notifiées ou préconisées pour leur inclusion. Leur AESH est absent ou présent sur seulement une partie du temps prescrit, ils n’ont pas de place dans l’établissement de soin qui leur serait nécessaire. Ces cas ne sont pas les seuls. Les violences sont aussi le fait d’enfants sans repères suffisants.
Le ministère reconnaît cette dualité. Il en tire comme conclusion qu’une solution unique ne peut pas répondre à des problématiques aussi différentes.
Pour le SNE, il est indispensable de regarder lucidement les choses sous l’angle des victimes des violences. Qu’un enfant explose au point de se montrer violent envers un adulte, quelle que soit la raison, est un événement grave qui ne peut pas rester sans conséquence. L’absence de réponse institutionnelle provoque un sentiment d’abandon et d’insécurité des personnels, une incompréhension des élèves et de leurs parents, ainsi qu’un éventuel sentiment d’impunité chez l’auteur voire chez ses parents. Ne rien faire, c’est laisser pourrir une situation qui ne pourra que se répéter.
Aujourd’hui, face à ces violences, les rares réponses apportées aux appels à l’aide des collègues sont souvent sidérantes : il leur est demandé de tenir car il n’y a pas de solution, on leur propose de créer des espaces d’isolement ou de défouloir dans leur classe, il leur est parfois reproché de ne pas avoir les bons gestes professionnels, on leur propose de se placer en arrêt maladie…
Le ministère s’est étonné de la teneur de ces remontées et a estimé qu’elles devaient être exceptionnelles.
Le SNE s’étonne de ce manque de connaissance du terrain. Notre syndicat estime que les rares réponses d’aujourd’hui sont inacceptables. Nous n’avons pas à venir travailler avec la boule au ventre parce que nous savons qu’un enfant «éruptif» nous attend à l’école et que nous sommes abandonnés face à ses excès, volontaires ou pas.
Les dispositifs à mettre en place
Le SNE milite pour l’extension du dispositif de suspension d’un élève à titre conservatoire aux cas de violence envers les adultes de l’école (enseignant, AESH ou ATSEM).
Cela permettrait aux adultes et aux élèves de souffler un peu et de constater qu’en société, des règles s’appliquent, y compris dans des situations extrêmes ou très particulières. Savoir que l’on est protégé, même si ce n’est qu’un peu et a posteriori, peut apaiser et rendre la vie à l’école plus supportable pour tout le monde.
Le ministère a semblé intéressé par notre revendication, d’autant plus qu’il nous a expliqué que la suspension en cas de harcèlement est pleinement opérationnelle et utilisée sur l’ensemble du territoire, ce qui n’était pas encore le cas il y a un an.
Le SNE propose aussi qu’une procédure de déplacement d’office d’école puisse être envisagée, à l’instar de ce qui existe lorsque les parents d’élèves se montrent violents envers un enseignant.
Lorsque la situation devient invivable ou qu’un blocage entre les équipes et les parents devient insurmontable, attendre la fin de l’année n’est pas une solution constructive. Redonner une chance de construire autre chose de plus sain ailleurs devrait pouvoir être une solution envisageable.
Le ministère nous a expliqué que, dans le cas d’un enfant porteur de handicap, s’il ne reçoit pas les aides dont il a besoin, un déplacement ne changera rien. Il nous a ensuite été expliqué que le changement existe dans le second degré et qu’il ne change rien à la situation de l’élève.
Ces réponses sont une manière d’éviter de parler des victimes des violences, ce que nous avons souligné à nos interlocuteurs.
Le ministère a alors pointé que les DASEN peuvent prononcer des changements d’école.
Pourquoi avoir mis cette possibilité en place si l’administration estime qu’elle est inutile ?
Notre syndicat avance aussi que, en cas d’absence de l'AESH, l’équipe devrait pouvoir décider de ne pas accueillir l’enfant.
L’idée n’est pas de détériorer une situation familiale en général déjà complexe mais d’éviter des drames dans les écoles.
Pour le ministère, cette proposition reviendrait à ouvrir la porte vers une ségrégation des élèves. C’est une analyse que nous ne partageons pas.
A l’issue de cet entretien, nous pouvons dire que le ministère réalise qu’il se passe des choses inacceptables dans les écoles, mais il se positionne d’abord et surtout sur la recherche de solution pour les élèves qui explosent, pour conclure qu'il n'y en a pas. Le SNE refuse cette voie sans issue.
Le SNE a souligné l’importance de porter aussi assistance aux victimes directes (les adultes) et indirectes (les autres élèves). Leur besoin de répit est patent. Le ministère l’admet, mais ses réponses actuelles demeurent bien insuffisantes.
Le SNE continuera donc à porter ses revendications pour protéger les personnels, propositions qu’il est aujourd’hui le seul syndicat à défendre.
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