ACTUALITES NATIONALES
5 novembre 2026
Rémunération des PE : l’indemnitaire en premier lieu, l’équité pour principe !
Le SNE porte des revendications pour l’amélioration des conditions de rémunération des professeurs des écoles qui ne passent ni par une augmentation du point d’indice, ni par une modification des grilles indiciaires.
C’est parce que nous avons une approche spécifiquement centré sur le 1er degré que notre syndicat se positionne ainsi. Notre revendication ne cherche nullement à créer de dissension entre les enseignants des deux degrés mais nous aspirons à la mise en place d’une forme d’équité.

Le professeur des écoles demeure le parent pauvre de l’Éducation nationale

Depuis la première tentative de réforme des retraites du président Macron, la question de la rémunération des enseignants est sur la table, de manière globale. Outre un déclassement général évident, certaines catégories d’enseignants ont été pointées comme particulièrement défavorisées. Parmi elles : les entrants dans le métier et les enseignants du 1er degré. Ce constat effectué par le SNE depuis longtemps a été dressé par le Grenelle de l’éducation, par l’OCDE et par le ministère. Au crépuscule de la décennie Macron, on peut constater que quelques premières mesures ont été prises globalement en faveur des enseignants, auxquelles se sont ajoutées des mesures ciblées sur les débuts de carrière.
Pour le SNE, un fait demeure: aucune mesure de revalorisation spécifique n’a été actée en faveur des enseignants du 1er degré. Professeurs au même titre que les certifiés, à progression de carrière et grilles indiciaires identiques, les professeurs des écoles touchent toujours en moyenne entre 350 et 400 € de moins par mois que leurs homologues du 2nd degré.
Promouvoir l’équité entre PE et certifiés

Il n’existe aucune différence de niveau de rémunération indiciaire entre un PE et un certifié. Tout se joue ailleurs. L’écart du niveau de rémunération, 350 à 400 € par mois en moyenne, tient à la possibilité qu’ont les uns et pas les autres de réaliser des heures supplémentaires et à l’étendue du régime indemnitaire dont ils bénéficient.
Nous regrettons la chute vertigineuse du pouvoir d’achat des enseignants et la faible revalorisation du point d’indice au courant des dernières années. Cependant, militer pour une amélioration salariale via le point d’indice ou un changement dans les grilles revient donc à conserver l’écart qui existe aujourd’hui entre des professionnels que rien ne devrait pouvoir distinguer au niveau de leur rémunération. Depuis quelques années, cet écart est devenu tellement important que, pour l’INSEE, le métier de professeur des écoles est classé dans le groupe socio-professionnel 4 "professions intermédiaires" alors que celui de professeur certifié appartient au groupe 3 "cadres et professions intellectuelles supérieures". Voilà une autre preuve du déclassement spécifique des PE.
C’est pour renverser la vapeur et pour que les spécificités de l’exercice dans le 1er degré soient enfin reconnues que le SNE milite pour une indemnité de vie scolaire. Celle-ci permettrait de rémunérer les PE pour les activités qui ne relèvent pas de l’enseignement mais qu’ils accomplissent aujourd’hui gratuitement : la surveillance des récréations, l’accueil et la surveillance avant la classe, la gestion des absences, l’accompagnement après la classe…
Notre syndicat revendique aussi l’alignement de la partie variable de l’ISAE sur celle de l’ISOE. Cela permettrait de tenir compte du fait que tous les PE sont professeurs principaux de leurs classes. Ils accompagnent et suivent un groupe d’élèves toute l’année, c’est le principe même de la mission de professeur principal.
Nos revendications visent à rééquilibrer ce qui ne l’est pas : la situation financière des PE par rapport à des collègues de même niveau universitaire. La mise en œuvre de nos revendications coûterait bien moins cher à l’État qu’une augmentation du point d’indice ou une réévaluation des grilles indiciaires. Notre syndicat accueillerait bien évidemment ces mesures avec satisfaction, mais, au vu de l’état des finances de notre pays et de la gestion comptable en vogue actuellement, nous n’y croyons guère. Pour nous, la véritable défense des intérêts des PE passe en premier lieu par l’élargissement du régime indemnitaire dans le 1er degré.
Le SNE fait le choix de porter cette revendication pour les enseignants du premier degré. Si vous partagez notre analyse, nous vous invitons à nous soutenir lors du scrutin de décembre 2026 en votant et en faisant voter pour les listes du SNE.
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