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ACTUALITÉS ACADÉMIE D'AMIENS

3 avril 2026

Soutien aux collègues de l'école de Cauffry (60)

Chers collègues,

 

Ce lundi 30 mars, nous étions là. Devant votre école, à l'heure où les portes s'ouvraient sans vous. Ce n'était pas un geste symbolique. C'était un devoir.

 

Nous avons vu. Nous avons entendu. Devant nous représentants du SNE 60, devant des familles, devant des enfants, devant les remplaçants, un parent a tenu publiquement des propos que rien ne justifie : vous accusant de maltraitance, de signalements abusifs, de négligence. Des mots qui salissent. Des mots qui font mal. Des mots qui s'inscrivent dans la continuité exacte de ce qui s'est passé en conseil d'école le 27 mars et de tout ce que vous subissez depuis six ans.

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Six ans. Pas quelques semaines de tensions. Pas un malentendu passager. Six ans d'une pression constante, d'interventions qui outrepassent toutes les prérogatives d'une municipalité, de remises en cause publiques de votre professionnalisme, d'ingérences dans vos choix pédagogiques, dans l'organisation interne de votre école, des domaines qui relèvent exclusivement de l'Éducation nationale et de personne d'autre.

 

Vous avez alerté. Vous avez signalé. Vous avez tenu. Et pendant tout ce temps, l'institution n'a pas su agir avec la fermeté nécessaire pour garantir votre sécurité et votre protection.

 

Cette insuffisance, nous ne pouvons pas l'accepter. Cette insuffisance, nous ne l'acceptons pas.

 

Aujourd'hui, 100 % des enseignants titulaires de votre école sont en arrêt de travail simultanément. Une équipe chevronnée, dont certains membres exercent dans cette école depuis plus de vingt ans. Des professionnels dont l'engagement et le professionnalisme ne font aucun doute et ne devraient faire aucun doute pour personne.

 

Quand une telle équipe s'effondre collectivement, ce n'est pas l'équipe qu'il faut interroger : c'est le cadre dans lequel elle a été  laissée.

 

La réponse de l'institution ? Déployer des remplaçants. Assurer la continuité. Permettre à une élue locale de signer elle-même le mot affiché sur la porte de l'école pour informer les familles comme si la gestion de votre école lui appartenait.

 

Elle ne lui appartient pas. Elle ne lui a jamais appartenu.

 

Ce matin, la maire de votre commune s'est attribuée un « succès ». Pour nous, c'est une ingérence de plus, dans une longue série d'ingérences qui vous ont durablement mis à mal individuellement et collectivement. L'Éducation nationale n'est pas là pour flatter l'ego d'une élue locale. Elle est là pour protéger ses agents.

 

Nous avons, à ce jour, engagé plusieurs actions auprès du Directeur académique de l'Oise ainsi qu'auprès des services de l'Etat. La situation l'exige.

 

Mais, aussi nécessaires soient-elles, ces actions ne sont pas l'essentiel du message que nous voulions vous adresser en premier.

 

Ce que nous voulions vous dire, c'est ceci :

 

Vous n'êtes pas seuls. L'ensemble de vos collègues du département de l'Oise se tient à vos côtés, d'une voix unique, sans réserve et sans ambiguïté.

 

Cette unanimité n'est pas une formule. Elle est réelle. Elle est profonde. Parce que, ce que vous défendez là, le droit d'exercer votre métier dans la dignité, sans pression illégitime, sans avoir à choisir entre votre santé et votre conscience professionnelle, c'est ce que nous défendons tous.

 

Ne doutez pas de vous. Ne doutez pas de votre valeur. Ce que vous subissez n'ést pas acceptable. Ce que vous avez construit, année après année, au service de vos élèves et de la République, personne ne peut vous le reprendre.

 

Prenez soin de vous !

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