ACTUALITÉS ACADÉMIE DE LYON

28 mars 2019

Pour qui sonne le glas

Le suicide de Jean Willot marque la fin, la fin de la bienveillance, la fin des illusions que nous pouvions encore entretenir sur notre position au sein de notre société. La gloire de mon père est fanée.

Des parents écrivent parfois pour se plaindre de nous

 

Nous le savons tous. Ces courriers nauséabonds presque toujours remplis de griefs et vides de réalité sont en règle générale voués à l'abandon administratif. Mais quand ils sont révélés ou suivis par l'administration, ils peuvent devenir destructeurs, constituer un choc pour le collègue concerné, choc qui peut conduire à un arrêt, parfois prolongé. Dans notre académie, le SNE suit et épaule plusieurs collègues placés dans cette position difficile par des parents revanchards. 

Ces situations sont un danger que nous risquons tous de rencontrer lors de nos carrières. L'appui d'un syndicat, d'une assurance professionnelle, d'une équipe, de ses proches, de la hiérarchie, tout cela devrait concourir à nous aider à sortir de ce genre d'ornière. En théorie. Aujourd'hui, la défiance est reine à l'encontre des enseignants. En retour, ils n'espèrent plus rien d'une institution dont le premier réflexe est de sermonner ses pairs plutôt que de les protéger.


 

Et si, plutôt que d'envoyer une réclamation à un IEN ou à une DSDEN, un parent porte plainte ?

 

Tout bascule. La fin tragique de Jean Willot  en est le triste exemple.

Mis en accusation, il a été convoqué par l'institution judiciaire, convoqué par sa hiérarchie, et appelé chez lui par des parents d'élèves. Bien que placé en arrêt maladie, soutenu par son équipe, son épouse et assisté par son syndicat, notre collègue a commis l'irréparable.

Où était la confiance de notre ministère dans les collègues à ce moment-là ? Où étaient la bienveillance, la primauté accordée à la parole des enseignants ? Et le respect de la présomption d'innocence ? Il a fait défaut et l'ordre républicain a failli.

Avec Jean Willot, c'est une certaine idée de la situation de l'enseignant dans notre société que l'on enterre définitivement. Sans catastrophisme, on peut désormais affirmer qu'un danger nous guette au quotidien et qu'il peut s'avérer mortel.

 
C'EST INSUPPORTABLE !
C'est pourquoi le SNE vous convie à manifester pour dire
stop au massacre des profs et de l'école.

Philippe Ratinet

Secrétaire académique Lyon

SNE -  Syndicat National des Ecoles

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