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SNE34
WANTED : Mais où sont passés les 60 000 postes ?

 

10 décembre 2015

Le SNE-CSEN pourrait se satisfaire en apprenant que 6 639 postes seront créés dans le primaire pour la rentrée 2016. Néanmoins, nous avons des raisons d'être circonspects lorsqu'on examine en détail les critères de répartition des postes.

Explications :

4 critères sont pris en compte :

1/ L'évolution démographique
La France comptera 533 élèves de moins en primaire à la rentrée 2016. Mais la situation est très inégale selon les académies. Seules 13 académies verront leur nombre d'élèves augmenter. Pourtant et étonnamment, l'Administration créera au total 45 postes supplémentaires. Même si ce nombre peut paraître satisfaisant au vu du contexte, l’État ne se contente-t-il pas de peu au regard des promesses lancées en 2013 ? 60 000 créations d'ici à 2017 ! On peut se demander aussi quelle sera la nature des postes créés : s'agira-t-il de postes devant élèves ou non ?

 

2/ Les critères sociaux
Conformément au principe d'équité prôné par l'actuel gouvernement, le premier degré gagnera 1 643 postes selon les critères sociaux pour renforcer l’accompagnement des élèves socialement plus fragiles. Si Créteil (+200), Lille (+155), Montpellier (+125), Lyon (+100), Versailles (+90) et Aix-Marseille (+90) sont bien loties, les autres académies ne dépassent guère les 30 à 40 créations de postes. Pire, celle de Limoges obtient 10 postes supplémentaires, celle de Clermont-Ferrand et celle de Corse, 3 seulement.

3/ La ruralité
Seuls 120 postes sont créés grâce aux protocoles ruraux destinés à mieux prendre en compte les besoins de la ruralité. Seules 11 académies seront dotées (allant de 5 postes pour Montpellier jusqu'à 25 postes pourToulouse). Certaines académies comme Lille n'en bénéficieront donc pas. Plutôt étonnant lorsque l'on sait qu'un rapport* concernant cette région démontre que la misère sociale y est plus présente en campagne qu'en ville !

4/ La priorité au premier degré
En ce qui concerne la priorité au primaire (scolarisation des moins de trois ans, plus de maîtres que de classes, remplacement et formation continue), 2 027 postes seront créés. Par académie, les chiffres fluctuent de... +2 (Corse) à... 300 (Créteil). Comment peut-on parler de priorité donnée au premier degré lorsque l'on apprend que 17 académies se verront dotés d'au maximum 45 postes supplémentaires, que 11 académies bénéficieront de 45 à 90 postes en sus et que seules 5 en auront plus de 100 (Créteil +300, Versailles +220, Nantes +120, Lyon +100 et Montpellier +100) ?

 

Répartition des postes supplémentaires

Comment dans 80 % des académies pourra-t-on exercer convenablement cette priorité ?
Comment pourra-t-on améliorer la scolarisation des moins de 3 ans (même si le SNE n'y est pas forcément favorable) ?
Comment pourra-t-on généraliser le "plus de maîtres que de classes" dans les REP et REP+ ?
Comment pourra-t-on mettre en place une couverture totale des besoins en remplacement ?
Comment pourra-t-on proposer à TOUS les enseignants une formation continue plus que nécessaire dans le contexte actuel ?


Au final, ces 6 639 postes nous paraissent bien dérisoires !!! Le SNE pense que les efforts, bien que réels, sont loin d'être aboutis. Il manque en effet encore 20594 postes pour parvenir à la promesse présidentielle des 60000 postes en 2017... Il serait très surprenant que ce nombre soit atteint en 2017. Le SNE y veillera néanmoins !

Olivier Bultel,
délégué SNE62

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