ACTUALITÉS NATIONALES

2 février 2018

Petite annonce du bon coin...

"ÉCHANGE JOUR DE CARENCE

CONTRE

VISITE MÉDICALE DU TRAVAIL OBLIGATOIRE"

Non, c’est de l’humour : le SNE ne se résoudra jamais et sous aucun prétexte à accepter l’ignominieux jour de carence.

 

Par contre, nous continuons d’exiger une médecine du travail pour une profession qui en a plus que jamais besoin.

Depuis quand n'avez vous pas été convoqué(e) par le médecin du travail ?

 

Depuis quelques mois, si vous êtes PFSE ou débutant, en revanche depuis 10 ans, 20 ans, 30 ans et même 40 ans si vous partez cette année à la retraite. Et oui, vous l'avez vu lors de votre recrutement (sauf si vous bénéficiez d'une priorité médicale) donc il y a longtemps, trop longtemps. Le SNE ne cesse de le dénoncer. C'est d'ailleurs, la seule obligation que notre administration semble vouloir respecter.

 

Selon le DGAFP qui gère la fonction publique, les services de santé du travail ont pour mission exclusive d'éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail. Lors du recrutement, chaque agent de la fonction publique passe un examen médical pour vérifier son aptitude générale à exercer un emploi public. Depuis le premier janvier 2017, la visite médicale d'embauche a été remplacée par la VIP : visite d'information et de prévention. Nuance sémantique. Le SNE prend note.

 

Au cours de sa carrière, l'agent public doit passer régulièrement des examens médicaux pour vérifier la compatibilité de son état de santé et son évolution avec son poste d'affectation. Génial, le SNE est d'accord.

 

A l’Éducation Nationale, les agents ont droit tous les 5 ans à un examen médical par la médecine préventive. Le SNE entend bien faire respecter la loi.

 

Le site internet education.gouv.fr précise que les médecins de prévention interviennent dans le domaine de la santé et du bien-être au travail des personnels de l’Éducation Nationale... Vous avez bien lu. Le SNE pouffe.

 

La médecine du travail a aussi un rôle de conseil auprès de l'administration pour améliorer les conditions de travail et prévenir les risques majeurs de notre métier. On croit rêver! La voilà, la bienveillance chère à notre employeur mais un peu fictive selon le SNE. Elle conduit aussi des études et enquêtes épidémiologiques puis présente chaque année un rapport d'activité de la médecine de prévention à l’Éducation Nationale. Il s'en passe des choses dans notre grande maison. Où est-il ce rapport ?

 

Cette mission est impossible quand on sait, qu'il y a environ 1 médecin estampillé Éducation Nationale pour 15 000 agents. En 2014, il y avait 83 médecins (équivalent 64 temps plein) pour le million que nous sommes dans notre ministère. Dérisoire. Cela dit, on peut comprendre les médecins qui, après de nombreuses années d'études se voient offrir des salaires bien moindres à l'EN qu'ailleurs. Ceci engendre un turn-over important laissant même parfois des académies sans médecin...Donc soyez heureux quand, dans votre académie, il y en a « un »… même s’il est à plus de 2 heures de route !


 

On ne fait pas exprès d'être malade !

 

Et pourtant, dans notre métier, la médecine préventive est déterminante. Les professeurs sont plus que d'autres confrontés à la maladie. En effet, nous côtoyons au quotidien des enfants sujets à toutes les maladies infantiles avec moins de défenses immunitaires donc plus fragiles et susceptibles d'être affectés à chaque virus. En classe, nous sommes dans une bulle microbienne où chacun se transmet ses maladies sans épargner la maîtresse ou le maître. Et encore, il s'agit seulement des épidémies (mais, soyons sereins, l’Éducation Nationale publie une étude épidémiologique annuelle).

 

Il serait tout aussi important de prévenir avant de guérir nos maladies professionnelles récurrentes (pénibilité, mal de dos, perte de la voix, maladies liées au bruit, dépression, burn-out...). Le SNE pense que la prévention coûte moins cher que la guérison...

 

Le nombre de maladies professionnelles augmente de plus en plus, renforcé par les dégradations des conditions de travail et du recul de l'âge du départ à la retraite.

Pendant ce temps, l’Éducation Nationale ne respecte pas ses obligations : 99% des agents ne bénéficient pas de la visite médicale obligatoire. L’État aurait-il le droit de ne pas respecter les lois qu'il fait voter ?

 

Pourtant, le Journal Officiel du Sénat en 2010 relate une question écrite du sénateur Jean-Marc Todeschini sur l'état désastreux de la médecine du travail à L’Éducation Nationale. En réponse, le ministère s'était engagé  «  à recruter 80 médecins en plus, favoriser l'accompagnement des personnels durant leur carrière par un suivi médical continu pour les risques physiques et psychosociaux et d'encourager une meilleure prise en compte du bien-être au travail (… /...) Un bilan de santé devait être proposé à tous les enseignants de 50 ans à partir de 2011. »

 

Vous a t-on proposé cette consultation chers collègues de 50 ans et plus ?

Le SNE n'a rien vu...

 

Notre administration préfère mettre en place un jour de carence plutôt que d'instaurer une médecine préventive de qualité digne de ce nom.

C'est inacceptable : le SNE considère ce dossier comme prioritaire et a décidé d'interpeler le ministre à ce sujet.

 

Patrick Champromis

Délégué SNE 83

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