ACTUALITÉS NATIONALES

5 octobre 2019

Agde : une collègue frappée, menacée de mort et insultée par une famille...

Le SNE intervient auprès de la DSDEN et du ministère

Matthieu Verdier, secrétaire départemental du SNE34, a accompagné la victime dans ses démarches et a interpelé le DASEN et le ministère face au manque de soutien de l'IEN.

Lundi 30 septembre : une agression filmée

 

Ce lundi 30 septembre 2019, une collègue de l'école Jules Verne du Cap d'Agde a été frappée, menacée de mort et insultée par une famille d'élève au sein même de son établissement. Elle a eu pour le moment 15 jours d'arrêt. Les faits se sont déroulés dans le bureau du directeur en fin d'après-midi.

Sur les conseils du SNE, elle a bien évidemment déposé plainte (mais sans la vidéo, jugée irrecevable), saisi le CHSCT, fait une déclaration d'accident de service et demandé la protection fonctionnelle.

 

Plus tôt dans la journée, la collègue avait séparé une bagarre entre deux élèves. La famille n'a pas supporté qu'un enseignant "touche" à l'un de ses enfants (en fait, la collègue ne l'a même pas touché). Cette famille est donc venue se plaindre au directeur et a exigé de voir l'enseignante. L'entretien a très vite tourné à l'agression et notre collègue a eu la présence d'esprit de filmer la scène. La vidéo est d'une rare violence : insultes, menaces de mort répétées et violences physiques envers l'enseignante.

Ce qui est arrivé à notre collègue pourrait arriver à chacun d'entre nous, ne nous trompons pas. Depuis trop d'années notre institution a fermé les yeux sur des actes inadmissibles au sein des écoles sous couvert de bienveillance. Il faut que cela cesse. Les enseignants ne doivent plus venir à leur travail avec la boule au ventre. L'institution doit les protéger de toute agression.

 

Mardi 1er au jeudi 3 octobre : une première réaction de la hiérarchie inadmissible

 

La réaction de la hiérarchie est digne d'une mauvaise comédie. Vous n'allez pas le croire.

3 jours après l'agression la collègue n'avait reçu aucun soutien de l'administration. Pire, on lui reprochait d'avoir filmé la scène, d'avoir attisé la colère de la famille. On marche sur la tête.

L'IEN est venu rencontrer l'équipe enseignante sous le choc jeudi 3 octobre midi. Les réponses apportées lors de cet entretien étaient de très loin insuffisantes voire presque risibles  : il s'engageait à faire un courrier de soutien à la collègue agressée et proposait une formation « gestion de conflit » à l'équipe.

 

L'IEN a utilisé la fameuse technique de la culpabilisation des enseignants (arguant que la situation n'avait pas été bien gérée par l'équipe et que la scène n'aurait pas dû être filmée). Mais le SNE ne l'a pas laissé faire. Pendant ce temps là, la famille continuait de scolariser tranquillement son enfant à l'école, en paradant de leur toute-puissance.

 

Le SNE a apporté son soutien, ses conseils et sa protection à cette collègue agressée sur son lieu de travail ainsi qu'à toute l'équipe enseignante.  Pour le SNE, il était hors de question que la collègue revienne à l'école si la famille en question y était encore. Il était hors de question que l'administration impose à la collègue de changer d'école.

 

Jeudi soir : le SNE a envoyé la vidéo à monsieur le DASEN et à monsieur le Ministre

Ces mails ont eu l'effet escompté : l'administration a enfin pris conscience de la gravité de la situation et a réagi de façon adéquate dès vendredi matin :

- M. le DASEN et Mme la Rectrice ont téléphoné personnellement à la collègue agressée afin de l'assurer de leur soutien ;

- la collègue agressée a été accompagnée au commissariat par l'EMAS (Équipe Mobile Académique de Sécurité) pour compléter son dépôt de plainte avec la vidéo (qui avait pourtant été jugée "irrecevable" mardi) ;

- l'administration a proposé un suivi psychologique à notre collègue, suivi qui a pu débuter dès ce vendredi ;

- la famille incriminée devra changer son fils d'école dès lundi ;

- Mme la Rectrice, M. le DASEN, M. le Sous-Préfet, M. le Maire d'Agde, ... se sont déplacés à l'école vendredi après-midi afin d'apporter leur soutien à l'équipe pédagogique ;

- une formation "gestion de crise" est proposée à l'équipe enseignante dès mercredi.

Tout cela, ce sont les actes forts de la part de notre institution que le SNE34, la collègue et l'équipe enseignante attendaient. La réaction a été rapide et efficace... dès lors que le SNE34 a interpelé M. le DASEN et le ministère directement.

Un protocole défaillant

Les protocoles d'alerte ont été plus que défaillants. La technique de culpabilisation envers les enseignants utilisée en première intention n'a pas fonctionné grâce à l'intervention du SNE. Que se serait-il passé si cette collègue n'avait pas eu le réflexe de faire appel à un syndicat ?

Quoi qu'il en soit, le SNE est désormais pleinement satisfait du traitement de la situation de la part de notre hiérarchie. Nous suivrons bien évidemment la collègue agressée sur les court, moyen et long termes.

Ne laissons plus les insultes, les menaces et les coups entrer dans nos écoles

Nous ne pouvons plus continuer à exercer notre métier dans ces conditions.

Le SNE vous conseille d'apposer l'affiche "Stop aux incivilités" sur les portes de vos écoles et vous encourage à transmettre des faits établissements dès que vous estimez qu'un parent ou un élève vous manque de respect.

Vous pouvez compter sur le SNE pour vous soutenir, vous conseiller et vous protéger en cas de besoin.

Matthieu Verdier

Secrétaire départemental SNE34

NB : le SNE se refuse de diffuser la vidéo de l'agression. La collègue est en total accord avec cette décision. Il en va de sa sécurité.

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Le SNE vous invite à utiliser cette affiche afin de rappeler la loi à tous les usagers de l'école.

Si vous avez besoin de soutien ou de conseils,

SNE -  Syndicat National des Ecoles

© 2017-2019 Syndicat National des Écoles - Directeur de la publication : Laurent Hoefman, président du SNE

Contact SNE  : Laurent Hoefman president@sne-csen.net

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