ACTUALITÉS NATIONALES

23 septembre 2020

Direction : la délégation de compétences

Groupe de travail ministériel du 23/09/2020

Mercredi 23/09, le SNE a participé au ministère au deuxième groupe de travail sur la direction d’école. Cette réunion avait un caractère d’autant plus spécial que ce jour était celui de l’anniversaire du suicide de Christine Renon, notre collègue directrice.

 

En préambule, l’administration affiche une volonté de trouver des solutions. Un pré-bilan est d’ores et déjà annoncé pour la mi-octobre avec M. Blanquer.

 

Il est aussi rappelé que le sujet de la rémunération sera abordée au prochain GT. L’indemnité de rentrée de 450€ a été adoptée au Comité Technique Ministériel. Elle a vocation à être pérennisée.

Cette volonté est une bonne nouvelle. Le SNE regrette tout de même le choix de ne pas verser cette indemnité aux directeurs en poste ou faisant fonction lors de la crise sanitaire l’année scolaire dernière. Pour notre syndicat le versement de cette indemnité constitue un premier pas intéressant qui en appelle bien d’autres.  Le chemin qui reste à parcourir sur le dossier de la direction demeure très, très long.

 

 

La délégation de compétences

 

Sur ce point, le SNE a milité pour que cette délégation ait pour corollaire un moindre contrôle des IEN. Une délégation de compétences serait une avancée car elle octroierait plus de liberté d’action aux directeurs.

 

Nous avons aussi rappelé que pour exercer correctement une délégation de compétence, il faut du temps. Les quotités de décharge doivent être adaptées à la réalité actuelle mais aussi pouvoir permettre de faire face à une éventuelle délégation de compétences.

 

Notre syndicat a insisté sur la nécessité d’instaurer un libre choix des formations.

 

L’administration explique ensuite que la délégation doit permettre de gagner du temps en évitant d’avoir à valider trois fois une décision.  La confiance au directeur doit être le principe.

La question des décharges revient à définir un ordre de grandeur. Pour le ministère, l’ampleur des décharges à octroyer, notamment pour les écoles de 1 à 3 classes, pose un problème de moyens humains. Le ministère conclut sur ce sujet en demandant aux organisations syndicales comment elles envisageraient les choses.

 

 

Donner du sens au temps de décharge

 

Le SNE a rappelé la situation critique dans laquelle se trouvent aujourd’hui les directeurs d’école.

Pour notre syndicat, le décret de 89 doit être appliqué. Les décisions prises en équipe devraient être suivies, pour les redoublements ou le choix de la répartition pédagogique par par exemple. En l’état, le SNE estime qu’il est impensable d’accepter des missions supplémentaires.

Notre syndicat a rappelé la nécessité de penser à tous les directeurs, quelle que soit la taille de leur école et souligné que des 1/3 de décharge n’ont pas de sens sur 4 jours.

 

Le ministère poursuit la discussion en détaillant les volets sur lesquels la délégation de compétences devrait porter :

  • Le rôle du directeur auprès des PES ou néo-titulaires.

  • L’école inclusive, la coordination PIAL et la gestion des autres personnels.

  • Le lien avec le péri et l’extra-scolaire, l’organisation PEDT.

  • Le rapport entre l’IEN et le directeur (échange, responsabilisation)

 

Pour le SNE, c’est la seule approche possible. Il est indispensable de redéfinir la direction d’école aujourd’hui. Pour cela, il faut commencer par les missions du directeur et l’éventuelle délégation de compétences, déterminer tout ce qui peut relever exclusivement du directeur et ce qui doit être réalisé en collaboration, notamment avec l’IEN.

Une telle démarche aboutira à plus d’autonomie pour les directeurs et à une simplification de certaines procédures puisque les directeurs auront autorité pour décider.

Valoriser le travail des directeurs

 

Le ministère reconnaît que les directeurs font déjà énormément. Pour lui, il est nécessaire de valoriser ce travail et d’octroyer des décharges en rapport avec le travail.

L’administration ajoute que la demande de plus de liberté ou d’autonomie pourrait simplifier la vie des directeurs. Elle propose de partir de ce qui se fait aujourd’hui et réclame des propositions précises :

1. Ce qui ne devrait plus être fait par les directeurs

2. Ce qui doit être fait par les directeurs

3. Ce qui ne mérite pas de validation

4. Ce que certains ont envie de faire

La délégation de compétence pourrait devenir « clarifions pour mieux travailler en confiance ».

L’administration conclut en envisageant une nouvelle piste : la délégation de compétences pourrait se décliner en fonction du nombre de classes.

 

Le SNE tire un bilan mitigé de cette réunion. L’impression de recommencer tout ce qui a été déjà débattu et discuté pas plus tard que l’année scolaire dernière est là. Contrairement à Pénélope, les directeurs n’attendent pas leur Ulysse. Il faut bouger, trancher.

C’est pourquoi le SNE apprécie l’affirmation de la volonté ministérielle de décider.

 

Des idées intéressantes et constructives ont été avancées. A peu de choses près, ce sont celles qui avaient abouti, après arbitrage, au projet de loi Rilhac. Rien n’est décidé pour l’instant. D’ici là, notre syndicat conserve l’espoir d’une réelle remise à plat de la situation des directeurs d’école et travaille pour l’obtenir.

Rendez-vous est pris pour le prochain GT.

Pierre Favre

Vice-président du SNE

Geoffrey Capliez

Secrétaire général du SNE

 

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