ACTUALITÉS NATIONALES

16 novembre 2020

Revalorisation ? Le 1er degré toujours à la traîne

Le SNE a été reçu lundi 16 novembre par JM. Blanquer. Le ministre nous a présenté les premières mesures adoptées en vue de la revalorisation des enseignants.

 

Les attentes en ce domaine sont grandes. Après de très longues années de vache maigre et d’effets d’annonce, maintenant, pour les enseignants, les promesses ne comptent plus. Seuls les actes seront entendus.

 

Un cadre budgétaire strict mais optimisé

 

Le ministre a confirmé ce qu’il avait déjà annoncé. Les mesures prises relèvent d’une enveloppe de 400 millions d'euros.

Celle-ci est prévue dans le prochain budget de l’État. Elle sera mise en œuvre dès janvier 2021. 

Notre syndicat avait réclamé que ces 400 millions soient intégralement dévolus à la revalorisation des personnels. Nous avons été entendus. Cela représente un gain de revalorisation de 150 millions par rapport au projet initial que le ministère nous avait soumis en février 2020.

 

Le SNE regrette cependant que ce montant ne soit pas plus élevé, au regard du nombre d’enseignants. Cette première marche ne permet évidemment pas -loin s’en faut- de remédier à tous les manques et retards qui grèvent notre profession depuis bien des années.

 

Ces 400 premiers millions doivent être complétés par plusieurs enveloppes cumulatives de 500 millions par an.

 

C’est là que le bât blesse. Pour le SNE, en l’état actuel des choses, les enseignants ne peuvent pas se projeter sereinement sur une revalorisation à venir dont rien n’est encore clairement défini. Il est donc indispensable de clarifier au plus tôt les objectifs visés. 

Au printemps dernier, la revalorisation était liée au nouveau régime de retraites. L’idée affichée était alors d’aligner le niveau de la rémunération des enseignants sur celui d’un attaché. Qu’en est-il aujourd’hui ? 

Notre syndicat réclame que des buts clairs soient annoncés et gravés au plus tôt dans le marbre de la loi.  

 

Les premiers acquis

 

La création d’une prime d’équipement informatique est actée. D’un montant annuel de 150€, elle permettra aux enseignants qui exercent devant élèves, y compris ceux des RASED, de financer leur outil de travail. 

 

Notre syndicat avait réclamé cette mesure et son universalité. 

Son montant est modeste, suffisant pour permettre l’achat d’un petit ordinateur tous les quatre ou cinq ans, mais pas plus. Le SNE souhaite maintenant qu’une procédure de revalorisation régulière permette de garantir son niveau dans notre pouvoir d’achat. 

Cette mesure est une avancée d’autant plus bienvenue après un premier confinement qui avait démontré l’importance de l’effort des personnels en matière informatique. 

 

Une mesure d’attractivité est décidée. Les rémunérations des enseignants de 15 ans d’ancienneté ou moins seront augmentées. Cela concerne 31 % des professeurs (tous degrés confondus). Les sommes ne seront malheureusement pas significatives pour tous les échelons. Elles représenteront jusqu’à 100€ net par mois dans le meilleur des cas.

Nous prenons acte d’une volonté de ne pas perturber l’équilibre qui existe aujourd’hui entre les deux degrés sur la grille indiciaire. Cela nous conforte dans la nécessité de passer par des primes pour obtenir l'équité avec le second degré.

 

Notre syndicat a d’ailleurs donné rendez-vous au ministère pour évoquer une évolution drastique du régime indemnitaire appliqué au premier degré. C’est par ce biais que nous pourrons obtenir une mise à niveau avec les collègues du second degré.

 

Le taux d’accès à la hors classe est à nouveau relevé. Il passera de 17 à 18 % des promouvables. Ce sont près de 1800 enseignants qui accéderont plus rapidement à la hors classe. C’est à la fois beaucoup et peu lorsqu’on ramène les chiffres à un département.

 

Le SNE prend acte de cette mesure. Celle-ci s’inscrit dans la continuité de ce que nous connaissons depuis la mise en œuvre du PPCR.

Le SNE salue  ce mouvement qui permet une meilleure concrétisation du déroulement de la carrière sur deux grades. Cela démontre bien qu’un engagement pluriannuel peut être tenu. Il faudra savoir s’en souvenir dans les prochaines semaines.

 

Les directeurs d’école bénéficieront d’une indemnisation améliorée. La prime de responsabilité annuelle de 450€ sera pérennisée. Le ministre a déjà parlé de son augmentation à venir. Un investissement en postes va être réalisé pour assurer l'effectivité des décharges dans les petites écoles.

 

Pour le SNE, ces mesures sont certes positives, mais encore très insuffisantes au regard de ce qu’attendent les directeurs. Il est indispensable qu’elles augurent d’une évolution d’une toute autre ampleur qui prennent en compte toutes les dimensions du métier de directeur

  

La question de la direction est traitée tant à l’agenda social que dans le Grenelle. Le ministre a, une fois encore, appelé de ses vœux des changements d’importance.

 

Pour le SNE, il ne peut y avoir d’autre issue qu’un changement radical, rapide et cohérent. Il s’agit d’une priorité absolue pour notre syndicat.

 

Une opportunité à saisir pour tous les enseignants

 

Dans le contexte de morosité actuel, il faudrait être particulièrement optimiste pour se satisfaire de ces premiers pas. Toutefois, ces annonces peuvent laisser penser que la revalorisation de notre profession ne sera pas lettre morte.

 

Il doit s’agir d’une première batterie de mesures, qui a vocation à être complétée régulièrement dans les années prochaines, à raison de 500 millions d'euros supplémentaires par an. Le ministre nous l’a affirmé. Le SNE ne manquera pas de le lui rappeler. 

 

Notre syndicat réclame désormais le plus rapidement possible des engagements clairs, des buts chiffrés, de quoi penser que nous serons tous bientôt les bénéficiaires d’avancées plus que légitimes.

 

Insister particulièrement sur le premier degré

 

Le SNE va participer aux travaux d’élaboration du projet de loi pluriannuelle sur la revalorisation des enseignants.

C’est dans ce cadre d’amélioration globale de la rémunération de notre profession que nous tenterons d’obtenir en plus une revalorisation spécifique au premier degré

 

A cette fin, notre syndicat a d’ores et déjà proposé des mesures pour une évolution radicale du régime indemnitaire dans le premier degré. Nous avons préconisé, et nous défendrons, des mesures d’alignement avec le second degré quand cela est possible ainsi que de nouvelles indemnités spécifiques à l’exercice dans le premier degré.

Rendez-vous est pris en février 2021 pour juger de la teneur et de l’ampleur des engagements qui seront annoncés par ce gouvernement pour notre avenir. Nous prenons acte de ce qui a été annoncé ce jour, mais nous ne pouvons pas nous en contenter.

 

Philippe Ratinet

Secrétaire général aux publications

Faites entendre votre voix : aidez-nous à obtenir ce qui devrait nous revenir

Le Grenelle de l’éducation est ouvert. Les négociations sur la revalorisation des enseignants sont déjà entamées. Elles vont se poursuivre pour engager la France sur plusieurs années.

 

Le SNE est présent dans toutes les instances qui décideront du futur des rémunérations des enseignants. Nous y défendons les enseignants du premier degré, ceux que nous sommes les seuls à représenter exclusivement.

 

Soutenez notre action en signant notre pétition :

POUR une égalité salariale

entre le premier et le second degrés.

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© 2016-2020 Syndicat National des Écoles - Directeur de la publication : Laurent Hoefman, président du SNE

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