ACTUALITÉS NATIONALES

25 novembre 2020

Prime d’équipement informatique : d’éventuels exclus ?

Dans le cadre de l’agenda social entre le ministère et les organisations syndicales, une concertation a eu lieu le lundi 23 novembre  au sujet du décret instaurant une prime d’équipement informatique.

 

Le SNE était bien sûr présent et a défendu, comme à son habitude, les intérêts des collègues du premier degré.

 

La prime d’équipement informatique est annuelle, d’un montant de 150 euros nets. Elle sera versée en janvier, à taux plein même pour les enseignants exerçant à temps partiel.

 

Ce montant est trop juste pour couvrir effectivement toutes les dépenses d'équipement engagées par les enseignants. Le SNE a d'ailleurs demandé qu'un dispositif de réévaluation de la prime soit institué.

Les conditions pour bénéficier de la prime

Tous les personnels enseignants sont visés

L’article 1 du projet indique : « Une prime d’équipement informatique est attribuée aux enseignants stagiaires et titulaires relevant du ministère chargé de l’éducation nationale (...) qui exercent des missions d’enseignement et aux psychologues de l’éducation nationale stagiaires et titulaires. »

Les professeurs détachés dans d’autres ministères feront l’objet d’une déclinaison du dispositif dans leur ministère, par leur employeur.

 

Jusqu’ici, tout va bien.

 

Exercer sa mission et être en fonction

Mais l’article 3 du projet prévoit que : « L’attribution de la prime prévue à l’article 1er est subordonnée à l’exercice effectif de la mission y ouvrant droit. Cette prime est versée annuellement aux personnels en fonction au 1er janvier.»

Le SNE a interrogé le ministère sur la formule « exercice effectif de la mission », notamment dans ce qu’elle pourrait laisser craindre des demandes d’éventuelles contreparties.

 

L’administration nous a répondu qu’il faut être en fonction pour bénéficier de la prime,  que c’est une formule habituellement utilisée pour les textes ayant attrait aux primes.

Il a aussi précisé qu’il s’agit de cibler les « missions d’enseignement », pour éviter de verser à des personnels qui par exemple travaillent en rectorat ou à l’administration centrale du ministère. Pour le ministère, il s’agit de dédommager un état de fait, à savoir que les enseignants utilisent déjà du matériel informatique. Ni plus, ni moins.

Notre syndicat avait déjà exprimé au ministère son opposition franche à l’octroi de cette prime en échange d’un travail supplémentaire.

Dans son état d’écriture actuel, le projet n’implique pas explicitement de missions supplémentaires. Nous resterons néanmoins attentifs à ce que le métier d’enseignant ne se complexifie pas encore par le biais du numérique et nous défendons d’ailleurs actuellement cette position dans le cadre du Grenelle de l’éducation et des états généraux du numérique.

 

Les directeurs totalement déchargés pourraient être exclus

Le ministère a précisé que cette prime avait pour objet d’indemniser les personnels enseignants qui n’étaient pas dotés de matériel informatique. Or les directeurs totalement déchargés n’ont pas de mission d’enseignement à proprement parler. De plus, ils sont la plupart du temps dotés par les mairies d’un poste de travail dans leur bureau.

Interrogé sur leur sort, le ministère n’a pas su dire s’ils auront droit à la prime ou pas !

Pour le SNE, une éventuelle exclusion de ces directeurs du dispositif est inconcevable.

Notre syndicat a donc très fortement insisté pour que les directeurs totalement déchargés bénéficient aussi de cette prime.

Nous avons souligné que la fonction de directeur d’école implique du travail au domicile, le soir, les mercredis et le week-end.

De plus, nous avons rappelé que les directeurs d’école sont dans une situation aujourd’hui intenable, dont le ministère est largement informé. Cette position est aggravée par un chantier de la direction qui avance au pas.

 

Cette prime fait partie de l’enveloppe de revalorisation de 400 millions d’euros. Ce n’est donc pas seulement une indemnité. Nous avons fermement mis en garde sur le fait que si les directeurs totalement déchargés ne touchaient pas cette prime, cela enverrait un très mauvais signal à une catégorie d’agents déjà grandement en souffrance.

 

Jean-Marc Mikoda

Patrick Ruiz

Membres du bureau national du SNE

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