ACTUALITÉS NATIONALES

27 mai 2021

Grenelle : les engagements du ministre

Le SNE s’est investi, contrairement à d’autres organisations syndicales, dans tous les ateliers du Grenelle de l’Éducation, un nouvel outil du dialogue social qui s’est ajouté aux travaux habituels de l’agenda social.

A cette occasion, notre syndicat a proposé de nombreuses mesures concrètes concernant la poursuite de la revalorisation des enseignants, la reconnaissance du métier de directeur d’école, le soutien réaffirmé et renforcé aux enseignants et l’amélioration de leurs conditions de travail, ainsi que dans tous les autres domaines qui ont été évoqués dans ces travaux. Celles-ci nous ont d’ailleurs été réclamées par le ministre en personne.

 

Nous attendions donc avec une certaine impatience l’annonce des mesures concrètes qui devaient découler du Grenelle.

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L’idée d'un projet de loi pluriannuelle semble écartée dans l’instant.

 

C’est vraiment dommage. Une perspective sur le moyen terme aurait permis à chaque enseignant de pouvoir se projeter sur sa carrière et sa rémunération au delà de 2022. Cette loi aurait aussi éclairci l'avenir des directrices et directeurs d'école au niveau des décharges et de la rémunération spécifique.

Néanmoins des engagements et un calendrier ont été présentés ce 26 mai. Le moins que l’on puisse dire, à écouter les 12 engagements énoncés par M. Blanquer, même si leurs modalités restent encore ouvertes à la discussion, c’est que nous avons été entendus.

Voilà donc les principales mesures que le SNE a activement défendues et qui sont aujourd’hui actées.

La poursuite de la revalorisation des enseignants

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Il s’agit du premier point avancé par le ministre. Il souhaite « rejoindre le peloton de tête de l’OCDE » pour la rémunération des enseignants. Il se donne pour cela une progression pluriannuelle dans la continuation de ce qui a été décidé et déjà mis en place pour les plus jeunes collègues.

Le SNE a insisté, depuis le début des travaux sur la nécessité impérieuse de mieux reconnaître financièrement l’engagement existant des personnels. C’est l'une de nos revendications fondamentales en matière de revalorisation, avec l'alignement de notre niveau de rémunération sur celui du second degré.

Dès 2022, 700 millions supplémentaires seront mobilisés, soit un total de 1,1 milliard d'euros en 2022 :

- 500 millions permettront de renouveler les mesures de revalorisation de 2021 ;

- 400 millions devront permettre la mise en place de nouvelles mesures de revalorisation ;

- 200 millions seront consacrés à l'action sociale.

Les mesures de 2021 perdureront. 400 millions devront permettre la mise en place de nouvelles mesures. Le ministre souhaite viser le début et le milieu de carrière.

 

Des discussions avec les organisations syndicales permettront des ajustements. Le SNE sera à ce rendez-vous et, comme il l’a fait pour 2021, s’engagera sur une solution concrète en gardant à l'esprit les choix effectués cette année.

 

Pour le SNE, les mesures de revalorisation doivent concerner les collègues tout au long de leur carrière. C’est pourquoi notre syndicat a défendu une augmentation du taux d’accès à la hors classe et un élargissement des conditions d’accès à la classe exceptionnelle.

 

Ce sont des ajustements que le ministre entend opérer.

 

Le SNE a aussi milité pour que l’État prenne en charge une partie de la complémentaire santé de ses agents.

 

Le ministre a annoncé que 200 millions seront consacrés à l’action sociale afin de commencer à  financer la protection sociale complémentaire des personnels. C’est un début modeste, mais il s’agit d’une avancée avec un large potentiel de développement.

 

Le SNE a aussi très largement demandé la création d’un organisme de type comité d’entreprise pour notre ministère puisqu’il en existe pour d’autres ministères.

 

Le ministre a reconnu qu’il faut octroyer des avantages sociaux, culturels et sportifs aux agents de son ministère. Il entend créer une structure d’action sociale (PRÉAU) à cet effet.

La reconnaissance du métier de directeur

La question de la direction d’école est l'un des pivots de notre syndicat. Nous avons milité à tous les niveaux, nous sommes intervenus partout où cela était possible, nous participons même au processus législatif actuel sur le projet de loi Rihlac pour défendre une évolution fondamentale de la direction d’école.

 

Pour le SNE, la mission du directeur et ses spécificités doivent être reconnues, les conditions d’exercice de ce véritable métier doivent évoluer ainsi que leur rémunération.

 

C’est pourquoi, au-delà des annonces du 26 mai, nous attendons tout particulièrement des avancées significatives sur ce dossier.

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Le ministre a annoncé vouloir donner plus de pouvoir d’agir aux équipes. Pour cela, il entend consolider la direction d’école et reconnaître le métier de directeur d’école, aller au-delà de simples augmentations de décharges. 

Il annonce donc, dans un premier temps, la pérennisation de la prime accordée aux directeurs à la rentrée 2020, et confirme la dotation de 600 ETP (Équivalents Temps Pleins) pour augmenter les décharges. Dans un second temps, le ministre compte sur la loi Rihlac pour aboutir à un changement de situation des directeurs. 

 

Un soutien réaffirmé et renforcé aux enseignants

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L’enseignant doit être mieux considéré, mieux protégé. Le SNE avait réclamé plus de soutien de la part de l’administration vis-à-vis des enseignants en cas de violence ou de harcèlement et notamment une mise en application plus large de la protection fonctionnelle

 

Le ministre a annoncé la création d’un « carré régalien » dans chaque rectorat. Celui-ci épaulera les collègues qui rencontrent des problèmes de violence ou de harcèlement. Il a insisté sur le premier degré en soulignant la nécessité de faire cesser les tensions qui peuvent exister avec les familles.

Il reprend notre revendication en décidant d’instaurer l’automaticité de l’accord de la protection fonctionnelle et un accompagnement des personnels en cas de dépôt de plainte.

 

Les enseignants du premier degré sont trop souvent infantilisés. Ils se sentent jugés par leur hiérarchie. Le SNE travaille et milite depuis toujours à un changement de paradigme pour aboutir à une relation de confiance avec les IEN et à un meilleur accompagnement des collègues.

 

C’est dans cet esprit que le ministre entend faire évoluer les missions des IEN.

Une amélioration des conditions de travail des enseignants

Le SNE a souvent eu l’occasion de tirer la sonnette d’alarme au sujet des remplacements dans le premier degré. Le manque de collègues affectés sur ces postes aboutit à trop d’élèves sans enseignants que l’on répartit dans les classes au détriment de la qualité des conditions de travail de tous.

 

Le ministre a soutenu vouloir assurer une meilleure gestion des remplacements dans le premier degré. Pour cela, il souhaite plus de remplaçants et la création d’une application qui permettrait d’orienter les collègues vers des postes aussi proches que possible de leur domicile.

 

Le SNE a depuis longtemps proposé une amélioration des fins de carrière en offrant aux collègues les plus chevronnés la possibilité de faire du tutorat en faveur des collègues qui entrent dans la carrière. 

Le ministre a déclaré vouloir instituer un mentorat par les pairs pour les trois premières années des néo-titulaires.

 

Enfin, notre syndicat réclame de profonds changements de la formation continue. Parmi ceux-ci, nous préconisons que les formations soient choisies et non plus subies. De plus, nous défendons l’idée que les formations soient diplômantes afin de permettre d’ouvrir des passerelles aux collègues qui souhaitent évoluer ou changer d’orientation professionnelle.

 

Le ministre a souligné l’importance de la formation continue qui doit « correspondre aux attentes des enseignants et aux besoins de l’institution ». Il souhaite aussi un accès facilité à des formations diplômantes et certifiantes.

Toutes ces annonces vont dans le bon sens. Le SNE souhaite maintenant qu’elles se traduisent très rapidement par des actes conséquents et visibles au quotidien pour chaque enseignant.

Le mois de juin a été annoncé à plusieurs reprises par M. Blanquer comme un mois d’arbitrage avec les organisations syndicales sur des sujets importants, comme l’utilisation des 400 millions pour la revalorisation salariale en 2022.

 

Le SNE va continuer ce qu’il a engagé tant lors du Grenelle que lors de l’agenda social. Notre syndicat prendra toute sa part dans les travaux à venir. Il continuera à défendre les intérêts des enseignants du premier degré. Nous espérons évidemment obtenir de nouveaux résultats positifs.

 

Philippe Ratinet

Secrétaire général aux Publications

SNE -  Syndicat National des Ecoles