ACTUALITÉS NATIONALES

23 septembre 2021

L’école inclusive : oui, mais pas n’importe comment

L’école inclusive… Comment un enseignant pourrait-il être contre une aussi noble idée ? S’il en était, on aboutirait vite à distinguer deux types de professionnels.


Il y aurait les méchants qui voudraient exclure les élèves handicapés de l’Éducation nationale, voire de la société, à la manière de Sparte, et il y aurait les gentils, les justes investis par des absolus de bienveillance, d’égalité et d'altruisme qui vanteraient les bienfaits idéologiques de l’école inclusive.

Eh bien non ! Cette opposition simpliste n’existe pas.

Choisir de se protéger face à des risques insupportables

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Il y a surtout une immense majorité de professeurs qui font bien leur travail, celui pour lequel ils sont formés et équipés, et qui ont envie de continuer à l’exercer ainsi. Ils n’ont pas envie de se retrouver face à des élèves ingérables dans leur classe, des élèves qui nécessitent des soins,  une attention de tous les instants et des structures adaptées.

 

Ils n’ont pas envie d’être frappés ou d’être mordus. Ils n’ont pas envie de voir voler des chaises dans leurs classes. Ils n’ont pas envie de se retrouver en état de choc ou d’être à la limite du burn-out. Ils n'ont pas envie d’avoir peur, d’avoir physiquement peur de leurs élèves. Ils n’ont pas envie d’être poussés à démissionner, d’être usés, d’être insultés ou d’être démunis. Ils n’ont pas envie de se voir contraints de négliger leur groupe classe afin de contenir les excès d’un enfant qui, livré à lui-même, ne peut pas être élève.

Vouloir exercer correctement son métier d’enseignant

 

Les enseignants qui se dressent face à l’inclusion de certains élèves ne sont pas des incapables ou des médiocres. Ces enseignants sont des professionnels sérieux qui reconnaissent juste qu’ils ne peuvent ni promettre ni accomplir l'impossible. L’Éducation nationale ne devrait pas donner une telle  responsabilité à des instituteurs, à des professeurs qui, sans même parler de moyens, ne sont absolument pas qualifiés, préparés ou même formés à gérer ce genre d'enfants.

L’école de la République n’est pas préparée à accueillir certains de ces enfants. En l’absence de moyens humains et matériels adéquats l’école devient garderie et abandonne sa mission première, sa raison d’être : l’enseignement. Dès lors, elle ne garantit malheureusement plus la progression de ses élèves.

 

Et même s’ils sont pleins de bonne volonté et qu’ils font leur maximum malgré leurs formations lacunaires, ce ne sont clairement pas quelques auxiliaires de vie scolaire ou accompagnants des élèves en situation de handicap qui changeront la donne…

Vous l'aurez donc bien compris... L'école inclusive telle qu’elle est mise en place actuellement, fondée sur un égalitarisme impossible, ne nous satisfait nullement ! Et nous sommes dans l'attente de solutions pragmatiques dans l'intérêt général de notre jeunesse. 

Non, l’École ne peut pas tout.

Non, les enseignants ne sont pas des personnels de santé.
Osons affirmer cela sans complexe ni honte.

Dans certains cas, l’inclusion à marche forcée peut être une violence inouïe pour tout le monde : l’élève en situation de handicap, l’enseignant de la classe, les autres élèves, les parents d’élèves.

Contrairement à ce que l’on essaie de nous faire croire, la véritable bienveillance n’est pas d’accueillir en “milieu ordinaire” tout le monde à tout prix mais bien d’accueillir dans de bonnes conditions. Quand elles ne sont pas réunies, l’inclusion relève de la maltraitance, maltraitance envers l’élève concerné mais également envers l’enseignant qui en a la charge, envers ses collègues ainsi qu’envers les autres élèves de la classe, voire de l’école. 

 

Préférer une inclusion de qualité pour tous

Le SNE défend le principe de l’inclusion des élèves en situation de handicap tant qu’il peut être mis en œuvre dans des conditions satisfaisantes tant pour les élèves inclus, que pour les autres élèves de la classe et pour les enseignants.

Lorsque la situation des élèves l’exige, le SNE est favorable à ce qu’ils soient pris en charge en fonction de leurs besoins par des structures spécialisées : instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques, instituts médico-éducatifs et instituts médico-pédagogiques.
 
Lorsque cela sera possible, ces élèves devront être pris en charge en inclusion collective au sein des écoles. C’est-à-dire par les unités localisées d’inclusion scolaire. Il s’agira alors d’opérer des inclusions d’abord ponctuelles puis plus étendues dans les classes de l’école en fonction des possibilités des élèves concernés. C’est alors grâce à ces classes relais et spécialisées que l’inclusion pourra se dérouler convenablement, au plus grand bénéfice de tous les élèves et de leurs enseignants.

Joost Fernandez

Membre du bureau national

NOS IDÉES POUR L'ÉCOLE

SNE -  Syndicat National des Ecoles