ACTUALITÉS NATIONALES

30 novembre 2021

Nouveau protocole : non à l'accueil à tout prix

Le ministre l’a annoncé la semaine dernière, face à un cas confirmé, les règles changent dans toutes les écoles de France à partir du 29 novembre.

Sitôt l’annonce officielle faite, le SNE a réagi pour demander précisions et aménagements. Notre syndicat a été entendu dans plusieurs domaines, mais un énorme point de désaccord persiste entre l’administration et nous.

Garder les élèves à l'école à tout prix
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La FAQ indique que : « La survenue d’un cas confirmé parmi les élèves entraîne par principe la suspension de l’accueil en présentiel, pour une durée de 7 jours, des élèves de la classe concernée et des contacts à risque identifiés en dehors de la classe ».

Cette suspension de principe était une demande forte du SNE. Pour notre syndicat, il est sanitairement irresponsable d’accueillir des élèves potentiellement contagieux. Cela met en danger à la fois les autres élèves, les adultes qui travaillent avec eux et les familles. Mais cette suspension risque d’être de très courte durée car, dans les faits, l'accueil des élèves pourra reprendre dès le lendemain de la survenue du cas confirmé.

 

En effet, la FAQ précise : « ces élèves pourront poursuivre les apprentissages en présentiel sous réserve de présenter un résultat de test négatif. »

Il existe ici une incohérence absolue : les élèves cas contact en dehors de l'école doivent respecter obligatoirement un isolement de 7 jours, alors que les élèves cas contact à l'intérieur de l'école peuvent en être dispensés.

Cela multiplie le nombre de situations possibles et complexifie encore la gestion des dates de retour à l'école : élèves testés négatifs, élèves testés positifs, élèves cas contact en dehors de l'école, élèves cas contact intra-familiaux, élèves non testés...

Ensuite, la terminologie  “pourront” laisse à penser que le retour des élèves dépend du bon vouloir des parents. Outre le fait que l’administration passe ici sur l’obligation d’assiduité des élèves, le protocole aboutit à demander l’impensable...

 

 

Le double travail des enseignants : la ligne rouge est franchie

« En l’absence de présentation d’un test, la suspension de l’accueil en présentiel est maintenue pour la durée de 7 jours, pendant laquelle les élèves concernés bénéficient de l’apprentissage à distance. »

Pour notre syndicat, cette modalité est inacceptable. Les enseignants vont se retrouver avec deux groupes à gérer, l’un en présentiel pendant la journée et l’autre en distanciel quand cela leur sera possible, le tout avec obligation de faire réaliser les mêmes apprentissages à tous.

Pour le SNE, le double travail est une ligne rouge infranchissable. Nous l’avons rappelé au ministère et demandé un changement sur ce point.

 

Le test n’est pas à réaliser obligatoirement dans les écoles

« Ces tests peuvent être réalisés auprès des professionnels de ville autorisés, les laboratoires de biologie médicale et les officines pharmaceutiques notamment. »

Les tests ne sont donc pas impérativement organisés dans les écoles. Il s’agit d’une évolution par rapport au dispositif expérimental d’origine. Le SNE avait insisté pour que l'organisation du passage des tests n'incombe pas aux équipes pédagogiques mais que ce soit bien les familles qui aient à le réaliser.

 

 

Pas de test complémentaire à J+7

« L’ensemble des élèves de la classe (ayant ou non réalisé un test suite à la survenue du cas confirmé) ainsi que les autres contacts à risque en dehors de la classe sont fortement invités à réaliser un test 7 jours après le dernier contact avec le cas confirmé. La présentation du résultat de ce test à J7 n’est pas requise pour la poursuite de l’accueil ou le retour en présence des élèves. »

 

Pour le SNE, un second test à J+7 doit être obligatoire, afin de réduire au maximum le risque de propagation du virus et d’éviter de relancer toute la procédure si, au retour de tous les élèves, l’un d’eux se révélait positif.

Aucune amélioration pour la protection des enseignants

Ce nouveau protocole ne considère toujours pas les enseignants comme cas contacts de leurs élèves positifs, même en maternelle où les élèves ne sont pas masqués et où les gestes barrière sont très difficiles à faire respecter.

Pas même une incitation au dépistage des enseignants n’est faite si un cas positif survient chez leurs élèves..​

Par ailleurs, dans de nombreuses académies, l'administration ne fournit plus  masques et autotests de manière systématique.

Enfin, en pleine campagne de vaccination pour la 3ème dose, aucune priorité n'est donnée aux enseignants pour obtenir un rendez-vous alors que les délais sont très longs dans certains territoires.

 

Le SNE souhaite que les collègues qui souffriraient d'effets secondaires particulièrement forts après leur 3ème dose de vaccin ne se voient pas appliquer de jour de carence en cas d'absence. 

Le SNE demande donc que ce protocole évolue très rapidement vers plus de protection de la santé de tous et vers des modalités de travail raisonnables.

Si votre école est confrontée à un grand nombre de cas avérés de covid et que, faute de remplaçants, vous devez brasser les élèves, nous vous invitons à remplir des fiches RSST et à les faire remonter en indiquant le nombre de cas et l’obligation de brassage et à proposer comme solution la fermeture de votre école.

Philippe Ratinet

Secrétaire général aux publications

NOS IDÉES POUR L'ÉCOLE

SNE -  Syndicat National des Ecoles