ACTUALITÉS NATIONALES

4 janvier 2022

Ping pong sanitaire

Le ministère a, une fois de plus, communiqué un nouveau protocole un dimanche après-midi pour une application dès le lendemain. Le SNE s’est immédiatement élevé contre cette nouvelle marque d’irrespect envers les personnels.

 

Au-delà de ce manque patent de considération, force est aujourd’hui de constater que, malgré un dialogue social continu pendant les vacances scolaires, le ministère s’enferme dans un choix doctrinaire d’ouverture à tout crin au mépris des difficultés de mise en œuvre pratique.

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Les échanges qui ont eu lieu lors du point sanitaire du jeudi 30 décembre et les mesures qui ont été prises montrent l’ampleur du travail qui reste à accomplir pour que l’école puisse essayer d’accomplir sa mission en dépit de la crise sanitaire.

La protection des personnels

Le matériel mis à disposition des enseignants, quand il existe, est de nature et de qualité variable sur le territoire.

 

Le SNE a donc, à nouveau, réclamé une meilleure protection pour chaque enseignant (fourniture de masques FFP2, autotests en nombre suffisant, capteurs de CO2…).

Le ministère n’a pas apporté de réponse sur ce point. Le SNE ne manquera pas de lui rappeler prochainement ses devoirs de protection en tant qu’employeur.

 

Le non accueil des élèves en cas d’absence non remplacée

 

Le SNE a ensuite demandé que le protocole affirme explicitement la règle de non accueil des élèves en cas d'absence non remplacée d'un enseignant et ce quelle qu’en soit la cause.

Le ministère apporte une demi réponse. Le nouveau protocole indique qu’au niveau 3 (orange) le non brassage est impératif. En cas d’absence d’une enseignant, les élèves ne peuvent plus être répartis dans les autres classes. 

Que faut-il faire de ces élèves alors ? S’ils sont accueillis dans l’école, qui les prend en charge ? Le directeur non déchargé ? Une ATSEM qui n’en n’a pas le droit ? Un TR sorti du chapeau ? Et quand est-ce que le ministère fournira une attestation officielle de non accueil qui permettra aux parents d’obtenir une absence rémunérée ? 

La position du ministère ne règle rien. Elle montre soit une méconnaissance de la réalité du terrain soit une impuissance.

 

La question du double travail

Le SNE a rappelé qu’il est impensable de demander à un enseignant d'assurer à la fois le distanciel et le présentiel pour les élèves absents.

Cette fois, le ministère est clair. Les enseignants doivent réaliser deux journées en une. En effet, la FAQ indique que, pour un élève cas contact, en cas d’absence de présentation de test négatif, il y a une suspension de l’accueil et apprentissage à distance.

Le SNE s’oppose à tout double travail. Pour notre syndicat, que l’élève concerné soit tenu au courant des travaux menés en classe s’entend, mais il ne peut pas être demandé plus aux enseignants. D’autant plus que l’isolement de l’élève peut résulter d’un simple choix des parents.

 

La fermeture de classe avec un cas confirmé

Pour le SNE, si un cas confirmé survient, il faut une organisation gérable. Donc, prononcer la fermeture de la classe concernée pour 7 jours et autoriser le retour sur présentation d’un test négatif.

Le choix du ministère est tout autre (voir infographie ci-dessous). Il va compliquer la situation. En effet, si plus d’un élève se révèlent positifs sur plusieurs jours, les élèves peuvent devoir être testés avec un test PCR ou antigénique plusieurs fois par semaine, voire tous les jours. La pression induite sur les familles sera insupportable. Ses retombées frapperont de plein fouet les équipes. Il est probable que des parents préféreront isoler leur enfant et profiter de l’enseignement à distance qui leur est promis par l’institution. C’est une position entendable mais intenable en pratique par les enseignants. 

De plus, la somme d’attestations sur l’honneur qui va être à vérifier risque d’être colossale dans les départements les plus atteints. Quant aux directeurs et directrices, ils vont devoir pointer chaque jour toutes les absences et joindre chaque famille pour en connaître la cause. C’est un surcroît de travail dont ils se seraient bien passé.

Une fois encore sur le domaine sanitaire, la décision du ministère s’inscrit à l’encontre des réalités du terrain et de la considération pour les personnels. Le SNE maintiendra sa position et tentera d’infléchir celle de l’administration lors des prochaines rencontres.

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La formation continue

Notre syndicat a demandé le report de la formation continue ou une tenue exclusivement en visioconférence.

La formation continue est aujourd’hui temporairement suspendue. C’est une toute petite avancée.

L’instauration d’un moratoire 

La pression induite par la crise sanitaire est plus énorme que jamais. Le SNE a donc milité pour un moratoire de toutes les autres sollicitations (enquêtes, projets d'école, évaluations CP/CE1).

Un courrier aux recteurs a dû être adressé depuis cette réunion. C’est un bon point qu’il faudra juger à l’aulne de son étendue.

La situation sanitaire est en constante évolution. Elle nécessite de réaliser régulièrement des ajustements. Au SNE, nous le comprenons et nous entendons bien qu’il faille s’adapter. Ce qui nous est intolérable, c’est que notre employeur ne tienne pas compte de la réalité du terrain et des difficultés que nous lui faisons remonter lorsqu’il prend ses décisions.

 

C’est pourquoi, notre syndicat continuera à rappeler à notre employeur ce que supportent au quotidien les équipes. Vous pouvez compter sur nous pour persister à demander des mesures concrètes de bon sens pour alléger tout ce qui peut l’être.

Philippe Ratinet

Secrétaire général aux publications

NOS IDÉES POUR L'ÉCOLE

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