ACTUALITÉS NATIONALES

14 janvier 2022

Des solutions qui ne répondent pas
aux demandes du terrain
Communiqué intersyndical en bas de page

La mobilisation historique de ce jeudi 13 janvier dans l’Éducation nationale, et notamment dans le premier degré, a démontré le ras-le bol des enseignants sur les conditions d’exercice de leur métier depuis le début de la crise sanitaire.

Depuis mars 2020, les enseignants se sont pliés et adaptés aux évolutions successives du protocole.

Ils n’ont de ce fait pas compris les allègements du protocole à un moment où les voyants de l’épidémie étaient en rouge, considérant que la volonté d’accueillir à tout prix les élèves se faisait au détriment de leur propre santé.

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Le discours cacophonique du gouvernement a mis le feu aux poudres, par le biais d’une information parvenue la veille de la rentrée pour une modification intervenant dès le lendemain. La semaine qui a suivi a été catastrophique, avec plusieurs changements dans le protocole et une propagation du virus dans les écoles jamais vue auparavant.

Le SNE avait, une fois n'est pas coutume, appelé à la grève. Notre syndicat était associé à l'intersyndicale. Il a été reçu au Ministère le soir même de la journée d'action par le Premier Ministre accompagné du Ministre de l’Éducation nationale et du Ministre de la Santé.

Plutôt que de réclamer la tête d’un ministre, le SNE a insisté sur la responsabilité du gouvernement dans son ensemble, Premier Ministre compris. Nous avons profité de l’occasion pour rappeler qu’à l’épuisement des collègues face aux incessants changements s’ajoutait une exaspération devant un mode de communication insupportable.

 

Les annonces ne doivent plus se faire au dernier moment, et elles doivent être transmises par le canal hiérarchique, pas par les médias.

Le ministère a fait son mea culpa et admis que ses choix de modes de communication avec les personnels n’ont pas été bons. Il s’est engagé à procéder autrement et a tenu à réaffirmer son respect pour les enseignants et pour tous les agents. Nous jugerons sur pièce : la restauration de la confiance sera à ce prix.

Lors de son intervention, le SNE a rappelé tout d'abord la nécessité de prendre des mesures structurelles mises en exergue par la situation sanitaire : revaloriser les enseignants pour attirer des candidats et pallier le manque de remplaçants, développer une formation de qualité, améliorer substantiellement le régime de décharge des directeurs d’école particulièrement impactés par l’organisation protocolaire.

 

Le SNE a également martelé l’urgence de mesures immédiates :

- retour à la fermeture d’une classe pour une semaine en cas de cas positif dans une classe, afin d’éviter la propagation du virus.

- mesures d'isolement pour les cas contacts intra-familiaux.

- en cas d’absence de remplaçant, pas de répartition, c’est-à-dire pas d’accueil des élèves puisque c’est impossible : pas d'enseignant, pas d'élève.

- développement de campagnes de tests salivaires gérées par les laboratoires dans les écoles.

- report de tout ce qui n’est pas en lien avec la gestion de cette crise : évaluation des écoles, évaluations nationales, projet d’école…

 

Le premier ministre a rappelé que l’action du gouvernement en la matière est dictée par la Haute Autorité de Santé, et qu’il essaie de suivre au mieux ses préconisations. Selon lui, l’idée que le protocole est moins protecteur est une erreur qu’il entend corriger. Le ministre de la santé est intervenu pour montrer la moindre dangerosité du variant Omicron par rapport aux précédents, malgré un taux d’incidence jamais égalé chez les plus jeunes.

Les mesures annoncées peuvent en rassurer certains. Pour le SNE, elles ne sont cependant pas suffisantes pour améliorer la gestion de cette crise par les directeurs.

- La dotation de 70 millions de masques chirurgicaux et 5 millions de FFP2 ne concerna qu'un nombre très limité d'enseignants (pour les enseignants de maternelle qui le souhaitent surtout).

 

- Les 1500 vacataires destinés à venir en appui aux directeurs seront affectés….aux circonscriptions. Ils faciliteront donc surtout le travail…des IEN.

- Le recrutement de 3300 contractuels ne sera une bonne mesure que lorsque ces recrutements seront effectifs, et l’on connait la difficulté à recruter.

- L’ouverture de la liste complémentaire dans le premier degré est une bonne mesure, mais ses effets seront-ils immédiats ?

- Le report des évaluations de CP est acté. Encore faudra-t-il attendre que tous les élèves soient de retour en classe avant de les faire passer.

Bref, aujourd’hui, la semaine prochaine, rien ne changera réellement au niveau de l’accueil des élèves, la confusion sera toujours de mise et les directeurs et les collègues seront toujours sur le grill, à toute heure du jour et de la nuit.

Les jours qui viennent seront déterminants. Le choix du gouvernement de ne rien modifier pour préserver l’accueil des élèves à tout prix laisse à penser qu’il veut laisser passer l’orage de la contamination.

Les écoles restent ouvertes, certes, mais elles ne fonctionnent pas. La qualité de l’enseignement est très dégradée, l'organisation au quotidien est invraisemblablement complexe.

 

Le SNE reste circonspect sur cette stratégie et espère vivement que le retour à une situation normale interviendra dans les plus brefs délais, afin d’éviter le développement des risques psycho-sociaux dans notre profession.

Laurent Hoefman

Président du SNE

Communiqué intersyndical du 16 février

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