ACTUALITÉS NATIONALES

5 avril 2022

Pas de remplaçant, pas d’accueil par les enseignants

Le problème des remplacements est particulièrement complexe et devient de plus en plus épineux.

L’idéal serait évidemment la mise en place d’un vivier de remplaçants suffisamment important pour couvrir tous les besoins, même lors des périodes les plus tendues. Pendant les épisodes plus calmes, ces collègues pourraient alors assurer la fonction de maître supplémentaire.

 

Pour l’instant, dans le 1er degré, la variable d’ajustement du système est l’enseignant, comme pour tant d’autres “accommodements”.

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Encore et toujours, avec abnégation, les collègues répartissent les élèves dans les classes, au prix de la dégradation de leurs conditions de travail, de l’augmentation de leur charge mentale et donc de leur santé. Cette loyauté fondamentale au principe du “service" public fait notre honneur, mais a aussi des conséquences sur nos élèves. Ceux qui sont accueillis n’ont droit qu’à une vague garderie improvisée, et mettent à mal la minutieuse alchimie de la gestion du reste des élèves. 

Dans une école de plus de 6 classes, si l’épisode ne se produisait que deux ou trois jours non consécutifs dans l’année, la situation serait supportable. Le malheur est qu’elle se répète bien plus souvent, parfois plusieurs jours de suite. Dans les plus petites écoles les absences non remplacées provoquent une hausse de l’effectif intenable. 

Le SNE s’oppose avec fermeté à ce système qui abuse de notre abnégation depuis déjà trop d'années, au détriment de nos élèves et de notre santé. C'est pourquoi le SNE revendique haut et fort :

Pas de remplaçant ? Pas d’accueil par les enseignants !

Cette question ne se pose pas pour nos collègues du second degré. Les collèges et les lycées disposent d'une vie scolaire. Quand un enseignant est absent, les élèves peuvent être accueillis en « étude surveillée ». En aucun cas les élèves ne sont répartis dans d'autres classes. La spécificité du primaire mérite une solution adaptée, pas une simple extrapolation de ce qui existe dans le secondaire car il n'existe pas de vie scolaire dans les écoles, du moins pour le moment…

 

Seul un syndicat spécialiste du premier degré peut porter cette problématique. C'est le cas du SNE.

 

Ce qui semblait impossible dans le premier degré a été momentanément rendu possible par la crise sanitaire. En effet, le ministère a interdit complètement le brassage d'élèves pendant plusieurs semaines : la règle était alors " pas de remplaçant, pas d'accueil ". Bien que l’obligation scolaire ne le permette pas en règle générale, la crise COVID a permis cette dérogation. Comme quoi, quand on veut, on peut !

 

 

Le SNE constant dans ses revendications et force de propositions

 

Le sujet du remplacement a déjà été largement traité par le SNE depuis le début de la crise sanitaire et notre syndicat écrivait le 21 juin 2021 :

 

Il est à noter que, depuis le 26 avril 2021, les élèves d'un enseignant absent non remplacé ne doivent plus être accueillis dans les autres classes, comme le demandait le SNE. Cette décision, prise par le ministère dans le contexte de la crise sanitaire afin d'éviter le brassage des élèves, doit selon nous être conservée lorsque le protocole ne sera plus en place. En effet, la répartition dans les classes, solution traditionnelle dans le 1er degré pour pallier le manque de remplaçants, oblige les enseignants et les élèves à travailler dans de mauvaises conditions.

 

Le SNE demande donc qu'il soit défini de façon durable qu'en cas d'absence non remplacée d'un enseignant, les élèves ne soient pas accueillis dans les autres classes. Voici comment :

 

  •  La meilleure solution est de créer des postes de remplaçants en nombre suffisant, ce qui est réclamé en vain depuis des décennies.

  • La création pérenne de postes d'aides à la direction permettrait d'avoir un personnel supplémentaire dans chaque école. Celui-ci pourrait en cas de nécessité assurer ponctuellement la surveillance des élèves.

  • Les mairies pourraient mettre en place un service d'accueil, subventionné par l’Etat ou une collectivité par exemple.

  • En l'absence temporaire de solution d'accueil, les parents garderaient leur enfant.

Dans ce cas, une attestation pour les parents devrait être fournie par les IEN (qui assumerait de fait cette carence de remplacement, et non pas le directeur).

 

La société ne doit plus considérer l'Ecole comme un lieu de garde d'enfants et les enseignants comme des animateurs, des surveillants voire des nourrices… L'Ecole est un lieu d'apprentissage et les enseignants sont là pour enseigner à leurs élèves. 

 

Cette revendication continuera à être portée par le SNE, syndicat exclusivement dédié au 1er degré, auprès du Ministère. Cette situation inacceptable n’a que trop duré.

 

Pierre Puybaret, membre du bureau national

Matthieu ,Verdier secrétaire général

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SNE -  Syndicat National des Ecoles