ACTUALITÉS NATIONALES

03 mai 2022

Une revalorisation de 6 milliards
annoncée avant le dégel

Les élections présidentielles sont maintenant passées. Emmanuel Macron présidera donc la France pour les cinq années à venir.


Durant la campagne présidentielle, la question de la revalorisation salariale s’est posée en raison du décrochage salarial des enseignants français en comparaison de ceux des autres pays de l’OCDE. Cette importante baisse des traitements a des conséquences délétères sur la reconnaissance, l’estime et l’attractivité de notre profession.

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Si l’on ajoute l’inflation qui s’annonce galopante et la réforme des retraites à venir, le président Macron et sa prochaine administration vont avoir fort à faire pour préserver et améliorer la situation financière des enseignants.

 

Des promesses qui ont fluctué

 

On se rappelle tous que le président Macron avait prévu d’augmenter les salaires, mais en les conditionnant à la réalisation de nouvelles missions. Il évoquait alors d’une augmentation pouvant aller jusqu’à 20 % du traitement. A l’inverse, il apparaissait alors que les enseignants réfractaires à l’élargissement de leur rôle et de leur temps de travail ne seraient pas concernés par la revalorisation.

Les nouveaux entrants, quant à eux, n’auraient pas le choix et devraient accepter les nouvelles prérogatives en échange d’un meilleur traitement qui débuterait au-dessus de 2 000 euros nets.

 

Lors du débat du second tour, il y a eu un revirement du président à propos du traitement des enseignants. Il a alors affirmé que nous serions tous concernés par une augmentation des salaires de 10% dès l’été 2022 et que les collègues volontaires pour mettre en œuvre des méthodes plus innovantes pourraient percevoir un traitement encore majoré jusqu’à 10 % supplémentaires.

Une revalorisation qui s’inscrirait dans la suite de ce qui a été déjà obtenu

 

La ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Amélie de Montchalin, a confirmé lundi 25 avril les propos du président Emmanuel Macron, l’augmentation de 10 % des traitements des enseignants sera inconditionnelle.

 

Ce revirement montre à la fois la méconnaissance des conditions de travail dans le premier degré, où le temps de travail face aux élèves ne permet pas de « travailler plus », mais aussi la marge de négociation possible sur le sujet en cette période électorale.

 

La future augmentation est programmée pour débuter en 2023 et se fera sur la durée du quinquennat.

 

Le SNE ne peut pas se satisfaire de ce délai de mise en œuvre. Les enseignants en ont assez d’attendre une revalorisation chaque année encore plus nécessaire que la précédente. Assez des commissions, des observatoires, des réunions stériles qui ne font que retarder encore et toujours les actes en monnaie sonnante et trébuchante. Les promesses, à la différence des actes, n’engagent que ceux qui les écoutent. Il semble que l’on a assez écouté.

Le budget dédié à cette revalorisation est de 6 milliards d’euros.

 

C’est une somme considérable. Elle représente plus du double de ce qui avait été engagé lors des deux premières années de début de revalorisation que nous venons de vivre. Un tel effort constituerait un geste très fort en faveur de notre profession.

Cette revalorisation s’inscrit dans le cadre du Grenelle de l’éducation. Conformément à ce qui avait été préconisé à cette occasion, les collègues qui débutent ne percevront plus de salaires inférieurs à 2 000 €.

 

Les réunions auxquelles le SNE a participé porteraient enfin leurs fruits. Notre syndicat ne manquera de rappeler qu’il manque un ajustement substantiel à opérer en faveur des enseignants du premier degré. En effet, leur situation avait été pointée, au même titre que celles des nouveaux collègues, comme particulièrement préoccupante.

 

Le SNE tient à la disposition du prochain gouvernement une série de mesures spécifiquement en faveur du premier degré pour en finir avec l’écart PE-certifié notamment du point de vue indemnitaire. Au vu des montants engagés, il serait particulièrement regrettable de laisser le premier degré pour compte.

Ce projet sera accompagné de hausses distinctes pour récompenser les enseignants acceptant de nouvelles missions et donc du temps de travail supplémentaire.

Améliorer ce qui est prévu

 

Le SNE prend acte des déclarations présidentielles mais se rappelle du goût amer de certains engagements non tenus notamment pour les milieux de carrière. Notre syndicat souhaite que les mots, les discours se traduisent le plus rapidement possible en actes. Cette augmentation de 10 % permettrait de rattraper au moins partiellement le décrochage salarial actuel des enseignants français en comparaison de leurs homologues de l’OCDE.

 

Il faut relativiser cette hausse très attendue, bénéficiant d’un effet d’annonce en le corrélant au le contexte économique actuel. En effet, 10 % d’augmentation sur le mandat, cela représente environ 2 à 3 % de salaire en plus chaque année. Les dernières prévisions des économistes parlent d’une augmentation des prix comprise entre 3,5 et 4,5 % sur l’année 2022. Factuellement, les collègues verront leurs salaires augmenter de 30 ou 40 euros mais ils ne gagneront pas en pouvoir d’achat vu la conjoncture économique actuelle et la flambée des prix.

Pour le SNE, puisqu’il s’agit d’adresser un signal fort à notre profession et témoigner ainsi de la confiance et du respect accordés à notre profession, cette hausse de 10 % des traitements serait un premier pas et non une fin en soi. Elle devra impérativement être immédiate et couplée à une ré-indexation des salaires des professeurs sur l’inflation comme cela se faisait jusqu’en 2010.

 

Si l’État veut retrouver des enseignants motivés, confiants et innovants et attirer les meilleurs vers notre profession, il ne pourra pas en faire l’économie.

Nicolas Charpentier

Membre du bureau national

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SNE -  Syndicat National des Ecoles