top of page

ACTUALITÉS NATIONALES

6 février 2024

Des pactes à toutes les sauces

En réponse à l’échec d’adhésion des enseignants au «pacte enseignant», le ministère de l’Éducation nationale décidera-t-il d’un vrai «choc rémunératoire»?

 

La nouvelle ministre de l’Éducation nationale, madame Oudéa-Castéra, affirme très bien connaître  les dysfonctionnements de l’Institution, notamment les problèmes liés aux absences non remplacées, c’est tant mieux ! On peut escompter qu’elle mettra de l’énergie à les faire disparaître

La réponse avancée par la ministre est malheureusement celle retenue par son prédécesseur rue de Grenelle. 

MIRACLE DU PACTE.001.png

Celui-ci avait prévu d’enrayer  ce dysfonctionnement grâce au choc d’attractivité, lequel devait attirer tant de main d’œuvre enseignante qu’il aurait  permis de  résoudre en quelques mois l’absentéisme des collègues sur le terrain… Ce choc devait aussi enrayer la dégradation générale du pouvoir d’achat des enseignants entamée depuis plusieurs décennies. Point de revalorisation pour cela, mais la reprise du «travailler plus pour gagner plus».

C’est comme si cette répétitive et obsessionnelle «solution miracle» de certains de nos dirigeants pouvait s’adapter aisément à notre métier  alors que sa  caractéristique principale est que les enseignants n’ont pas suffisamment de temps pour faire tout ce qui leur est demandé.  Rappelons que les statistiques officielles  du ministère indiquent que  les enseignants du primaire travaillent en moyenne 43 heures hebdomadaires. On comprend mieux pourquoi il leur est compliqué d’ajouter du temps de travail à cela, surtout s’ils ont une vie familiale à assumer.

Quoi qu’il en soit, pour répondre au souci de perte de pouvoir d’achat (au moins 20 % en 20 ans), et pour donner une attractivité nouvelle à la profession de professeur des écoles, il eût été plus judicieux de revaloriser la profession pour enfin gommer la différence de 400 euros mensuels avec la rémunération d’un professeur certifié.

Au lieu de cela, voici la panacée : nous offrir des missions plus attractives et mieux rémunérées à travers le PACTE ENSEIGNANT ! En plus de nos actuelles heures de travail évidemment.

Les penseurs de cette stratégie n’avaient certainement pas douté de la réussite de leur «nouvelle trouvaille rémunératoire» au vu du pouvoir d’achat en berne des enseignants ; ces derniers bien évidemment ne pourraient que succomber aux chants des sirènes «PACTE enseignant». Mais voilà qu’un grain de sable est venu perturber le rouage bien huilé du mécanisme de cette pensée : les enseignants ne se sont pas rués massivement sur leurs stylos pour signer des missions de PACTE ! Les collègues du premier degré qui l’ont fait ont eu raison de s’en emparer s’ils le pouvaient. Qui pourrait les blâmer de se donner les moyens d’améliorer leur quotidien ? Mais ce n’est pas eux qui pouvaient influer sur le souci de non remplacement puisque ce pan du dispositif ne concernait que le second degré.

A la suite de ce succès tout relatif, une réflexion a-t-elle été menée pour comprendre enfin la véritable source de démotivation et de désengagement des enseignants ?

 

En veux-tu, en voilà !

Dépité face à cette résistance «inattendue» des enseignants à accepter «l’offre PACTE», le gouvernement se trouve empêché de pouvoir ventiler une communication médiatique flatteuse sur ses élans humanistes à répondre à la baisse du pouvoir d’achat des enseignants. L’offre est pourtant plus que diversifiée.

  • Missions PACTE dans le cadre d’un soutien scolaire aux élèves en difficulté. Pour elles,  les contraintes d’organisation ont été revues à la baisse. Elles sont faisables sur le temps de la pause méridienne, du soir, du mercredi. Pourquoi pas sur le samedi matin ? C’est un peu comme on veut, à qui mieux mieux,  du moment qu’on veuille bien signer. Certes on pourra apprécier que les IEN nous concèdent une certaine liberté organisationnelle, à priori seulement. Mais sur le temps du midi, il y a parfois les APC, et puis, il ne faut pas choisir les mêmes élèves ; et le soir, les élèves ont aussi les devoirs… A-t-on aussi mené une réflexion intégrant le bien-être des élèves en relation avec leur rythme scolaire journalier ?
     

  • Pour l’organisation du soutien à l’école, l’institution est prête à payer une personne «coordinatrice» qui doit organiser toutes les étapes de cette prise en charge PACTE par d’autres collègues (devinez à qui on a pensé ?) et devra elle-même prouver sa propre action en remplissant un certain nombre de tableaux… et un PACTE de plus signé !  Les inégalités de traitement entre les directeurs/directrices d’écoles et les chefs d’établissement du secondaire augmentent sans cesse et permettent de justifier ces procédés (voir notre article du 16 janvier : PERDIR encensés… directeurs oubliés).
     

  • Missions PACTE pour se faire payer des heures dans le cadre de la relation école/collège… mais on signe pour 24h, donc beaucoup de collègues «trop méfiants» se posent la question de savoir s’ils devront effectuer d’autres missions non connues (et contraignantes) au moment de la signature, et surtout si celles-ci seront imposées par les chefs d’établissement, en concertation avec les IEN : tout le monde sait trop bien comment cela peut déraper.
     

  • Quant au fameux soutien scolaire auprès des élèves de 6ème (PACTE de 18h), «l’auto-sabrage» est venu quelquefois du secondaire : certains principaux de collèges nous ont oubliés, pour ne pas dire nous ont refusés. Merci à eux ! Même si, il est vrai, de nombreux chefs d’établissement, dans divers lieux de France, font confiance aux collègues du primaire pour assurer ce soutien aux élèves de 6ème. Quoi qu’il en soit, par ce dispositif, on met en lumière l’injustice que peuvent subir des enseignants du premier degré, çà et là en France, et l’impuissance de l’Institution à faire valoir nos droits dans ce «maelström Éducation nationale», même si le SNE tient à faire remarquer que bien des principaux ont tout fait pour faciliter la vie et les interventions des PE dans leurs établissements. Autre élément d’importance, le travail en collège effectué par un PE ou un professeur certifié est rémunéré à la même hauteur. C’est là une preuve patente du niveau de compétence équivalent de ces deux professionnels. L’affirmation presque officielle de la validité de notre revendication d’un niveau de salaire équivalent entre PE et certifié.
     

  • L’institution a décidé de payer dans certaines circonscriptions, les membres des «commissions harcèlement» missionnés dans les écoles à la suite de l’application du protocole pHARe. Ainsi, lorsqu’on agit hors temps scolaire en tant que membre de cette commission, on est payé pour rencontrer les familles des élèves concernés, alors que l’équipe enseignante, qui rencontre aussi, peut-être en même temps, ces mêmes familles, le fait sur les toujours plus extensibles 108 h, donc sans rémunération supplémentaire ! Et  si l’action se tient sur le temps scolaire, c’est la double paye pour les «pactés» ! Une nouveauté dans l’Éducation nationale et surtout le prix à payer pour peu qu’on veuille faire augmenter les «statistiques PACTE».
     

  • De façon plus générale, pêle-mêle et seulement en fonction des départements : parts de PACTE pour monter des projets innovants, quelquefois même pour préparer un dossier de classe de découverte, etc.

SNE -  Syndicat National des Ecoles

bottom of page