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ACTUALITÉS NATIONALES

1 décembre 2025

Conseiller pédagogique,
un collègue qui n’est plus vu comme tel…

La situation actuelle

 

Les conseillers pédagogiques sont des enseignants titulaires du CAFIPEMF. Leur mission est d’assister l’IEN dans le pilotage de la circonscription, notamment en construisant et en participant au plan de formation et à l’accompagnement des équipes pédagogiques, pour l’évolution de leurs pratiques professionnelles. Ils concourent aussi au suivi des collègues débutants

CPC un collègue différent surchargé.001.png

 

De nombreux conseillers pédagogiques disent qu’ils n’ont plus forcément le temps de préparer un plan de formation digne de ce nom car ils sont pris dans le tourment des ordres et contrordres permanents. Ils travaillent dans l’urgence et préparent les formations qu’ils ont à mener comme ils le peuvent.

Des missions de plus en plus délicates à tenir

Les missions des CPC ont beaucoup évolué ces dernières années. Certaines sont issues de décisions nationales. La mise en place des plans français et maths, par exemple, avec son fonctionnement en constellations et la multiplication des groupes et des préparations, a représenté une quantité importante de travail supplémentaire. Même cause, même effet, pour la mise en place des dispositifs dédoublés et des visites dont les CPC ont souvent la charge. Tout cela se déroule sans évolution positive des effectifs des CPC qui subissent donc une dégradation de leurs conditions de travail.

De plus en plus souvent, les conseillers pédagogiques sont appelés à assumer des missions qui relèvent normalement de la responsabilité de l’IEN. Désormais envoyés pour “éteindre le feu” dans des écoles (situations en lien avec des élèves éruptifs, des parents, ou au sein de l'équipe), ces collègues endossent un rôle qui n’est pas le leur. Au-delà de la surcharge de travail engendrée, cela les place dans une position délicate vis-à-vis des enseignants présents dans les écoles. Ils n’ont ni la légitimité du chef de service qu’est l’IEN ni son autorité hiérarchique lorsqu’ils interviennent. 

La punition est alors triple pour les CPC : plus de travail, une situation professionnelle inconfortable vis-à-vis des équipes qu’ils doivent épauler et une absence de reconnaissance financière pour ce surplus de missions.

Pour le SNE, il s’agit là d’une dérive à laquelle il faut mettre rapidement un terme. Le CPC a des missions à remplir qui ne sont et ne peuvent pas être identiques à celles d’un IEN, surtout lorsqu’il s’agit d’intervenir dans les écoles. Ses missions doivent être strictement définies lorsqu’il est recruté et ce cadre doit être respecté.

Par ailleurs,  les conséquences de ce sous-effectif sont encore plus criantes dans les circonscriptions à forte complexité sociale : au-delà des visites de dispositifs dédoublés en REP et REP+, les problématiques  y sont plus fréquentes et intenses, les projets et dispositifs à piloter plus nombreux.

Notre syndicat considère que la répartition des postes de CPC doit mieux tenir compte des disparités de besoins réels du terrain.

 

Un cadre horaire flou

Les missions des CPC sont parfois confiées dans l’urgence sans aucune limite réelle. Si le cadre horaire inscrit dans les fiches de postes est celui de l’ensemble de la fonction publique (1607 heures, alors que les PE face à élèves disposent d’un régime dérogatoire d’ORS), ce dernier est souvent largement dépassé dans les faits. Les conseillers pédagogiques sont sollicités sur leur pause méridienne ou en fin de journée. Leurs formations peuvent avoir lieu le mercredi après-midi, ce qui, comme pour tous les PE qui vivent ces situations, impacte lourdement l’équilibre entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle. Par ailleurs, la préparation des formations ainsi que le travail administratif sont souvent réalisés en dehors du temps de présence à la circonscription, ce qui empiète d’autant plus sur la sphère personnelle.

Les CPC sont donc, tout comme les PE avec les 108h, victimes du syndrome de la corne d’abondance. Dans la plupart des fiches de poste de conseiller pédagogique, il est précisé "une grande disponibilité est requise". En réalité, cela signifie bien souvent "être corvéable à merci". Cette dérive du "toujours plus" sans contrepartie est intolérable tant elle génère de fatigue et de découragement.

 

Le SNE milite donc pour le respect du cadre de travail qui est officiellement posé, pour les CPC comme pour les autres PE. 

 

Des moyens inadaptés

Les conseillers pédagogiques ne disposent pas, la plupart du temps, d’un budget propre. Ils utilisent leur véhicule personnel, sans être couverts par une assurance professionnelle, même partiellement prise en charge, alors qu’ils doivent souscrire à une assurance couvrant leurs déplacements professionnels. Très souvent, leurs déplacements se font vers des communes limitrophes. Leurs frais ne sont alors pas pris en charge, alors que les temps de trajet sont importants et que les dépenses induites sont bien réelles, ce qui pèse lourdement sur le quotidien et s’avère difficile à assumer.

Les CPC ne disposent pas non plus d’un téléphone portable professionnel, alors qu’il s’agit d’un outil qui leur est indispensable. Où est leur droit à la déconnexion? Ils doivent aussi très souvent user d’ingéniosité pour pouvoir proposer des ressources innovantes ou inviter des personnes ressources, sans que cela ne coûte rien, dans des locaux parfois inadaptés.

Les CPC sont donc, eux aussi, victimes du "faites toujours plus, sans moyen supplémentaire”. Le bon vouloir professionnel, l’engagement, l’idée de “mission au service de” sont surexploités par notre employeur pour les CPC comme pour les autres PE. Triste constat.

Des améliorations largement insuffisantes au cours des dernières années

Depuis quelques années, la création de postes de CPC supplémentaires a été actée. Cette création a également été assortie de nouvelles missions: évaluations d’école, suivi de contractuels, augmentation du nombre de visites pour les instructions en famille, organisation et gestion des livraisons des évaluations nationales, participation à des réunions diverses de pôles ressources…

La rémunération des CPC a été revalorisée en janvier 2022 puis en janvier 2023: d'abord de 500 € puis de 1000 € pour atteindre 2500 € bruts par an.

De plus, les indemnités REP et REP+ ont été étendues aux CPC.

Pour autant, le compte n’y est pas puisque les CPC ne touchent ni ISAE, ni prime équivalente. Leur investissement est donc clairement sous-estimé.

Pour ces raisons, le SNE demande que l’engagement des CPC soit reconnu à sa juste valeur et que des mesures concrètes soient prises, afin d’améliorer leurs conditions de travail:

  • par la définition d’un cadre horaire précis;

  • par une clarification de leurs missions au niveau national;

  • par la fourniture des moyens matériels et financiers nécessaires à la réalisation de leurs missions;

  • par une meilleure reconnaissance financière de leur investissement;

  • par un recrutement supplémentaire, prenant davantage en compte les réalités des circonscriptions.

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