top of page

ACTUALITÉS NATIONALES

21 janvier 2026

Éducation prioritaire : toujours en attente
mais des avancées pour certaines écoles !

La carte de l'Éducation prioritaire actuelle date de 2014. Il était prévu qu’elle soit révisée tous les 4 ans…

Monsieur Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a annoncé en fin d’année 2025 que la carte ne sera pas actualisée. Il a expliqué devant l’Assemblée nationale ne pas avoir «l’espace-temps politique suffisant» pour mener à bien cette révision. Un constat peut-être pragmatique mais qui a de quoi désoler.

Depuis 2014, rien de rien. Le gouvernement en parle de temps en temps, fait des annonces… Nous avons même eu une secrétaire d’État à l’Éducation prioritaire entre 2020 et 2022.

Education prioritaire REP REP + _ dépoussiérage.001.png

En réalité, les gouvernements successifs ne se sont pas réellement occupés de la question.

Les écoles «orphelines»

L’Éducation prioritaire actuelle, c’est 731 collèges et 4 136 écoles en REP, 362 collèges et 2 459 écoles en REP+. Au total, plus de 1,7 millions d'élèves bénéficient des différents dispositifs de l'Éducation prioritaire. Le budget consacré à cette question oscille entre 2,5 et 3 milliards d'euros par an.

En 2014, il y avait déjà des «trous dans la raquette» : plusieurs dizaines voire plusieurs centaines d’écoles qui pouvaient, au vu du public accueilli, prétendre à l’Éducation prioritaire n’ont pas été labellisées. L’administration les a baptisées : les «écoles orphelines».

Le «crime» pour ces écoles était de ne pas dépendre d’un collège classé en Éducation prioritaire. En effet, par idéologie, la règle veut que pour être en Éducation prioritaire, une école doit dépendre d’un collège en Éducation prioritaire : la logique de réseau, si esthétique sur le papier, ne saurait être entachée d’entorses à la règle.

Ce modèle descendant du collège vers les écoles a été dénoncé dès le début par le SNE. Pour notre syndicat, le classement en Éducation Prioritaire devrait relever d’une étude pragmatique, au cas par cas, afin d’éviter des situations criantes d’injustice.

​​

L'indice de Position Sociale (IPS)

L’Indice de Position Sociale (IPS) est la donnée principale que l’État a utilisée pour dresser la liste des établissements classés en Éducation prioritaire en 2014.

Actuellement l’IPS moyen des collèges classés en REP+ est de 74,6 et celui des collèges classés en REP est de 86. Nous vous invitons à vérifier l’IPS de votre école, vous pourriez être surpris du résultat. De nombreuses écoles avec un IPS en-deçà de 86 voire en dessous de 70 ne sont pas classées en Éducation prioritaire.

​​

Ces écoles mal labelisées accentuent le sentiment d'injustice et peuvent décrédibiliser l'ensemble de la politique «Éducation prioritaire». Entre les primes, les enseignants supplémentaires, les temps de pondération, les classes dédoublées … une école labellisée coûte bien plus qu'une école classique (pour une école de 300 élèves, on peut estimer à plus de 500 000 € de coût supplémentaire par an). L'erreur de ciblage coûte donc très cher financièrement pour les écoles qui n’auraient pas dû se retrouver en éducation prioritaire et socialement pour les écoles injustement écartées du dispositif.

La «compensation» du ministre

Le ministre de l’Éducation nationale semble conscient qu’il existe des manques criants en certains endroits. Il a annoncé, le 5 janvier 2026 aux chefs d’établissement, une politique ciblée pour les 800 collèges dont au moins 40% des élèves ont moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques au brevet.

Parmi ces collèges, un tiers ne sont pas classés en Éducation prioritaire. Certaines écoles devraient être concernées par cette «compensation». L’idée est qu’elles bénéficient de moyens supplémentaires et d’un accompagnement particulier dès septembre 2026.

Le 16 janvier 2026, le ministre de l’Education nationale a réuni les organisations syndicales et a dévoilé les mesures pour les établissements en «situation sociale fragile hors éducation prioritaire» ainsi que la liste de ces établissements. Il y a pour le moment 21 collèges concernés et 66 écoles (attention cette liste peut encore évoluer).

 

Voici les mesures prévues pour ces 66 écoles, qui devraient être appliquées dès la rentrée 2026.

  • IMP (indemnité de mission particulière) de 1250€ par an pour les enseignants. Est-ce qu’elle sera versée sous la forme d’une part fonctionnelle de Pacte?

  • Attention particulière pour les ouvertures et fermetures de classes.

  • Possibilité d’avoir un enseignant surnuméraire sur projet.

  • Bonification pour le mouvement au bout de 3 ans.

C’est un pis-aller. C’est mieux que rien, mais on peut aussi mieux faire. Nous verrons rapidement si cette compensation se concrétise réellement pour le 1er degré.

Ces aménagements demeurent tout de même très loin d’apporter des conditions de travail et de rémunération équivalentes à celles des écoles en éducation prioritaire (indemnités, dédoublement des CP-CE1, temps de pondération, …).

Au moment de la rédaction de cet article, le ministère n’a pas encore communiqué officiellement à ce sujet. La liste peut et doit évoluer. Le SNE a d’ailleurs remarqué l’oubli de plusieurs écoles en grande difficulté sociale avec des IPS inférieur à 80.
 

Notre syndicat considère que ces mesures constitueraient une avancée appréciable pour les écoles concernées.

 

Nous demandons néanmoins: 

  • que les AESH de ces écoles puissent aussi toucher une indemnité;

  • une compensation financière ou une majoration du temps de décharge pour les directeurs

  • que l’enseignant surnuméraire soit de droit et non sur projet;

  • la possibilité d’avoir 2 enseignants surnuméraires pour les plus grosses écoles; 

  • des précisions sur la bonification envisagée;

  • des précisions sur les taux d’encadrement

  • des précisions sur la durée de ces mesures.

Quoi qu’il en soit, il est grand temps que notre ministère refonde cette carte de l’Éducation prioritaire.

Le SNE regorge d’idées en la matière.

 

Poursuivre l'objectif initial en changeant de méthode, de philosophie, de paradigme

La première chose à faire, nous semble-t-il, est de définir le terme «défavorisé».

Pour le SNE, le taux de pauvreté ne peut et ne doit pas être le seul critère à prendre en considération. Il existe des familles qui sont loin des codes de l'école ou de la culture commune sans pour autant être considérées dans le besoin financièrement.

Il existe également une inégalité géographique : des territoires loin de tout (culture, sport, …), difficiles d'accès et souvent victimes de la fracture numérique (rural profond, zone de montagne) devraient aussi pouvoir être considérés prioritaires.

Dans notre syndicat, nous pensons que l’Éducation prioritaire ne doit pas être cantonnée seulement aux écoles entourées de barres HLM. Pourquoi une classe unique en plein cœur du Larzac ou de la Creuse ne pourrait-elle pas bénéficier des avantages de l’Éducation prioritaire ?

Pour le SNE il faut en finir avec le modèle descendant actuel (du collège vers les écoles) et arriver à un modèle ascendant (de l'école vers le collège), un modèle du cas par cas. La base de réflexion et de décision pour l’Éducation prioritaire doit être l'école et non plus le collège.

bottom of page