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ACTUALITÉS NATIONALES

29 janvier 2026

Coupe drastique dans les moyens d’enseignement pour la rentrée 2026

La triste situation prévue pour la rentrée 2026

 

Depuis des années, nos ministres successifs se retranchent derrière l’argument de la baisse démographique scolaire pour justifier la diminution des «moyens d’enseignement», c’est-à-dire du nombre d’êtres humains que l’administration emploie pour enseigner.

L’année dernière, une diminution importante était prévue. Elle avait été suspendue par le premier ministre au mois de janvier. 

carte scolaire - le ministère tranche dans le vif.001.png

 

Pour 2026, la dotation de la carte scolaire a été dévoilée ce lundi 26 janvier 2026 . Elle promet, à peu près partout, des arbitrages qui feront mal dans l’élaboration de la carte scolaire.

Devant la forte hostilité rencontrée dans l’opinion publique, elle a été corrigée hier (mercredi 28 janvier 2026). La nouvelle répartition affiche désormais une baisse un peu moins forte (1 891 postes supprimés dans le premier degré au lieu des 2 229 postes qui devaient disparaître initialement en septembre 2026). Une réserve nationale de 266 postes sera créée (pour la scolarisation des moins de 3 ans, les écoles orphelines, l’école inclusive, …). Les conséquences sur le terrain n’en demeureront pas moins difficiles à vivre.

Pour le SNE, conserver les moyens actuels aurait été une possibilité historique de diminuer le nombre d’élèves par classe sans augmenter les dépenses de l’Etat. Cette possibilité va donc disparaître. Nous le déplorons d’autant plus que nous l’avions soulignée à plusieurs reprises auprès des instances et du ministère.

SNE tableau dotation poste PE 2026 26-01-29.png

 

 

Les données chiffrées concernant la population scolaire
 

D’après la note de la DEPP n°26.01 de janvier 2026, les effectifs moyens par classe sont en baisse : on compte en moyenne environ trois élèves de moins par classe entre 2015 et 2025. À la rentrée 2025, les classes de l’enseignement public comptaient 20,7 élèves en moyenne en élémentaire et 21,3 élèves en maternelle.


Si cette baisse est globale, elle est nettement plus marquée dans l’enseignement public que dans l’enseignement privé.


Entre 2017 et 2021, les politiques de dédoublement des classes ont entraîné une chute significative du nombre d’élèves par classe en éducation prioritaire. Cette baisse se poursuit aujourd’hui sous l’effet d’un autre facteur : la démographie scolaire.


Hors éducation prioritaire, la diminution des effectifs est également observable, tant en maternelle qu’en élémentaire. Elle est plus prononcée en milieu rural qu’en milieu urbain. En effet, depuis 2015, on constate ainsi une baisse de 15,4% des élèves en milieu rural, contre 7,7% en milieu urbain. En éducation prioritaire, le nombre d’élèves a diminué de 6,5% sur la même période.


Par ailleurs, le rythme de fermeture des classes hors éducation prioritaire a été moins rapide que la baisse démographique, ce qui a permis un allègement progressif des effectifs moyens par classe.

 


Qu’en est-il réellement dans les classes ?


D’un point de vue statistique, le nombre d’élèves par classe diminue partout. La tendance moyenne est indéniablement à la baisse. Cependant, cette évolution reste peu perceptible dans la réalité quotidienne des salles de classe.

SNE tableau effectifs 26-01-29.png

 

Les données chiffrées sont, à cet égard, particulièrement éclairantes. La faible variation observée sur dix ans, hors éducation prioritaire, montre clairement que la baisse du nombre d’élèves par classe passe quasiment inaperçue sur le terrain. Cette situation est encore plus marquée dans les classes de cycle 3, d’autant plus que le faible effet de la baisse démographique est gommé par la difficulté croissante d’accueillir, souvent sans moyens suffisants, des élèves en grande difficulté, porteurs de troubles ou relevant d’établissements spécialisés.


Le SNE reconnaît la baisse démographique actuelle du nombre d’élèves. Pour autant, notre syndicat réitère sa demande d’arrêt de la diminution corrélative du nombre d’enseignants. Le maintien du nombre global de postes aurait permis de se rapprocher de la moyenne des 22 pays européens membres de l’OCDE (19 élèves par classe en élémentaire) et, par voie de conséquence, d’améliorer concrètement les conditions de travail des enseignants et les conditions d’apprentissage des élèves :


●   par la constitution de classes réellement allégées,


●   par la mise à disposition d’enseignants pour assurer les remplacements et occuper des postes spécialisés.


Nous avons revendiqué cette approche auprès du ministère avec d’autant plus de conviction qu’il s’agit d’une mesure bénéfique pour tous, sans dépense supplémentaire. La recherche constante d’économies, de diminution des coûts, y compris dans le domaine de l’éducation, est un choix hasardeux et un très mauvais signal adressé à notre école primaire.

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