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ACTUALITES NATIONALES

1 octobre 2026

La refonte inacceptable des 108 heures 

Un projet de décret prévoyant de modifier la répartition des 108 heures annuelles des professeurs des écoles avait été proposé par le ministère. Le SNE et d’autres syndicats s’y sont opposés. Il est pour l’instant suspendu.

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Suspension ne voulant pas dire abandon, notre syndicat reste donc particulièrement vigilant. Le volume global aurait été maintenu comme référence, mais la répartition entre les différentes missions aurait désormais pu varier entre une fourchette basse et haute.

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Le projet prévoyait les évolutions suivantes 
refonte 108 Heures.001.png
SNE tableau 108h.png

 

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Les 108 heures : un cadre déjà insuffisant

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Les 108 heures constituent aujourd’hui un véritable fourre-tout dans lequel sont regroupées des missions toujours plus nombreuses. Elles ne suffisent pas à couvrir l’ensemble des tâches et responsabilités qui incombent aux professeurs des écoles.

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Dans ce contexte, donner davantage de souplesse dans leur répartition pourrait sembler répondre à un besoin d’adaptation. Il s’agit d’un leurre dans lequel le SNE ne tombe pas. Dans les faits, les PE travaillent plus que les 108h, ce qui n’empêche pas l’administration de demander 24 heures de formation au lieu de 18. La prétendue souplesse annoncée préfigure le moyen d’augmenter la charge de travail des PE sans les en rémunérer, ni plus ni moins. Nous sommes évidemment intervenus auprès du ministre pour lui demander l’abandon de ce projet.

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Moins de temps pour la concertation et pour les familles : une fausse bonne idée

 

Le projet prévoyait de pouvoir réduire de 48 à 36 heures le temps consacré aux réunions, à la concertation et aux rencontres avec les familles. Cette diminution ne correspondrait pas à la réalité du métier.

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Vouloir réduire le temps consacré aux rencontres avec les familles relève de l’illusion : aucun collègue ne refuserait de recevoir un parent au motif que le volume horaire qui lui est théoriquement consacré est déjà atteint. Le ministère le sait et essaie d’en jouer. Le SNE est vent debout contre cette évolution.

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De la même manière, les temps de concertation sont indispensables au bon fonctionnement des équipes. Échanger sur les élèves, construire des projets communs, assurer le suivi des situations particulières ou encore coordonner les actions pédagogiques nécessite du temps. Les PE sont des professionnels sérieux et engagés. Le SNE n’imagine pas des collègues refuser de se réunir sous prétexte que le quota horaire serait dépassé. Ce qui se dessinait ici, c’est une diminution de la prise en compte du temps de travail réel. Une évolution inacceptable.

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« Alors, on vous déchargera de quelques heures d’APC… »

 

Cet argument ne peut pas suffire à justifier la nouvelle répartition horaire.

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Comment ces heures en moins auraient-elles été perçues par les familles ? Elles considèrent, pour une large part, que ce dispositif peut être utile aux élèves qui rencontrent des difficultés. Quel message serait envoyé aux familles et aux élèves si le temps consacré à cet accompagnement était réduit ?

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Dans une France où l’on s’affole de la baisse du niveau des élèves, est-ce que l’Éducation nationale estime que la baisse du temps alloué à la résorption des difficultés ponctuelles des élèves est une piste sérieuse ?

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Davantage de formation : oui, mais pas au prix d'une augmentation du temps de travail

 

Le projet prévoyait également la possibilité d’augmenter le temps consacré à la formation, jusqu’à 30 heures annuelles.

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Cette évolution interviendrait alors que le ministère cherche à développer et à imposer de nouvelles modalités de formation: constellations, résidences pédagogiques, animations pédagogiques sur des thématiques régulièrement dictées par l'actualité ou de nouvelles priorités, etc.

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Notre syndicat peut entendre que les modalités de formation doivent évoluer et que d’autres manières de former puissent être envisagées. Mais une augmentation pouvant aller jusqu’à 12 heures par an sans compensation serait parfaitement insupportable.

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Entre les éventuels changements d’école et l’impossibilité de report d’un dépassement d’heures d’une année sur l’autre, la seule manière de rendre acceptable ce surplus de travail qui se profile, serait de rémunérer les PE en heures supplémentaires, au même niveau que celles des certifiés et sur la base du volontariat. L’autre possibilité consisterait à faire évoluer la formation sans augmenter le temps de travail des personnels.

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Non au travail gratuit et aux dérives institutionnelles

 

Au-delà des chiffres, c’est bien la logique générale de ce projet de décret qui nous interroge.

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Faire varier les obligations entre 84 et 126 heures ouvre la porte à une trop grande liberté d’interprétation et, potentiellement, à des disparités importantes selon les écoles, les circonscriptions ou les académies. L’expérience montre que, quand elle en a la possibilité, l’administration vise les plafonds pour demander toujours plus aux PE. Si ce projet avait été maintenu, le SNE prend le pari que pas un PE n'aurait profité de 84h d’Obligations Réglementaires de Service.

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Principalement, cette nouvelle organisation ne doit en aucun cas devenir un moyen de faire entrer progressivement de nouvelles missions dans le temps de service des professeurs des écoles, sans compensation. Entre l’épuisement professionnel et la conjoncture économique, la profession a déjà suffisamment été mise à mal ces dernières années. Vouloir encore alourdir la charge de travail serait irresponsable.

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Les 108 heures doivent être un cadre respecté et non pas une variable d'ajustement. Si ce cadre est depassé, il doit ouvrir droit au versement d'heures supplémentaires.  

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En l’état, ce projet de décret constituait une porte d’entrée vers le travail gratuit et des dérives institutionnelles que nous refusons. Notre syndicat reste vigilant quant à l’évolution de ce projet de décret et s’opposera fermement à toute possibilité de dérive.

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Nous demandons que toute évolution de la répartition des 108 heures garantisse le respect du temps de travail, la reconnaissance des missions réellement exercées et des conditions d’exercice dignes pour les professeurs des écoles.

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SNE courrier du 28 sept 2026.png
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