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ACTUALITÉS NATIONALES

16 décembre 2025

En attendant l’impossible…

Dialogues imaginaires entrecroisés entre des directrices et leur supérieure hiérarchique de deux mondes différents.

Personnages :

  • Madame Françoise, une directrice (DIR 1) - française

  • Une supérieure hiérarchique 1 (IEN 1) - française

  • Madame Louis, une directrice (DIR 2) – d’un autre monde

  • Une supérieure hiérarchique 2 (IEN 2) – d’un autre monde

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Dans le bureau respectif de chaque IEN.

DIR 1 – Bonjour madame l’Inspectrice.

DIR 2 – Bonjour madame l’Inspectrice.

IEN 1 - (Un léger bonjour en retour, visage fermé, elle indique d’un hochement de tête la chaise qui fait face à son bureau.)

IEN 2 – Bonjour madame Louis (lui indiquant une chaise d’une main tendue).

DIR 1 – Merci

DIR 2 – Merci

IEN 1 – Je vous ai convoquée pour discuter de l’attitude de l’école vis-à-vis des parents de Paul. Vous voyez, j’ai reçu leur lettre de mécontentement. Donc madame Françoise ?

IEN 2 – J’aimerais discuter avec vous de l’attitude des parents de Yuki. J’ai reçu leur lettre présentant leurs excuses pour la gêne qu’ils ont occasionnée. Pourriez-vous néanmoins me donner quelques détails complémentaires ? S’il-vous-plait, Merci.

DIR 1 – Et bien, il se trouve que Paul arrive très régulièrement en retard et…

DIR 2 – Yuki arrive très souvent en retard.

IEN 1 – Retard de combien de minutes ?

IEN 2 – De combien de minutes sont ses retards ?

DIR 1 – Au moins 5 minutes, voire davantage…

DIR 2 – Au moins 5 minutes, voire davantage.

IEN 1 – Les parents ne me parlent que de quelques petites minutes, madame Françoise, hein… bon bref… je peux comprendre que vous vouliez bien faire, que vous vous dressiez face à eux comme la directrice de l’école, mais là, franchement ! Vous leur faites peur !

IEN 2 – Madame Louis, je comprends votre agacement et je vous soutiens dans votre posture de directrice d’école responsable. Ils exagèrent et ils l’ont reconnu.

DIR 1 – Je considère madame l’Inspectrice que les parents sont censés respecter le bon fonctionnement de l’école, son règlement intérieur et tout simplement les décrets quant au…

DIR 2 – Effectivement, madame l’Inspectrice, je considère que les parents sont censés respecter le bon fonctionnement de l’école, son règlement intérieur et tout simplement les décrets ; je compte y veiller.

IEN 1 – Epargnez-moi vos leçons, voyons, je sais tout cela, bien sûr les décrets (dodelinant de la tête), mais nous parlons d’une famille qui certes ne respecte pas complètement le bon fonctionnement de l’école, mais qui ne le bafoue pas complètement non plus, entre nous ? Hein ? Et puis que savez-vous exactement de la raison de leur retard ?

IEN 2 – Tout à fait ; le bon fonctionnement collectif doit primer sur le manque de rigueur de certaines personnes.

DIR 1 – Mais peu importe, madame….

DIR 2 – Cela est très important !

IEN 1 – (je ne suis) Pas d’accord ! Apprenez qu’il va falloir que vous travailliez avec cette famille afin de trouver une solution. Avez-vous fait une équipe éducative ?

IEN 2 – C’est avec de la fermeté que l’on installe une relation de confiance réciproque, mais je sais aussi que vous faites preuve de bienveillance envers eux.

DIR 1 – Non, pas encore.

DIR 2 – Oui, tout à fait.

IEN 1 – Eh bien voilà, vous auriez dû commencer pas ça !

IEN 2 – Eh bien, voilà, une affaire très bien menée. Je recevrais ces parents s’ils devaient continuer à créer d’autres soucis.

DIR 1 – Mais est-ce vraiment nécessaire ? C’est eux qui ont tort !

DIR 2 – Merci de votre reconnaissance et de votre aide.

IEN 1 – Oui, je sais, je vous le concède, mais…voilà. L’école de la bienveillance.

IEN 2 – Je vous en prie.

DIR 1 - … bienveillance même s’ils ont tort… Je ne sais pas si je saurai faire…

DIR 2 – J’instaurerai une relation de bienveillance dans la limite du respect qu’ils apportent au bon fonctionnement collectif de l’école.

 

Cette courte situation dialoguée illustre bien le manque de confiance dont sait parfois faire preuve notre hiérarchie envers les personnels de l’Education nationale. De nombreux collègues ne se sentent respectés ni par les parents, ni par leurs supérieurs hiérarchiques.

La profession semble enserrée dans un étau qui broie l’enthousiasme des jeunes collègues et qui détruit progressivement le peu d’espoir des plus anciens. Sous prétexte de bienveillance, administration et hiérarchie visent trop souvent à préserver la paix sociale scolaire par-dessus tout. Elles plient et en font plier l’échine aux enseignants et à toute l’institution avec elle devant les parents. La notion de vivre ensemble et ce qu’elle sous-tend de règles à respecter est ainsi battue en brèche. L’école et la nation toute entière en supportent les conséquences.

Le SNE ne se résout pas à accepter ces situations. Nous continuerons donc à œuvrer avec vous, pour l’amélioration des relations avec la hiérarchie, pour le respect dû à l’Ecole de la République et à ceux qui y travaillent, afin que notre mission puisse être assurée sereinement, avec la reconnaissance pleine et entière due aux professionnels du premier degré, pour l’amélioration de notre rémunération et le développement de nos carrières et de nos conditions de travail.

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