ACTUALITÉS NATIONALES

29 avril 2020

Reprise : les points de repère au 29 avril

Les premières annonces de notre ministre avaient déterminé quelques bases. Localement, des mesures ont été immédiatement prises. Un peu trop vite visiblement. En effet, le discours du 28/04 de M. Édouard Philippe devant les députés a semblé revenir sur ce qui avait été exposé par notre ministre : des pistes trop hâtivement entérinées. Un voile d’incertitude anxiogène a ainsi été jeté sur une situation et des collègues qui n’avaient pas besoin de ça.

 

Mercredi 29, M. Blanquer a à nouveau présenté les mesures à prendre pour le 11/05. Il s’est montré beaucoup plus explicite que notre premier ministre. Nous reviendrons ici sur l’essentiel de ce qui fut dit pour le premier degré. Nous ajouterons des précisions que nous avons obtenues lors d’une visioconférence avec le ministère ce même mercredi 29.

 

 
Une situation qui peut changer du jour au lendemain

 

Il faut tout d’abord replacer ce qui fut dit dans un contexte précis : celui de l’incertitude.

 

Les mesures détaillées par M. Blanquer ne sont encore que des projets, des hypothèses de travail. Rien n’est arrêté définitivement. Leur mise en application sera modulée en fonction de la situation sanitaire de chaque département, classé rouge ou vert.

 

Un CHSCT ministériel se tiendra le 30/04. Il va travailler sur la déclinaison ministérielle du protocole sanitaire. Ce dernier sera examiné, avec la circulaire de reprise, au Comité Technique Ministériel du 5/05. Ce qui est certain, c’est que rien ne l’est encore.

 

Voilà pourquoi, il est urgent d’attendre. Le SNE a d’ailleurs regretté officiellement la succession des annonces prématurées.

 

Puisque le cadre légal dans lequel sera exercée la reprise n’est pas encore officiellement déterminé, notre syndicat vous conseille aujourd’hui de ne pas décider de mesures concrètes d’organisation immédiatement.

 

 
Avant le retour en classe

 

M. Blanquer s’est voulu rassurant et proche des réalités du terrain. Il souhaite « une réouverture progressive ». La rentrée sera organisée dans chaque école selon les circonstances locales. Il y aura « des classes qui alternent » et « pas un retour à plein temps ».

Le SNE apprécie ce souci de flexibilité. Les acteurs locaux sont effectivement les plus à même de juger de ce qui est possible ou pas, de ce qui est bon ou pas dans leur école. Notre syndicat a réclamé au ministère de laisser les directeurs avec leur équipe agir et décider avec les acteurs locaux et les conseils ou l’appui des IEN.

 

Le ministre veut que chaque famille soit contactée avant la rentrée afin de l’informer des conditions envisagées dans l’école.

Pour notre syndicat, c’est une préconisation nécessaire, à une condition que nous avons rappelée au ministère : il faudra, une fois les modalités concrètes de la rentrée fixées, laisser le temps aux équipes de s’organiser et de joindre chaque famille. Créer les groupes qui reviendront à l’école sera souvent aussi chronophage que complexe.

 

 

Des règles sanitaires strictes à observer

 

Un protocole sanitaire national sera transmis aux écoles. Il servira de « référence incontournable ». Celui-ci devra être strictement appliqué.

Pour le SNE aussi, l’impératif de sécurité sanitaire est premier. Nous l’avons dit et répété au ministère depuis le premier jour de la crise.

 

Si les conditions de sécurité sanitaire ne peuvent pas être remplies, il faudra oser décider de laisser son école fermée.

 

A ce titre, M. Blanquer a insisté : « Dès lors que l’on est à risque, on reste chez soi ». Cette règle s’appliquera aux enseignants et aux élèves.

Si l’on vit avec une personne vulnérable, il faudra aussi rester à la maison.

Notre syndicat estime que cette attention est louable. Pour insuffisante que puisse être notre médecine du travail, le ministère indique qu’il n’entend pas pour autant jouer avec la santé de ses personnels. Nous avons aussi posé la question des enseignants parents isolés. Leur situation est encore examinée.

 

Concrètement, parlant, pour notre ministre, « tous les enseignants auront un masque ».

Ils ne devraient, a priori, pas le porter en classe, ce qui est contraire aux préconisations du conseil scientifique. Il faudra donc bien évaluer les cas où les mesures de distanciation pourront ou ne pourront pas être assurées.

 

M. Blanquer a aussi précisé que, pour les enfants, en primaire, le port du masque n’est pas prévu.

Le souci d’éviter la contagion reste constant. Quelques masques pédiatriques devraient être disponibles dans les écoles pour en équiper un enfant présentant des symptômes de maladie.

 

Le protocole sanitaire qui sera arrêté risque de s’avérer particulièrement complexe. Sa mise en œuvre relèvera du défi dans bien des écoles.

 

C’est pourquoi il sera indispensable de bien prendre le temps d'anticiper la rentrée et, une fois que tout sera prêt (le 12 mai, ou après), de ne travailler qu’avec de petits groupes et dans très peu de classes pour commencer.

 

 
Une large souplesse d’organisation

 

Les enseignants qui resteront à la maison devront assurer un télétravail. Le ministre a sous-entendu que le travail en présentiel à temps plein dispensera du télétravail.

Pour le SNE, c’est un point incontournable depuis le début de la crise. Nous l’avons rappelé au ministère. La DGRH nous a répondu qu’un enseignant qui assurera l’intégralité de ses ORS (obligations réglementaires de service) en présentiel n’aura pas à assurer un télétravail en plus.

 

Les équipes décideront des classes et des élèves concernés par la reprise, ainsi que de leur rythme de travail (un jour sur deux, deux jours sur quatre ou une semaine sur deux sont les options à privilégier).

Le SNE a officiellement salué cette volonté de laisser les équipes décider. Pour nous, les enseignants sont des professionnels responsables à qui l’on peut faire confiance.

 

M. Blanquer insiste sur la progressivité de la rentrée. « La rentrée aura lieu par niveaux et pas tous en même temps ». Les CP et CM2 sont à considérer en priorité car ce sont des classes stratégiques. Il ne s’agit là que d’une option. Les classes déjà à 12 élèves pourraient rentrer en priorité et travailler au plus près de la réalité habituelle.

Pour notre syndicat, le fait que les choix reviennent au terrain montre une reconnaissance du sérieux et de l’engagement des enseignants du premier degré.

 

Il ne faut pas perdre de vue que ces préconisations et prospectives sont uniquement issues de l’Éducation nationale. Le maire reste un acteur incontournable du processus qui va s’engager. Son poids s’avérera certainement considérable dans de nombreux cas.

 

Encore un peu de patience...

 

Aujourd’hui, on peut affirmer que le projet envisagé confère une large part d’autonomie aux enseignants du premier degré. Notre spécificité, notre ancrage local, notre proximité avec nos élèves et leurs familles seraient reconnus.

Peut-être allons-nous avoir sous peu l’occasion d’exercer des responsabilités inédites et, par la même, de démontrer toute l’étendue de notre valeur. Au SNE, nous croyons les enseignants à la hauteur de ce défi, dès lors qu’il sera localement et matériellement réalisable. Nous serons avec vous pour vous aider à le relever.

 

Mais dans l’instant, il nous faut surtout  savoir attendre encore un peu avant d’agir.

 

 

Philippe Ratinet

Secrétaire général aux publications

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