ACTUALITÉS NATIONALES

29 septembre 2020

Premiers pas vers l'équipement informatique des enseignants

Groupe de travail ministériel du 29/09/2020

Le SNE a participé ce mardi 29 au premier groupe de travail ministériel sur l’équipement informatique des enseignants. La prise en compte de cette dimension de notre profession serait une avancée intéressante. Le SNE a défendu, lors de ces travaux, les intérêts des collègues du premier degré

 

Notre syndicat a commencé par déplorer que le ministère estime que l’article 6 du décret 2016-151 qui prévoit que : "L'employeur prend en charge les coûts découlant directement de l'exercice des fonctions en télétravail, notamment le coût des matériels, logiciels, abonnements, communications et outils ainsi que de la maintenance de ceux-ci" ne s’applique pas aux enseignants. C’est une position assez curieuse, surtout après le satisfecit qui a suivi la continuité pédagogique. Notre syndicat accueille donc avec soulagement la volonté de prendre en compte et d’aider à l’équipement informatique des enseignants.

 

 

En ce qui concerne le matériel

 

Le SNE a souligné l’importance de l’investissement personnel au quotidien des collègues en matière de numérique, tant en argent qu’en temps d’auto-formation. Ce sont eux qui, pour ce qui est du premier degré, ont fait entrer l’école dans le XXI siècle. Il est donc temps que notre employeur reconnaisse cet effort et en prenne sa part.

 

 

En ce qui concerne les services

 

La diffusion et la mise à disposition de matériel pédagogique serait une bonne chose. Une offre de formation adaptée aux attentes de l’institution et aux besoins des personnels serait aussi bienvenue.

Enfin, notre syndicat a insisté sur la prise en compte du risque de toujours plus de numérique avec une intrusion dans la vie personnelle qui peut se révéler très lourde. Les collègues du second degré réclament aujourd’hui un droit à la déconnexion. Nous souhaitons éviter d’en arriver là dans le premier degré.

 

 

Tour d’horizon et perspectives

 

Le ministère nous a présenté un bilan des dotations en équipement informatique. Le premier degré est pointé comme particulièrement mal doté, à l’exception des directeurs d’école qui sont les seuls à être systématiquement équipés.

 

Le SNE a bien noté et apprécie que le ministère réalise que le premier degré est le parent pauvre de l’éducation nationale en matière de numérique. Nous espérons qu’il en sera tenu compte dans les décisions à venir.

 

L’administration souligne que les variations locales en matière d’équipement informatique des écoles sont très notables.

Notre syndicat a insisté sur le fait que la question de l’équipement est la base incontournable pour avancer sur la question du numérique. Sans équipement, offrir des services n’a pas de sens. Il ne faut pas déléguer cette question aux collectivités locales. Il revient au ministère de définir la méthode de financement ou de participation financière.

 

Le SNE a insisté pour que, quel que soit le choix final (une dotation ou une prime d’équipement), il faudra que le financement soit sans contrepartie obligatoire, notamment d’enseignement hybride. Notre syndicat a rappelé la charge de travail phénoménale que ce type d’enseignement a représenté lors du déconfinement pour ceux qui l’ont pratiqué.

 

Le ministère a ensuite donné une liste de services qui sont d’ores et déjà en place et a indiqué que la messagerie professionnelle sera modernisée.

Le SNE a aussi rappelé que le numérique doit demeurer un outil et pas devenir une charge professionnelle supplémentaire (mise en ligne des cours, devoirs et exercices, lien permanent avec les parents…).

 

Financer les équipements

 

Le ministère nous précise qu’il pense s’orienter vers le versement d’une contrepartie financière aux enseignants plutôt que de leur fournir des équipements. La volonté affichée est celle de préserver la liberté pédagogique des collègues.

 

Pour le SNE, c’est un très bon point. Le principe de liberté est fondamental dans l’exercice de notre profession. Le respecter c’est prendre soin des enseignants.

 

La piste de la prise en compte des frais de connexion ou des quantités de datas utilisées lorsque l’on utilise sa connexion privée pour accéder à des services pédagogiques est évoquée.

C’est une idée intéressante, même si, à l’heure des forfaits, la faisabilité technique risque de poser problème.

 

L’administration précise que le type de financement n’est pas tranché. Il s’agit d’un enjeu interministériel. Il faut envisager un financement pluriannuel.

Pour le SNE, la modalité importe assez peu. Crédit d’impôts, indemnité ou prime d’équipement, le plus important est que ce financement existe et qu’il soit à la hauteur des dépenses engagées par les enseignants.

 

Le ministère a conclu en nous annonçant des propositions concrètes très prochainement.

 

Nous les espérons à la hauteur des enjeux et respectueuses des conditions de travail des enseignants.

 

Patrick Ruiz

Délégué SNE Occitanie

Philippe Ratinet

Secrétaire général aux publications

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