ACTUALITÉS NATIONALES

8 octobre 2020

Direction : les trois missions

Groupe de travail ministériel du 07/10/2020

Le troisième groupe de travail sur la direction s’est tenu le 7 octobre. Le SNE y était présent. Notre syndicat avait envoyé préalablement au ministère un document synthétique d’analyse de la situation actuelle et de propositions. Pour ce faire, nous nous sommes basés sur le décret de 1989 et le référentiel métier de 2014.

Nous avions regroupé nos réflexions et revendications en quatre axes : ce qu’il faut supprimer, ce qui est fait par les directeurs mais qui n’est pas dans les textes, ce que le directeur peut faire seul et ce qu’il faudrait qu’il puisse faire.

 

 

Des changements profonds

 

Le ministère a commencé par rappeler que le projet de loi de loi Rihlac avait déjà abordé la question et qu’il faut à nouveau trancher.

Pour le SNE, il est regrettable de devoir recommencer ce travail, mais notre syndicat s’attache à y prendre une part active. L’évolution de la direction constitue une urgence absolue et la simplification des tâches est une impasse.

 

L’administration souligne ensuite que les délégations de compétences entraîneront des changements d’organisation puisqu’elles impacteront les missions des IEN.

Nous voyons ici une réelle volonté de changement, d’où les propositions détaillées que nous avons soumises en amont. Nous espérons que le chantier débouchera sur des avancées concrètes cette fois.

 

Le travail se poursuit en suivant l’ordre du référentiel métier de 2014.

 

 

Mission 1 : l’organisation générale de l’école

 

Pour notre syndicat, un directeur a, de fait, une posture de cadre, mais il est aujourd’hui contraint dans sa pratique. Il est temps de lui permettre d’exercer réellement ses fonctions.

Le SNE a pris l’exemple de la répartition des élèves et des moyens. Selon le texte, celles-ci reviennent au directeur après avis du conseil des maîtres. Pourtant, dans la pratique, certains IEN s’emparent de cette prérogative, soit par abus de pouvoir, soit parce que le directeur ne s‘approprie pas le décret. Cela pose question sur la posture des directeurs et des IEN par rapport à l’application des textes.

 

Le SNE a donc plaidé pour un statut juridique du directeur, condition sine qua non de sa liberté de décider, de sa reconnaissance de professionnel.

Notre syndicat a été rejoint sur ce point par d’autres organisations syndicales.

 

La question des disparités et des volontés locales est aussi à prendre en compte.  C’est une autre difficulté pour les directeurs.

Le SNE a souligné que la simple utilisation des locaux scolaires pose problème. L’autorisation du maire est nécessaire pour organiser les stages de réussite ou les vacances apprenantes. La différence de couleur politique entraîne trop souvent des blocages. Un directeur plus autonome pourrait organiser cela sereinement. Il pourrait donc remplir sa mission en répondant aux demandes institutionnelles.

 

Le SNE a aussi souligné que le projet d’école devrait être plus libre. S’il émanait librement de l’équipe pour répondre à des besoins constatés, il serait plus efficace.

 

Notre syndicat est aussi revenu sur la nécessité de simplifier l’opération d’élection des représentants de parents d’élèves, surtout lorsqu’il n’y a qu’une seule liste, ce qui est fréquent.

 

 

Mission 2 : les relations aux élèves et avec les familles

 

Le SNE propose ici de partager ONDE avec la mairie. Le maire pourrait inscrire et compléter la partie périscolaire, le directeur admettrait les élèves. On aurait ainsi les listes à jour des élèves demi-pensionnaires ou qui vont en garderie.

 

Notre syndicat rappelle que le suivi des absences est chronophage, notamment avec la Covid. Cette mission est à remplir en principe tous les matins, mais comment la remplir en ce moment sans temps supplémentaire ?

 

En ce qui concerne l’assiduité des PS, le SNE s’interroge sur la nécessité de l’avis de l’IEN. Pour notre syndicat, le directeur et son équipe sont en capacité d’avoir le discernement nécessaire pour aménager le temps de présence notamment pendant la sieste.

Sur ce point, l’administration rappelle que cet avis était supposé venir en appui de la décision de l’équipe et indique que cette nécessité peut être abrogée.

 

 

Mission 3 : l’animation de l’équipe pédagogique

 

Pour le SNE, comme pour une autre organisation syndicale représentative, le directeur est animateur et pilote. Il est donc logique qu’il puisse être présent à toutes les réunions de cycles, mais cela doit être pris en compte dans sa rémunération.

 

Notre syndicat est aussi rejoint sur le point de l’accueil des PES. Ce devoir est entendable, mais le directeur ne doit pas se voir imposer un rôle de formateur.

 

Pour le SNE, la question des maintiens est aussi sensible que primordiale. Une telle décision est réfléchie, souvent avec le RASED et toujours avec les familles. L’IEN n’a donc pas à intervenir.

 

Enfin, nous sommes revenus sur la gestion des 108h pour laquelle il n’existe en réalité aucune autonomie. C’est particulièrement regrettable, notamment pour la gestion des APC.

 

Le SNE prend date pour la suite des débats sur la question de la direction : le prochain GT est prévu le mercredi 14 octobre.

 

Pierre Favre

Vice-président du SNE

 

Geoffrey Capliez

Secrétaire général SNE

 

Laurent Hoefman

Président du SNE

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