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ACTUALITÉS NATIONALES

26 mai 2026

Les conditions d’exercice des AESH

Une note publiée par la DEPP en mars 2026 analyse les conditions d’exercice des AESH et met en lumière plusieurs enseignements significatifs.

Profil des AESH

Les AESH sont très majoritairement des femmes (94% en 2024). Les hommes sont en moyenne plus jeunes. Les AESH exercent le plus souvent à temps incomplet correspondant en moyenne à 63% d’un temps plein (une situation généralement subie, car inhérente à la fonction).

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La majorité des AESH ont entre 40 et 55 ans, tandis que les moins de 35 ans sont peu représentés. Entre 2020 et 2024, leur âge moyen a légèrement augmenté. On observe parallèlement une baisse des recrutements des moins de 35 ans et une hausse de recrutements des plus de 50 ans.

L’accès au métier requiert un diplôme de niveau baccalauréat, une qualification dans l’aide à la personne ou une expérience d’au moins neuf mois dans l’accompagnement du handicap. Dans les faits, 46% des AESH disposent d’un niveau de qualification supérieur à celui exigé, 40% ont le baccalauréat et 14% un niveau inférieur.

Contrats, temps de travail et carrières

La proportion des AESH en CDI a fortement progressé, passant de 16% en 2020 à 64% en 2024. Cette évolution s’explique notamment par le décret n°2023-597 du 13 juillet 2023, qui limite le renouvellement des CDD après trois années d’exercice.

Pour le SNE, cette avancée constitue une première étape, qui doit être suivie par la création d’un véritable corps de la fonction publique pour les AESH. Le projet ministériel présenté ce mois-ci, qui prévoit de titulariser seulement 20% des AESH, est tout bonnement inacceptable.

L’activité des AESH se concentre principalement sur le temps en classe, mais il inclut également des tâches administratives, des réunions (ESS), de la préparation et de la formation. Leur salaire net mensuel moyen s’élève à 1030€ en 2023, avec peu de variations selon l’âge ou le sexe. Malgré les revalorisations de 2023, la rémunération demeure aujourd’hui encore insuffisante et ne permet pas, dans la plupart des cas, d’en vivre exclusivement.

Parmi les AESH en poste à la rentrée 2020, 69% exercent toujours en 2024, 1% sont devenus enseignants et 30% ont quitté l’Éducation nationale. Les départs concernent davantage les plus jeunes et les plus âgées (les départs à la retraite sont inclus).

Au printemps 2025, la majorité des AESH ont une notification pour accompagner deux ou trois élèves. Cependant, la réalité du terrain est bien différente : la plupart déclarent suivre neuf élèves ou davantage, et seuls 6% n’en accompagnent qu’un seul.

Ce décalage met en évidence une pénurie persistante d’AESH au regard des besoins. La mutualisation est mise en place à marche forcée. Les AESH mutualisés servent de variable d’ajustement pour les statistiques, au détriment des élèves suivis et des conditions de travail des AESH, enseignants et élèves.

 

Enfin, si 75% des AESH exercent sur un seul lieu, les autres interviennent sur plusieurs établissements, parfois jusqu’à cinq ou plus.

Vécu professionnel

En 2025, 93% des AESH jugent leur rémunération insuffisante et 85% estiment manquer de reconnaissance sociale. Malgré cela, ils expriment un fort sentiment d’utilité et restent convaincus de l’importance de leur mission.

Si les relations avec les collègues, les élèves et les familles sont globalement positives, le sentiment de reconnaissance par l’institution reste faible. L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle est jugé satisfaisant par la majorité, même si certaines contraintes persistent : temps de transport, emplois du temps instables (34% ont connu plus de trois changements en un an).

La charge émotionnelle du métier est importante, mais semble relativement mieux vécue que par d’autres personnels. Plus de neuf AESH sur dix déclarent se sentir en sécurité sur leur lieu de travail, malgré des situations parfois difficiles.

Le sentiment d’isolement demeure un point de vigilance, notamment lorsque le nombre d’élèves accompagnés est élevé ou lorsque l’intégration dans l’équipe fait défaut.

Les AESH pointent également des insuffisances dans leur formation, initiale comme continue, particulièrement en éducation prioritaire. Le manque d’équipements adaptés et d’espaces dédiés est également fréquemment signalé.

Enfin, un AESH sur deux se déclare en bonne santé. Toutefois, un tiers a consulté pour un problème lié au travail, et 27% doutent de leur capacité à exercer jusqu’à la retraite. En cohérence, 79% jugent leurs perspectives de carrière insatisfaisantes.

En moyenne, ils cumulent 13 jours d’arrêt par an, un niveau comparable à celui des autres personnels de l'Education nationale. 

La revendication du SNE de créer des pôles de remplacement apparaît, à ce titre, pleinement justifiée.

 

Les AESH constituent un maillon essentiel de l’école inclusive. Ils doivent bénéficier d’une rémunération et de conditions d’exercice à la hauteur de leur engagement. Le SNE poursuivra ses actions pour défendre ces professionnels devenus indispensables au fonctionnement de nos écoles.

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