ACTUALITÉS NATIONALES

15 mai 2018

Direction : statut ou statu quo ?

Nous avons dernièrement communiqué sur la direction d’école, revenant sur l’historique (à lire ici) et l’analyse de l’enlisement du dossier depuis plusieurs décennies (à lire ici). Nous vous avons précisé également nos revendications en matière de temps, de reconnaissance salariale, de moyens et de formation (à lire ici).

Beaucoup d'entre vous nous interrogent sur la question statutaire des directeurs d’école.

En 2006 déjà, un sondage IFOP indiquait que 93% des directeurs étaient favorables à un statut.

Mais derrière ce mot se cachent des représentations bien différentes. Voilà ce qu’en dit le Larousse au sens juridique du terme : « Ensemble des dispositions législatives ou règlementaires fixant les garanties fondamentales (droits et obligations) accordées à une collectivité publique ou à un corps de fonctionnaires ou d’agents publics ».

Le dictionnaire donne aussi un 2e sens : «  situation, position d’une personne par rapport à un groupe, à un système ».  Si l’on s’en tient au 2e sens, cela fait bien longtemps que les directeurs ont bien un statut particulier, puisque pour l’ensemble des partenaires de l’éducation nationale, le directeur jouit bien d’une situation particulière, en tant que référent, en temps que responsable, en tant qu’intermédiaire.

Alors, vous me direz, pourquoi tant de tergiversations autour du statut du directeur ?

La raison en est simple : parce que les directeurs attendent une reconnaissance réglementaire de ce qu’ils sont, de ce qu’ils font. Ils attendent qu’on les considère comme des acteurs responsables et investis, et pas seulement comme des « enseignants chargés d’école ».

Mais le mot « statut » fait peur, parce qu’il est soumis à interprétation : statut hiérarchique, statut fonctionnel, statut d’établissement… On entend un peu tout et son contraire sur le sujet.

Ce dont ne veut pas le SNE

Ce qui est sûr, c’est ce dont nous ne voulons pas au SNE pour les directeurs :

- nous ne voulons pas d’un statut d’établissement assujetti au collège du secteur (école du socle). Dans le sondage que nous avons effectué en 2016, l’immense majorité des directeurs ne veulent pas se retrouver sous l’emprise d’un chef d’établissement. Quelques expérimentations ont eu lieu mais le SNE considère qu’elles n’ont pas vocation à s’étendre.

- nous ne voulons pas d’un statut hiérarchique : le directeur n’a pas à juger la pédagogie de ses collègues. Ce rôle incombe à l’IEN. Ce serait contre-productif pour fédérer et travailler en équipe.

 

 

Ce que souhaite le SNE

La simple reconnaissance de ce qui existe déjà, c’est-à dire un métier particulier, à part entière. Tout comme cela vient d’être fait pour les psychologues scolaires.


En cela nous nous différencions de certaines organisations syndicales qui pensent que le statut de directeur doit passer par un statut d’établissement. Au SNE, nous nous méfions d’un statut d’établissement qui pourrait apporter davantage de contraintes que d’avantages, et qui pourrait se construire au détriment des plus petites écoles.

 

Ce qui compte, c’est de faciliter le travail des directeurs, en vue d’améliorer la qualité du service public envers les usagers que sont les élèves et leurs familles.

Un statut spécifique donc, avec un secrétariat pérenne, du temps de décharge supplémentaire, une grille indiciaire attractive. What else ?

Laurent Hoefman

Secrétaire Général aux publications

SNE -  Syndicat National des Ecoles

© 2017-2019 Syndicat National des Écoles - Directeur de la publication : Laurent Hoefman, président du SNE

Contact SNE  : Laurent Hoefman president@sne-csen.net

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