ACTUALITÉS NATIONALES

14 février 2019

Notre ministre passe la seconde.

Un peu trop vite…

Après une première vague d'aménagements concertés (retour à la semaine de quatre jours, priorité aux fondamentaux, possibilité du redoublement, classes dédoublées, primauté de la parole des enseignants), notre ministre entend passer par la loi pour modifier notre profession et son cadre d'exercice. 

Il a malheureusement choisi une méthode bien peu respectueuse pour élaborer les 25 articles de son texte. Nous sommes loin du temps des consultations et de l'écoute qu'avait eu notre ministre pour les syndicats et notamment pour le SNE. Nous regrettons évidemment cet état de fait. Nous avons déjà commencé à réagir au ministère et nous continuerons à l'Assemblée Nationale avec vous.

 

Agissez avec nous : Le SNE vous propose une lettre à envoyer à votre député, afin de le solliciter personnellement pour qu'il pèse en notre faveur dans les débats à l'assemblée nationale, ainsi qu'un courrier au ministre.

 

Voir courrier type à envoyer à votre député en cliquant ici


 

Pourquoi est-il à ce point nécessaire de montrer collectivement notre désaccord ? 

Il serait trop simple de se contenter de vilipender l'ensemble du texte. On peut saluer l'abaissement de l'âge de l'instruction obligatoire de six à trois ans. Même s'il ne concerne au final qu'environ 26 000 enfants, il s'agit d'un véritable signe de confiance adressé à l'école maternelle. Le SNE s'en était déjà réjoui après les assises de la maternelle d'avril dernier ("Les assises de la maternelle" à lire ici).

Par contre, rappeler un devoir d'exemplarité des personnels est au mieux maladroit, au pire dangereux. La loi de 2016 sur la déontologie des fonctionnaires avait déjà rappelé que les enseignants, en tant que fonctionnaires, sont tenus à une obligation de dignité, d'impartialité et de probité dans l'exercice de leurs fonctions. 

Pourquoi le marteler à nouveau ? Pour jeter notre profession en pâture à ceux qui l'accusent de tous les maux ? Où se trouve la confiance dans ce qui n'est de facto qu'une annonce ?

Transformer les ESPE en INSP nous laisse sur notre faim. S'il s'agit de sortir des impasses pédagogistes, le SNE applaudit, mais s’il s’agit de ripoliner la façade, quel intérêt ? Notre inquiétude vient de ce que le contenu des formations reste à préciser. Seules les modalités de nomination de leurs futurs directeurs sont aujourd'hui connues. 

 

La priorité est-elle vraiment à une refonte de la formation des enseignants ? Au SNE, pour l'instant, nous pensons que non.

Le pré-recrutement d'étudiants en tant qu'enseignants pour le secondaire montre à la fois le peu d'attractivité de notre profession et le besoin désespéré d'enseignants qu'a notre nation

Ne vous voilez pas la face M. le Ministre. Le SNE vous l'a déjà dit. Pour redonner de l'attractivité à notre profession, il faut la revaloriser ("Attractivité du métier : à consolider" à lire ici). Cela passe par une augmentation réelle de nos rémunérations. Le PPCR est in-su-ffi-sant.

Non aux établissements publics des savoirs fondamentaux

Créer des établissements publics des savoirs fondamentaux relève de la gabegie. Ces rapprochements purement administratifs d'écoles et de collèges d'un même bassin de vie pourraient être décidés "là où les communautés éducatives l'estiment utile". Il s'agirait en fait de répartir les tâches administratives du directeur entre lui et l'équipe du collège.

Pour une gestion au plus près des situations ? Pour s'assurer d'une pluralité accrue de situations des écoles ? 

Le conseil école-collège est l'avancée sur laquelle s'appuie ce projet. Mais, quand ce conseil se réunit, il n'est parfois fréquenté que par bien peu de ses membres. Les mesures concrètes qui en ressortent sont souvent réduites à peau de chagrin. Et pour cause. Le primaire et le secondaire sont deux mondes différents, gérés chacun à leur manière. Le cycle III d'aujourd'hui est physiquement et philosophiquement scindé en deux. D'ailleurs, les enseignants de ce cycle ne sont pas tous rémunérés de la même façon. Participer au conseil école-collège n'entraîne pas les mêmes répercussions financières pour le professeur de 6ème que pour les professeurs des écoles. 

La gestion quotidienne de nos écoles est déjà suffisamment compliquée. N'ajoutez rien à cela M. le ministre. Le SNE s'oppose dès aujourd'hui à la création de ces établissements et ne manquera pas de présenter ses arguments à qui de droit.

Philippe Ratinet

Secrétaire Académique Lyon

SNE -  Syndicat National des Ecoles

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