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ACTUALITÉS NATIONALES

12 janvier 2026

Direction: le paradoxe du «statut»

Je suis directeur d’école depuis plus de 20 ans. J’ai débuté sans décharge, puis j'ai eu un quart de décharge et aujourd'hui une demi-décharge. Je suis également secrétaire académique du SNE.


Très rapidement, j'ai milité pour la création d’un statut de directeur d’école. Les conditions d’exercice de ma fonction n’étant pas satisfaisantes, je souhaitais que cela change de façon significative.


Je continue à penser cela. Ma revendication n’a pas changé, cependant elle a évolué. Une évolution sans changement, un paradoxe me direz-vous !

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Ce paradoxe vient du terme «statut». Chacun peut y mettre ce qu’il veut tant il est flou dans l’esprit de tous. Comme l’expression populaire le dit si bien : «quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup».

 

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Ce que je voulais en revendiquant un «statut de directeur d’école»

 

En vrac : un salaire augmenté significativement, un taux de décharge de direction amélioré, des années de direction mieux prises en compte pour la retraite voire pour le mouvement, une formation continue améliorée, qualifiante et diplômante, une aide administrative formée et pérenne, et surtout une reconnaissance de l’institution, de la hiérarchie et des adjoints.

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Je suis persuadé que la plupart des directrices et directeurs d'école se retrouvent derrière ces demandes.

 

A vrai dire, nous avons déjà un statut. Notre statut est celui de fonctionnaire de l’Etat appartenant au corps des professeurs des écoles et nos missions sont précisées dans le décret du 14 août 2023. Est-ce suffisant ? NON et loin de là.

 

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«Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup»

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Observons ce qu'il se passe pour les AESH. Comme la très grande majorité des organisations syndicales, le SNE revendique depuis plusieurs années la création d’un statut pour les AESH afin de mieux les reconnaître. Cette revendication, portée sous forme de proposition de loi, vient d’être rejetée par le Sénat le 8 janvier 2026.

 

Cette création de statut pour les AESH entraînerait, de fait, la création d’un nouveau corps. C’est bien et c’est ce qu’il faut pour les AESH.

 

Si on transpose le cas, cela signifie que, pour nos politiques, la revendication d’un statut pour les directeurs revient à la revendication d’un corps des directeurs d’école. Et c’est là que le bât blesse.

 

Les syndicats qui revendiquent actuellement la création d’un statut de directeurs d’école militent donc pour la création d’un nouveau corps voire pour l’intégration dans le corps des personnels de direction déjà existant dans le second degré. Ne pas le dire est un mensonge par omission ou une preuve d’amateurisme patent.​

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Ce qui changerait avec un corps de directeurs

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Quoi qu’il en soit, la création d’un nouveau corps impliquerait beaucoup de changements qui seraient selon moi intéressants pour certains mais délétères pour beaucoup :​

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  • Un concours pour y accéder (possibilité de liste d’aptitude également) ce qui signifie qu'un directeur d’école ne serait plus forcément un professeur des écoles…

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  • Une autorité hiérarchique

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  • Des obligations réglementaires de service modifiées, en devenant corvéable à merci comme cela se produit pour les principaux de collège, avec le risque d’une obligation d’astreinte.

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  • Une nouvelle grille indiciaire

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  • Des écoles regroupées afin d’optimiser les moyens avec les risques que cela comporte. Quel serait l’avenir des directeurs des petites écoles ?

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  • Une mobilité géographique obligatoire tous les 3 à 6 ans.

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  • Une impossibilité de redevenir enseignant sans repasser le concours car, quand on intègre un nouveau corps, on quitte définitivement le précédent (exemple des psychologues de l'Education nationale).

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Tout cela, je n’en veux pas, ni pour moi, ni pour le 1er degré. Nous avons une spécificité de fonctionnement qu’il ne faut pas gommer.

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Ce que le SNE propose

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La situation des directeurs d’école ne peut pas rester en l’état.

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C’est pourquoi le SNE propose un projet sérieux, réfléchi et très ambitieux pour la direction d’école, qui sauvegarde les spécificités du 1er degré qui nous tiennent tant à cœur…

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Avec ce projet, je retrouve tout ce que j’avais en tête en revendiquant un «statut de directeur d’école» et même davantage. Mes revendications n’ont en fait pas changé.

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Le directeur d’école n’est pas qu’un pair parmi les pairs, il doit être reconnu comme il se doit.

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NON à un nouveau corps mais OUI à une reconnaissance accrue (aspect financier, amélioration des décharges, meilleure formation, autorité fonctionnelle précisée, prise en compte pour la retraite, bonifications pour le mouvement…).

 

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Matthieu VERDIER, directeur d’école, professeur des écoles, représentant syndical.

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